L'absurde libéralisation

Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 16:56

La coupure d’électricité de ce jour qui a touché près de 2 millions de foyers en PACA rappelle que les réseaux énergétiques forment une infrastructure vitale pour le pays. Les investissements de RTE, en nette progression depuis peu, relèvent donc de l’intérêt général et se doivent d’être considérés en tant que tels par tous. Ils est nécessaire de les amplifier dans les prochaines années afin d’assurer la sécurité d’alimentation de tous les Français.

 

L’équation du Service public ne se repose pas sur des ratios financiers mais bien sur la réponse offerte en faveur des besoins du pays qui sont pourtant bien identifiés. Cette équation ne peut se résoudre que par une volonté sans faille de la puissance publique en faveur des moyens nécessaires donnés à RTE pour assurer correctement sa mission au travers de la tarification du réseau qui n'est pas toujours à la hauteur des enjeux.

 

La recherche picrocholine du moindre gain de productivité que l’on impose aux agents depuis de trop nombreuses années, ne pèse donc pas grand chose face aux conséquences massives de la moindre défaillance. Une fois de plus, le sang froid et le professionnalisme des agents de RTE ont permis de limiter les dégâts. Jusqu’à quand ?

 

Les règles de gestion ou de gouvernance des entreprises privées que certaines élites tentent d’imposer à RTE  n’apporteront aucune valeur ajoutée à sa performance. Dans un système électrique complexifié à outrance par l’ouverture des marchés, RTE doit rester le pivot central des trois valeurs du service public : Egalité - Continuité – Mutabilité. Toute tentative de déstabilisation de cet édifice ne peut que conduire vers de grandes désillusions.


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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 07:05

Il est toujours étonnant de constater la constance des gouvernements successifs dans ses relations avec la Commission européenne sur le volet « libéralisation de l’énergie ». La clairvoyance est rarement au rendez-vous.

A la recherche de l’image du bon élève de la classe européenne, la France avale constamment les couleuvres, en espérant que ce sont les dernières. A chaque fois, elle oublie que l’action des ayatollahs de la concurrence est une course de fond.

Les derniers échanges entre M. Fillon, Kroes et Piebalgs sont édifiants pour illustrer cette cécité; Fillon, posant la tête de l’entreprise publique sur le billot, propose ni plus, ni moins de diluer la rente nucléaire française au profit de la sainte concurrence, sur le dos de l’ensemble des consommateurs.

Avec son projet de loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l’électricité), dont les objectifs sont issus de la Commission Champsaur (voir notre article pagnolesque) et qui n'ont pas bénéficié, à un seul instant, du moindre débat,
notre schpountz de Matignon massacre 63 ans d’histoire pour répondre aux PV de nos deux commissaires en partance…

Bref, vous avez aimé 46 ; vous allez assurément détester 2010…

Car NOME, ici décrypté comme le Nouvel outil du massacre électrique, propose de livrer la rente nucléaire, revenant légitimement aux français par les tarifs réglementés et jusqu’ici en dépôt dans l’entreprise publique EDF, au grès de la concurrence. Bruxelles ne l’a même pas rêvé… Notre épicier de circonstance le fait ! Pas sûr que cette histoire se terminera comme dans le film !


Cerise sur ce gâteau indigeste, les deux principaux consommateurs d’électricité que sont RTE et ERDF, n’ont même pas accès à la rente pour limiter les couts des pertes qui rappelons le justifient la quasi-totalité de la hausse du Turpe.

Ainsi ce projet de loi inique propose la double peine à tous les consommateurs :

 - Un affaiblissement de la base financière des tarifs réglementés qui pousseront les prix à la hausse, pour les uns,
 - aucune assurance que l’avantage concurrentiel ainsi artificiellement organisé se répercute dans les factures présentées par les fournisseurs, pour les autres,
  - un niveau élevé du Turpe pour tous.

Il y a des jours où il faut dire stop à la bêtise ! Il y a des jours où il faut agir !



