Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 17:58

Afin d’éclairer nos lecteurs, nous vous proposons de faire un peu de pédagogie sur cette affaire. Vos multiples sollicitations nous y incitent.

 

Chaque producteur a une obligation d’équilibrer sa fourniture avec sa consommation d’électricité : c’est ce qu'on appelle un périmètre d’équilibre. En cas de déséquilibre constaté sur l'ensemble des périmètres, RTE intervient en utilisant un mécanisme d’ajustement qui fait appel à des moyens de production à la hausse ou à la baisse pour rétablir l’équilibre. Car l’électricité ne se stocke pas….

RTE sollicite donc les opérateurs du mécanisme d’ajustement (une quarantaine actuellement) pour rétablir cet équilibre en utilisant la règle du « merit order » : principe simple qui actionne les moyens de production les plus économiques.

 

Dans ce jeu de balances, l’effacement de consommation devient un moyen de production comme un autre et qui se rémunère en tant que tel. Il n’y a aucun problème quand c’est l’opérateur défaillant qui rétablit son propre équilibre quel que soit le moyen utilisé et quel que soit le niveau de la défaillance. Cela devient plus compliqué quand la défaillance est chez le concurrent et qu’on se propose de rétablir l’équilibre par l’appel à un troisième acteur, un producteur virtuel comme Voltalis, qui a un champ d’intervention diffus et peu détectable par des moyens conventionnels de mesure.

 

Le principal problème soulevé dans cette affaire réside à ce que cet acteur, sans moyen de production et sans client à alimenter, intervienne dans un périmètre qui n’est pas le sien en baissant la consommation de celui-ci. Devenant ainsi un producteur virtuel, Voltalis attends une rémunération légitime pour ce service quand il est sollicité par RTE. Sauf que c’est bien chez celui qui voit ses clients se délester, que se font concrètement les choses… Il est donc logique que ce dernier  réclame une indemnisation surtout s’il est contraint de maintenir son niveau de production pour pallier la défaillance de son concurrent.

 

Bref, on touche là,  la complexité de l’organisation d’un secteur libéralisé naturellement monopolistique. Il ne s’agit donc pas de lutter contre les économies d’énergie comme on peut le lire à travers la Presse. Il s’agit avant tout d’une affaire de gros sous entre les opérateurs…

 

Comme nous le disions hier, le modèle économique de l’effacement diffus doit être précisé pour être solide. Ce modèle n’est pas résistant quand un opérateur intervient dans un périmètre qui n’est pas le sien; Sauf à se mettre d’accord préalablement sur le partage des richesses obtenues. Visiblement, ils ont encore peine à trouver un accord. Tout est donc bon pour peser sur l’autre pendant les négociations… Et c’est ce à quoi, nous assistons !

 

Les initiatives privées en faveur des économies d’énergie peuvent être intéressantes et doivent être valorisées. Mais elles ne sont pas non plus philanthropiques…

 

C’est pourquoi il serait sage que ce soit aux gestionnaires public de réseau d’organiser tout cela. Pour une plus grande efficacité, une vraie maîtrise de la demande énergétique, en faveur de l’intérêt général !

 

 

PS : Après cette explication fastidieuse, nous vous proposons un moment de détente avec un dernier scoop. En effet, nous venons d’apprendre que c’est à l’issue d’un WE à Luzaka (Zambie) que Pierre Gadonneix a, peut être, été inspiré. En effet, le Président du groupe énergétique local avait demandé une augmentation de 66% des tarifs d’électricité à son gouvernement pour payer les investissements.


Le Gouvernement Zambien vient de lui accorder... 35% !

Par administrateur - Publié dans : Pour mieux comprendre
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Commentaires

Merci pour ces éclaircissements nécessaires vis à vis de ce que l'on entend depuis ce matin à ce sujet ...

Commentaire n°1 posté par CERAGIOLI Genevieve le 20/07/2009 à 21h43
Commentaire n°2 posté par François de la Garde le 22/07/2009 à 11h51
Commentaire n°3 posté par François de la Garde le 22/07/2009 à 11h53
Bonjour,

Merci infiniment pour ces explications. En particulier, je retiens : "ce modèle n'est pas résistant quand un opérateur intervient dans un périmètre qui n'est pas le sien".

Je souscrit assez largement aux opinions que vous développez sur ce blog.
Toutefois, dans la logique de la libéralisation, ce service de délestage n'aurait-il pas dû effectivement être proposé par chaque fournisseur à ses clients ?

En particulier, pourquoi EDF n'a-t-il pas affiné, multiplié ses offres Tempo, qui in fine pourraient aboutir à écrêter la pointe eux aussi ?
Commentaire n°4 posté par Christian le 22/07/2009 à 15h06
Merci,  Christian de votre commentaire et de vos questions.

Il n'y a effectivement pas de problème quand chacun gère son déséquilibre : Production ou effacement, c'est la même chose à part que l'effacement est "normalement" moins émeteur de CO2...

Il n'y a non plus pas de problème quand cela se passe entre deux acteurs : il y a échange d'énergie contre rétribution entre ces deux là.

Le problème est donc lié à ce producteur virtuel, qui pour que cela marche sans problème doit se rattacher au responsable d'équilibre, c'est à dire au fournisseur des clients à qui il demande de moins consommer. Il n'y a donc pas d'échange d'énergie entre eux mais bien une offre de service qui se doit d'être rémunérée : l'action de l'effacement et non l'énergie effacée. La plus value de cette action doit être équitablement partagée. Elle devrait, à mon sens, se calculer sur la base du coût de la prochaine centrale à mobiliser si on effaçait pas; donc le différentiel entre le prix de l'offre d'effacement et le prix de l'offre de cette centrale.

Et quand c'est le fournisseur lui même qui le fait, (il a des vrais clients et des vrais centrales), il calcule la valorisation entre ce que lui coûte en chiffre d'affaire l'effacement + l'indemnisation de son client, par rapport à ce que lui coûte de démarrer une centrale pour maintenir la production au niveau demandé.

Compte tenu de la structure du Parc d'EDF, de l'augmentation sensible des pointes de consommation observées et prévisibles par RTE, de l'augmentation probable des prix de l'énergie fossile (gaz + pétrole) et des coûts de développement et d'exploitation de ces centrales de pointe, EDF ne pourra que s'orienter vers une offre MDE à destination de ses clients : mais pour cela, il faut des compteurs intelligents...

Ses principaux concurrents auraient aussi intérêt à le faire, certains proposent déjà des box...

Tout cela va venir, mais il faut l'avènement du Smart grid : Les USA l'ont bien compris, et ils y mettent le paquet !
Commentaire n°5 posté par Patrick Larradet le 23/07/2009 à 11h03

Vous avez voté !

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Merci de

votre confiance !

 

Notre liste sort renforcée de ce suffrage pourtant semé d'embûches...


C'est le fruit d'un travail collectif qui associe les talents des femmes et des hommes de la CFDT de RTE. Mais c'est aussi le résultat d'une écoute attentive des salariés que nous avons rencontrés pendant plusieurs semaines pour construire nos propositions.


Maintenant, il va falloir peser pour orienter la gestion de l'entreprise vers le mieux vivre pour être plus efficace : car le Service public est au coeur de nos préoccupations !

 

Et nous avons encore besoin de vous pour y parvenir !

Liste 2010

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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2010
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