Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 07:36

Dans une interview qui sera publiée ce matin, Pierre Gadonneix réaffirme son intention de vendre une partie des capitaux des entreprises de réseaux :

 

« Nous avons prévu des cessions d'ici à 2010 avec un impact sur la dette de plus de 5 milliards d'euros. Nous réfléchissons à plusieurs pistes. Les activités régulées, comme les réseaux, affichent un profil moins volatil avec une rentabilité plafonnée et un faible risque. Des investisseurs financiers sont intéressés par ce type d'actifs. Pour ce qui concerne Dalkia, nous allons soit réexaminer notre participation pour la rendre plus efficace, soit sortir. En aucun cas nous renforcer. »

 

L’interprétation de cette partie de l’ITW est relativement simple : je réfléchis à des pistes pour réduire l’impact de la dette à la demande de mon actionnaire. Ce type d’actifs intéresse des financiers… sous-entendu : ils ne m’intéressent plus !

 

Rappelons quand même, pour RTE, que « ces investisseurs financiers » se doivent d’être éligibles  au sens de l’article 7 de la loi du 9 août 2004 qui indique :

 

« Une société, dont le capital est détenu en totalité par Electricité de France, l'Etat ou d'autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public, est le gestionnaire du réseau public de transport d'électricité défini à l'article 12 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 précitée. »

 

Quand on recherche les heureux élus, on regarde le portefeuille de l’Etat :

 

Entreprises cotées, seul ADP (Aéroports de Paris) valorisés à 3 milliards, auraient éventuellement la possibilité de le faire.

Puis viennent les entreprises publiques non cotées, SNCF, RATP, AREVA (qui adore les participations croisées…), les ports, les aéroports de province, les TV ou radios publiques, les entreprises publiques d’armement, les offices et agences diverses, la Banque postale… etc… La Française des jeux…et enfin les établissements publics comme la Caisse des dépôts et son fond stratégique d’investissement (FSI), créé à la demande du président de la République fin 2008 et qui vient d’être doté, il y a quelques heures, d’un portefeuille de 14 milliards d’euros s’ajoutant aux 6 milliards disponibles pour prises de participation rapide…

 

Je rappellerai quand même que la vocation initiale de ce fond est surtout de soutenir l’activité en augmentant les fonds propres des entreprises stratégiques françaises. Cela peut se faire en un coup ou en deux bandes… Et un fond, quel qu’il soit, se doit de diversifier son portefeuille.

 

Et c’est pourquoi, je ne doute pas que Bruno Bezard, administrateur EDF mais aussi directeur général de l’agence des participations de l’Etat, saura éclairer les travaux du comité d’investissement de ce fond auquel il participe activement.

 

De là à dire que nous entendrons parler de ce FSI très bientôt à RTE… Nous rassurons tout de suite nos lecteurs. Ces quelques lignes peuvent très probablement relever des élucubrations matinales d’un rédacteur perpétuellement à la recherche de signaux faibles pour comprendre ce que l’on nous prépare. Mais comme un homme avisé en vaut deux, nous en restons au principe historique du Service public de l’électricité : on vous doit plus que la lumière…

 

Enfin, nous restons bien sur les paroles de JL Borloo qui rappelle qu’une telle opération reste de son domaine de responsabilité. Car les mécanos financiers sont une chose. Le grand écart politique en est une autre et sera assurément apprécié à sa juste valeur par notre partenaire allemand après la victoire commune sur le champ de bataille bruxellois.


Remarquez qu’une désertion en appelle une autre et que celle qui créait de fait un vide dans le capital d’AREVA se doit d’être comblée (départ de Siemens). Et visiblement EDF est prête a aider son partenaire stratégique, à la condition qu’on lui donne les moyens. Et s'il n'a pas droit à une augmentation du tarif...

 

Ici, on appelle ça : dédier des actifs aux opérations croisées de démantèlement...

 

PS: Je vous invite à lire l'interview complète sur La Tribune. En effet, le format ressemble étrangement à l'interview de  Michel Francony  qui réclamait une augmentation conséquente du Turpe...

 


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