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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 07:17

Lecteurs assidus de ce blog, vous le savez : nous n’avons cessé de rappeler les fondamentaux du marché de l’énergie au risque de vous lasser. Si les prix sont à la hausse sur le marché libéralisé de l’électricité, ce n’est pas par l’explosion du prix du pétrole qui n’est qu’une petite partie du problème et qui pèse peu sur la plaque continentale européenne dans le process électrique: c’est l’équilibre entre une demande en hausse et un parc de production qui est désormais tendu. Vous avez beau multiplier le nombre d’acteurs: la concurrence n’aboutira  pas à une baisse des prix sauf si les producteurs investissent massivement dans des nouveaux moyens de production. Mais ils ne le feront que si le prix est suffisamment élevé (au-delà de 50 euros le MWh) et pendant une période longue, supérieure à l’amortissement de leurs centrales. Mais il n’est pas de leur intérêt d’investir à grande échelle car cela aboutirait à une surcapacité qui ferait baisser les prix et donc le rendement de leurs investissements… C’est une base de notre industrie qui se planifie à long terme avec des capitaux importants !

Si au début de la libéralisation, les prix avaient effectivement baissé, c’est parce qu’il y avait une légère surcapacité de production. Par la libéralisation et les ouvertures de capital des entreprises publiques, il n’y aura plus jamais des éléments favorables pour cette baisse tant attendue. Pire, si la demande en électricité ralentit par une récession qui pointe son bout du nez en Europe, les acteurs adapteront leur plan d’investissement sous le regard vigilant de leurs actionnaires. C’est le message décrypté qu’a envoyé Gérard Mestrallet pour le gaz, la semaine dernière… In fine, c'est la sécurité d'approvisionnement qui sera difficile à assurer sur des centrales vieillissantes...

 

Alors, aujourd'hui, une des victimes de ce gâchis, l’industrie électro-intensive, semble découvrir cette simple vérité. Ils agitent désormais les politiques dans un sens diamétralement opposé à celui qu’ils avaient pourtant eux-mêmes conseillé. Ils dénoncent même l’absurdité du système qui, avec la chute vertigineuse du prix du pétrole, ne bouge pas. N’arrivant pas à trouver les moyens financiers pour peser sur le marché par des achats de masse via Exceltium, pour cause de crise financière, ils appellent au retour des tarifs régulés pour tous et vantent le mérite du modèle EDF qu’ils ont tant décrié ! (voir articles éclairants d'ENERGIE 2007 et l'analyse des consommateurs ayant fait jouer leur éligibilité  et leur courbe pédago, à la fin de cet article)

 

Nous, ici, on ne se satisfait pas d’avoir eu raison avant eux car, face à l'explosion des prix,  nous tentons nous aussi de protéger le Service public en essayant de trouver des solutions alternatives (propositions sur le TURPE) pour l'intérêt général.

Oui, certaines situations d'entreprises sont désormais critiques. C'est l'avenir de notre industrie qui est en jeu : derriere il y a tant d'emplois !!!

Face à la compétition mondiale, la rente nucléaire jusqu’ici à peu près équitablement redistribuée et désormais captée en bonne partie par les actionnaires du Groupe EDF, dont l’Etat, leur manque cruellement. Elle était jusqu’ici le facteur attractif pour des investissements industriels en France, et une source de compétitivité collective. Si certains en Europe avaient dans leur collimateur EDF, c’était par dogmatisme. Mais ils avaient aussi cette compétitivité dans leur viseur.

Alors que la crise financière fait vaciller quelques certitudes, avant de faire basculer des millions de gens dans la misère, la prochaine Commission européenne qui sortira indirectement des urnes de juin prochain, se devra de réaliser un bilan exhaustif de cette libéralisation. Il faudra en tirer, enfin, les bons enseignements.


Si une telle logique ouverte, pragmatique et honnête est retenue, nous serons à leur côté pour que la politique énergétique européenne ait enfin un sens !!!





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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 03:06
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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2010
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