Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /Août /2006 14:33

Alors que le Gouvernement français s’apprête à privatiser Gaz de France pour éventuellement permettre la fusion avec Suez qui devrait, d’après le gouvernement, garantir l’emploi, la sécurité d’approvisionnement et de meilleurs prix pour le consommateur, l’actualité belge vient nous donner quelques informations à méditer.

En effet, après deux ans d’enquête, la justice belge compte condamner Suez et un de ses dirigeants pour espionnage informatique des locaux de sa filiale (Electrabel).

Car dans la nuit du 19 février 2004, des hommes avaient visité les bureaux d'Electrabel afin d'en pirater le système informatique. Le juge d'instruction a découvert que les "plombiers" y avaient été introduits par des responsables de Suez. Le numéro 2 de Suez n'avait pas nié son implication, expliquant qu'il voulait tester l'efficacité des systèmes de sécurité d'Electrabel. Mais les copies de fichiers et le placement de mouchards semblaient, d’après la justice, ressembler davantage à de l'espionnage.

Il faut dire qu’à l’époque, Suez n’était propriétaire que de 50% de la société acquise via une OPA en 99 sur la Société Générale de Belgique. Malgré ce contrôle, Electrabel s’accordait quelques libertés industrielles…Car, ce n’est qu’à la fin de 2005 que Suez est devenu propriétaire à 100% d’Electrabel après une OPA, quelque peu mouvementée et après un débat du pays sur le patriotisme économique (…)

Pourtant Suez pilotait admirablement sa filiale… mais uniquement en faveur de ses actionnaires. En effet, Electrabel a pu doubler en quelques années sa valorisation boursière en mettant en œuvre un plan de réduction des coûts (… à l’instar d’altitude 7500…) qui a conduit à la suppression de plus de 6000 emplois (30%), une pression sur les investissements et des réductions de salaire atteignant plus de 40% pour les nouveaux embauchés (sources syndicales belges).

Bien entendu, les consommateurs d’énergie en Belgique n’ont pas tiré bénéfice de ces opérations malgré cette baisse des coûts et l’amortissement acquis des centrales nucléaires.

Si on rajoute à cela la multiplication par trois en 2005 du nombre d’anomalies dans les centrales nucléaires belges, on peut s’interroger légitimement sur les garanties offertes par le Gouvernement français sur le projet proposé pour Gaz de France, pour les salariés et pour les ménages français (voir les 71 questions)


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