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Afin d’éclairer nos lecteurs, nous vous proposons de faire un peu de pédagogie sur cette affaire. Vos multiples sollicitations nous y incitent.
Chaque producteur a une obligation d’équilibrer sa fourniture avec sa consommation d’électricité : c’est ce qu'on appelle un périmètre d’équilibre. En cas de déséquilibre constaté sur l'ensemble des périmètres, RTE intervient en utilisant un mécanisme d’ajustement qui fait appel à des moyens de production à la hausse ou à la baisse pour rétablir l’équilibre. Car l’électricité ne se stocke pas….
RTE sollicite donc les opérateurs du mécanisme d’ajustement (une quarantaine actuellement) pour rétablir cet équilibre en utilisant la règle du « merit order » : principe simple qui actionne les moyens de production les plus économiques.
Dans ce jeu de balances, l’effacement de consommation devient un moyen de production comme un autre et qui se rémunère en tant que tel. Il n’y a aucun problème quand c’est l’opérateur défaillant qui rétablit son propre équilibre quel que soit le moyen utilisé et quel que soit le niveau de la défaillance. Cela devient plus compliqué quand la défaillance est chez le concurrent et qu’on se propose de rétablir l’équilibre par l’appel à un troisième acteur, un producteur virtuel comme Voltalis, qui a un champ d’intervention diffus et peu détectable par des moyens conventionnels de mesure.
Le principal problème soulevé dans cette affaire réside à ce que cet acteur, sans moyen de production et sans client à alimenter, intervienne dans un périmètre qui n’est pas le sien en baissant la consommation de celui-ci. Devenant ainsi un producteur virtuel, Voltalis attends une rémunération légitime pour ce service quand il est sollicité par RTE. Sauf que c’est bien chez celui qui voit ses clients se délester, que se font concrètement les choses… Il est donc logique que ce dernier réclame une indemnisation surtout s’il est contraint de maintenir son niveau de production pour pallier la défaillance de son concurrent.
Bref, on touche là, la complexité de l’organisation d’un secteur libéralisé naturellement monopolistique. Il ne s’agit donc pas de lutter contre les économies d’énergie comme on peut le lire à travers la Presse. Il s’agit avant tout d’une affaire de gros sous entre les opérateurs…
Comme nous le disions hier, le modèle économique de l’effacement diffus doit être précisé pour être solide. Ce modèle n’est pas résistant quand un opérateur intervient dans un périmètre qui n’est pas le sien; Sauf à se mettre d’accord préalablement sur le partage des richesses obtenues. Visiblement, ils ont encore peine à trouver un accord. Tout est donc bon pour peser sur l’autre pendant les négociations… Et c’est ce à quoi, nous assistons !
Les initiatives privées en faveur des économies d’énergie peuvent être intéressantes et doivent être valorisées. Mais elles ne sont pas non plus philanthropiques…
C’est pourquoi il serait sage que ce soit aux gestionnaires public de réseau d’organiser tout cela. Pour une plus grande efficacité, une vraie maîtrise de la demande énergétique, en faveur de l’intérêt général !
PS : Après cette
explication fastidieuse, nous vous proposons un moment de détente avec un dernier scoop. En effet, nous venons d’apprendre que c’est à l’issue d’un WE à Luzaka (Zambie) que Pierre Gadonneix a,
peut être, été inspiré. En effet, le Président du groupe énergétique local avait demandé une augmentation de 66% des tarifs d’électricité à son gouvernement pour payer les investissements.
Le Gouvernement Zambien vient de lui accorder... 35% !
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