ERDF présentait hier très discrètement ses comptes en affichant un déficit de 45 Millions d’euros. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, son résultat financier est fortement impacté par la crise, la hausse des prix de l’électricité qui plombe l’achat des pertes (+ 240 M€), le retard sur l’application du Turpe 3, son niveau qui n’est visiblement pas à la hauteur de la demande d’investissement et les charges liées aux tempêtes (+160 M€).
ERDF est donc dans le rouge par accumulation de ces difficultés en tous genres et dont les conséquences ont été visiblement plus lourdes que pour RTE. Et encore, ERDF a bénéficié, tout comme RTE, du remboursement de l’Etat et aussi d’une reprise de provision de plus de 300 millions d’euros. Bref, une année bien difficile pour ERDF.
De son côté, le Personnel n’a pas été, c’est le moins qu’on puisse dire, à la fête en 2009…Ils ont bossé comme des fous ( et continuent encore) sans en tirer quelques retours appréciables… Productivité, productivité chérie…
Malgré une hausse significatives de 14%, les
investissements (2.3 milliards) restent bien en dessous de ce que souhaiteraient les autorités concédantes telle que la FNCCR. Elles veulent qu'ERDF
se dote d’un plan se sécurisation du réseau à l’instar de celui de RTE qui doublerait les moyens mis en œuvre à ce jour. Pour aller vers leurs
exigences, ERDF aurait besoin d’un TURPE plus musclé et la possibilité de puiser dans les provisions pour renouvellement.
Pas sûr que cela fasse les affaires de l’actionnaire d’ERDF. Rappelons que le TURPE représente aussi près de la moitié des factures payées par le consommateur final (37% pour ERDF, 10-11%
pour RTE) mais dont le niveau reste plus qu’acceptable par rapport à nos homologues européens.
Tout cela pour dire, qu’au delà des critères financiers, l’acheminement de l’électricité reste un métier difficile soumis à de nombreux aléas malgré son cadre de régulation. C’est le cœur du Service public qui n’a pas pour vocation première de dégager du cash, mais bien de répondre à l’attente de millions d’usagers qui ont, par ailleurs, observé un doublement de la durée de coupure en 2009. En effet les tempêtes ont, en bonne partie, propulsé cette durée moyenne par foyer de 94 à 198 minutes ! Rappel de l’objectif du contrat de Service public : 60 minutes…
L’Etat doit donc faire son job en
cessant sa schizophrénie: donner les moyens suffisant pour atteindre les objectifs qu’il assigne lui-même à ces entreprises. Le Président de la République ayant repris*
à son compte une partie de ce que nous avions dit dans notre dernière tribune, sur le rôle des administrateurs représentant l’Etat dans les CA des entreprises publiques, cela devrait vite s’arranger…
Mais au delà de la Gouvernance, cela
passera forcément, soit par une hausse tarifaire, soit par une baisse des
prélèvements sur dividendes. D’un côté ce sont les usagers qui paient. De l’autre,
les contribuables et actionnaires !
C’est donc un choix politique, sachant in fine, que l’option retenue ne touche pas la même catégorie
sociale…
(*) : Discours du Président Sarkozy à Marignane le 4 mars 2010 :
... "Il y a des administrateurs (de l'Etat) aux conseils d'administration. Ils ne sont pas là seulement pour les jetons de présence ou pour voir combien on fait de bénéfice à la fin de
l'année mais pour poser une véritable politique industrielle"...
Merci de
votre confiance !
Notre liste sort renforcée de ce suffrage pourtant semé d'embûches...
C'est le fruit d'un travail collectif qui associe les talents des femmes et des hommes de la CFDT de RTE. Mais c'est aussi le résultat d'une écoute attentive des salariés que nous avons rencontrés pendant plusieurs semaines pour construire nos propositions.
Maintenant, il va falloir peser pour orienter la gestion de l'entreprise vers le mieux vivre pour être plus efficace : car le Service public est au coeur de nos préoccupations !
Et nous avons encore besoin de vous pour y parvenir !
Derniers Commentaires