Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 07:17

Lecteurs assidus de ce blog, vous le savez : nous n’avons cessé de rappeler les fondamentaux du marché de l’énergie au risque de vous lasser. Si les prix sont à la hausse sur le marché libéralisé de l’électricité, ce n’est pas par l’explosion du prix du pétrole qui n’est qu’une petite partie du problème et qui pèse peu sur la plaque continentale européenne dans le process électrique: c’est l’équilibre entre une demande en hausse et un parc de production qui est désormais tendu. Vous avez beau multiplier le nombre d’acteurs: la concurrence n’aboutira  pas à une baisse des prix sauf si les producteurs investissent massivement dans des nouveaux moyens de production. Mais ils ne le feront que si le prix est suffisamment élevé (au-delà de 50 euros le MWh) et pendant une période longue, supérieure à l’amortissement de leurs centrales. Mais il n’est pas de leur intérêt d’investir à grande échelle car cela aboutirait à une surcapacité qui ferait baisser les prix et donc le rendement de leurs investissements… C’est une base de notre industrie qui se planifie à long terme avec des capitaux importants !

Si au début de la libéralisation, les prix avaient effectivement baissé, c’est parce qu’il y avait une légère surcapacité de production. Par la libéralisation et les ouvertures de capital des entreprises publiques, il n’y aura plus jamais des éléments favorables pour cette baisse tant attendue. Pire, si la demande en électricité ralentit par une récession qui pointe son bout du nez en Europe, les acteurs adapteront leur plan d’investissement sous le regard vigilant de leurs actionnaires. C’est le message décrypté qu’a envoyé Gérard Mestrallet pour le gaz, la semaine dernière… In fine, c'est la sécurité d'approvisionnement qui sera difficile à assurer sur des centrales vieillissantes...

 

Alors, aujourd'hui, une des victimes de ce gâchis, l’industrie électro-intensive, semble découvrir cette simple vérité. Ils agitent désormais les politiques dans un sens diamétralement opposé à celui qu’ils avaient pourtant eux-mêmes conseillé. Ils dénoncent même l’absurdité du système qui, avec la chute vertigineuse du prix du pétrole, ne bouge pas. N’arrivant pas à trouver les moyens financiers pour peser sur le marché par des achats de masse via Exceltium, pour cause de crise financière, ils appellent au retour des tarifs régulés pour tous et vantent le mérite du modèle EDF qu’ils ont tant décrié ! (voir articles éclairants d'ENERGIE 2007 et l'analyse des consommateurs ayant fait jouer leur éligibilité  et leur courbe pédago, à la fin de cet article)

 

Nous, ici, on ne se satisfait pas d’avoir eu raison avant eux car, face à l'explosion des prix,  nous tentons nous aussi de protéger le Service public en essayant de trouver des solutions alternatives (propositions sur le TURPE) pour l'intérêt général.

Oui, certaines situations d'entreprises sont désormais critiques. C'est l'avenir de notre industrie qui est en jeu : derriere il y a tant d'emplois !!!

Face à la compétition mondiale, la rente nucléaire jusqu’ici à peu près équitablement redistribuée et désormais captée en bonne partie par les actionnaires du Groupe EDF, dont l’Etat, leur manque cruellement. Elle était jusqu’ici le facteur attractif pour des investissements industriels en France, et une source de compétitivité collective. Si certains en Europe avaient dans leur collimateur EDF, c’était par dogmatisme. Mais ils avaient aussi cette compétitivité dans leur viseur.

Alors que la crise financière fait vaciller quelques certitudes, avant de faire basculer des millions de gens dans la misère, la prochaine Commission européenne qui sortira indirectement des urnes de juin prochain, se devra de réaliser un bilan exhaustif de cette libéralisation. Il faudra en tirer, enfin, les bons enseignements.


Si une telle logique ouverte, pragmatique et honnête est retenue, nous serons à leur côté pour que la politique énergétique européenne ait enfin un sens !!!






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Commentaires

Selon le graphique de bas de page, le tarif réglementé serait inférieur au coût de production.
????
J'ai un doute !
Commentaire n°1 posté par Arnaud le 29/10/2008 à 08h34

Bonjour,

Il ne s'agit pas d'une erreur mais bien une tentative de comparer ce qui est comparable.

Le tarif régulé affiché (tarif vert réglementé) est proche de la moyenne du tarif de base en longue utilisation et très longue utilisation (32€). Pour comparer avec la facture d'un ménage, c'est 40€ : hors taxes, hors acheminement, hors contrib SP.

Commentaire n°2 posté par Patrick Larradet le 29/10/2008 à 10h19

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