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Alors qu’ENEL laisse planer le doute de son OPA hostile sur Suez avec ses 50 milliards recueillis auprès de banques (italiennes et suisses…), le parlement français vient d’adopter définitivement le projet de loi sur les OPA.
"Protégeant" les entreprises françaises contre les OPA hostiles, ce texte, quand il sera promulgué par le président de la République (d’ici quelques jours s’il n’y a pas de recours au Conseil constitutionnel), permettra de limiter quelques velléités.
En effet, cette loi oblige, entre autre, un initiateur d'OPA à déclarer ses intentions à l'Autorité des marchés financiers (AMF). Mais il permet aussi à l’entreprise visée par cette OPA d'augmenter rapidement son capital par une décision simple des actionnaires. Ainsi vous augmentez la valeur de l’entreprise et l’initiateur de l’OPA doit débourser plus pour prendre le contrôle ; débourser d’autant plus que mécaniquement le prix de l’action grimpe dans une OPA annoncée. Accessoirement cette disposition, très favorable aux actionnaires, permet le boursicotage...
Si ce texte est promulgué à temps, cela peut concerner Suez à la condition que la majorité de ses actionnaires soit favorable à une augmentation importante du capital (ce qui n’est pas certain…) et à la condition que ces bons de souscription trouvent acquéreur.
Wait and see….
Chapeau bas M. Larradet !
C'est exactement ce que se prépare à faire Suez par une émission de BSA (voir Wall Street Journal de ce jour).
A bientôt...
PARIS, 6 avril (Reuters) - Suez < SUEZ > a indiqué jeudi qu'il publierait la semaine prochaine les projets de résolution en vue de son assemblée générale du 5 mai mais n'a pas fait de commentaire sur un éventuel texte autorisant l'émission de bons de souscription d'actions (BSA) en cas d'OPA.
Le Wall Street Journal Europe, qui cite une personne proche de l'entreprise, a rapporté que le groupe d'énergie et de services collectifs s'apprête à recourir à cette disposition permise par la récente loi française sur les OPA.
Le quotidien a précisé qu'Enel < ENEL . > pourrait lancer son offre de 50 milliards d'euros juste après les élections italiennes qui se déroulent dimanche et lundi.
"Les textes des résolutions seront publiés la semaine prochaine au plus tard", a dit un porte-parole de Suez. Interrogé sur les BSA, il s'est refusé à tout commentaire.
Alors qu'Enel évoquait la possibilité d'une offre sur Suez, le Premier ministre Domonique de Villepin a annoncé un projet de fusion entre le groupe et Gaz de France , dont l'Etat détient environ 80% du capital. Mais cette fusion ne sera effective qu'à la fin de l'année.
L'émission de BSA permet aux actionnaires existants d'une entreprise d'acquérir des actions à un prix plus faible que le cours de Bourse. L'opération a aussi pour effet d'augmenter la valeur de l'entreprise et donc de rendre plus difficile une OPA.
Merci de ces informations.
Cela va désormais être intéressant. en effet, Suez va désormais être obligé de définir une stratégie et affirmer des choix.
L'emission massive de BSA pour protéger l'équilibre capitalistique de Suez rendra de plus en plus difficile une opération de fusion avec Gaz de France. En effet, la parité des actions est une chose (qui risque de bouger dans un sens défavorable à GDF si 'OPA d'ENEL est officialisée) mais surtout la structure capitalistique en sera tout autre: la part de l'Etat ne pourra que descendre après une telle opération de protection :
en un mot si il y a emission de BSA, la part éventuelle de l'Etat après fusion sera bien inférieure à la minorité de blocage...
1ere réponse après les élections italiennes
2eme réponse après AG de Suez (ordinaire ou extraordinaire)
Tu avais encore raison Patrick...
PARIS, 12 avr 2006 (AFP) - Le groupe français Suez, qui suscite la convoitise d'Enel, va demander à ses actionnaires de mettre en place un dispositif de défense en cas d'OPA hostile, selon l'avis de convocation à l'assemblée générale diffusé mercredi. L'une des résolutions qui seront proposées le 5 mai au vote des actionnaires prévoit de "donner une délégation de compétence au conseil d'administration pour procéder à l'émission à titre gratuit de bons de souscription d'actions en cas d'offre publique non sollicitée visant la société." Ce dispositif connu sous le nom de "poison pill" ("pilule empoisonnée") permettrait en cas de raid hostile de renchérir le prix de Suez, conformément à la loi Breton adoptée le 23 mars par le Parlement, qui transpose en droit français une directive européenne du 21 avril 2004 sur les OPA. "Le montant nominal des actions qui pourraient être ainsi émises serait fixé à un montant maximal de 2,7 milliards d'euros", a précisé le groupe français, qui doit fusionner avec Gaz de France (GDF). Cette émission de BSA sera décidée par une assemblée générale extraordinaire, mais "statuant dans des conditions de quorum et de majorité d'une assemblée générale ordinaire", soit à la majorité simple et non des deux tiers, prévoit la loi Breton. Le numéro un italien de l'énergie entretient le flou sur ses intentions vis-à-vis de Suez, dont il convoite la filiale belge d'électricité Electrabel. Certains analystes prévoyaient qu'Enel attendrait l'issue des législatives italiennes, que la gauche vient de remporter de justesse. Suez a de son côté saisi le 27 mars la Commission européenne pour "préserver l'égalité de traitement entre les observateurs", estimant que la réglementation italienne protégeant Enel contre les OPA viole le principe de liberté de circulation des capitaux. Le groupe français avait par ailleurs dépêché à Milan fin mars une délégation de dirigeants pour négocier avec la direction du groupe italien une éventuelle cession d'actifs, dont Suez et Gaz de France pourraient se séparer pour respecter la législation sur la concurrence.