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Lecteurs assidus de ce blog, vous le savez : nous n’avons cessé de rappeler les fondamentaux du marché de l’énergie
au risque de vous lasser. Si les prix sont à la hausse sur le marché libéralisé de l’électricité, ce n’est pas par l’explosion du prix du pétrole qui n’est qu’une petite partie du
problème et qui pèse peu sur la plaque continentale européenne dans le process électrique: c’est l’équilibre entre une demande en hausse et un parc de production qui est désormais
tendu. Vous avez beau multiplier le nombre d’acteurs: la concurrence n’aboutira pas à une baisse des prix sauf si les producteurs investissent massivement dans des nouveaux moyens de
production. Mais ils ne le feront que si le prix est suffisamment élevé (au-delà de 50 euros le MWh) et pendant une période longue, supérieure à l’amortissement de leurs centrales. Mais il n’est
pas de leur intérêt d’investir à grande échelle car cela aboutirait à une surcapacité qui ferait baisser les prix et donc le rendement de leurs investissements… C’est une base de notre industrie
qui se planifie à long terme avec des capitaux importants !
Si au début de la libéralisation, les prix avaient effectivement baissé, c’est parce qu’il y avait une légère surcapacité de production. Par la libéralisation et les ouvertures de capital des
entreprises publiques, il n’y aura plus jamais des éléments favorables pour cette baisse tant attendue. Pire, si la demande en électricité ralentit par une
récession qui pointe son bout du nez en Europe, les acteurs adapteront leur plan d’investissement sous le regard vigilant de leurs actionnaires. C’est le message décrypté qu’a envoyé
Gérard Mestrallet pour le gaz, la semaine dernière… In fine, c'est la sécurité d'approvisionnement qui sera difficile à assurer sur des centrales vieillissantes...
Alors, aujourd'hui, une des victimes de ce gâchis, l’industrie électro-intensive, semble découvrir cette simple vérité.
Ils agitent désormais les politiques dans un sens diamétralement opposé à celui qu’ils avaient pourtant eux-mêmes conseillé. Ils dénoncent même l’absurdité du système qui, avec la chute
vertigineuse du prix du pétrole, ne bouge pas. N’arrivant pas à trouver les moyens financiers pour peser sur le marché par des achats de masse via Exceltium, pour cause de crise financière, ils
appellent au retour des tarifs régulés pour tous et vantent le mérite du modèle EDF qu’ils ont tant décrié ! (voir articles éclairants d'ENERGIE 2007 et l'analyse des consommateurs ayant fait
jouer leur éligibilité et leur courbe pédago, à la fin de cet article)
Alors que la crise financière fait vaciller quelques certitudes, avant de faire basculer des millions de gens dans la
misère, la prochaine Commission européenne qui sortira indirectement des urnes de juin prochain, se devra de réaliser un bilan exhaustif de cette libéralisation. Il faudra en tirer, enfin, les
bons enseignements.
Si une telle logique ouverte, pragmatique et honnête est retenue, nous serons à leur côté pour que la politique énergétique européenne ait enfin un sens !!!
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