Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 07:05

Il est toujours étonnant de constater la constance des gouvernements successifs dans ses relations avec la Commission européenne sur le volet « libéralisation de l’énergie ». La clairvoyance est rarement au rendez-vous.

A la recherche de l’image du bon élève de la classe européenne, la France avale constamment les couleuvres, en espérant que ce sont les dernières. A chaque fois, elle oublie que l’action des ayatollahs de la concurrence est une course de fond.

Les derniers échanges entre M. Fillon, Kroes et Piebalgs sont édifiants pour illustrer cette cécité; Fillon, posant la tête de l’entreprise publique sur le billot, propose ni plus, ni moins de diluer la rente nucléaire française au profit de la sainte concurrence, sur le dos de l’ensemble des consommateurs.

Avec son projet de loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l’électricité), dont les objectifs sont issus de la Commission Champsaur (voir notre article pagnolesque) et qui n'ont pas bénéficié, à un seul instant, du moindre débat,
notre schpountz de Matignon massacre 63 ans d’histoire pour répondre aux PV de nos deux commissaires en partance…

Bref, vous avez aimé 46 ; vous allez assurément détester 2010…

Car NOME, ici décrypté comme le Nouvel outil du massacre électrique, propose de livrer la rente nucléaire, revenant légitimement aux français par les tarifs réglementés et jusqu’ici en dépôt dans l’entreprise publique EDF, au grès de la concurrence. Bruxelles ne l’a même pas rêvé… Notre épicier de circonstance le fait ! Pas sûr que cette histoire se terminera comme dans le film !


Cerise sur ce gâteau indigeste, les deux principaux consommateurs d’électricité que sont RTE et ERDF, n’ont même pas accès à la rente pour limiter les couts des pertes qui rappelons le justifient la quasi-totalité de la hausse du Turpe.

Ainsi ce projet de loi inique propose la double peine à tous les consommateurs :

 - Un affaiblissement de la base financière des tarifs réglementés qui pousseront les prix à la hausse, pour les uns,
 - aucune assurance que l’avantage concurrentiel ainsi artificiellement organisé se répercute dans les factures présentées par les fournisseurs, pour les autres,
  - un niveau élevé du Turpe pour tous.

Il y a des jours où il faut dire stop à la bêtise ! Il y a des jours où il faut agir !



Par administrateur - Publié dans : L'absurde libéralisation
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