Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 10:05

Les évènements de ces derniers jours, autour de la tension sur le système électrique français, valident pleinement les propositions que la CFDT avait présentés devant la commission Champsaur, chargée de réfléchir au tarif réglementé début 2009.

 

Ils confirment l’impérieuse nécessité d’envoyer des signaux économiques puissants pour maitriser les pics de consommation d ‘électricité. Ces signaux permettront de susciter de nouveaux comportements des usagers de l’électricité en faveur d’une consommation adaptée à l’offre de production. Ils permettront surtout de générer des investissements individuels comme collectif en faveur de la maitrise énergétique, de permettre l’émergence d’une offre de production d’électricité adaptée à la demande, tous deux sources d’emplois pérennes et équilibrées sur tout le territoire. La planète aurait, de son côté, tout à y gagner par la réduction massive d’émission de CO2 que la production d’électricité de pointe génère.

 

La Commission Champsaur, concentré sur le dogme concurrentiel, a donc bien raté le rendez-vous de l’innovation en faveur d’un mix énergétique efficace pour l’ensemble de la collectivité. Le Premier ministre semble malheureusement l’avoir suivie par un projet de loi que j’estime inadapté. Plus encore, la contribution carbone sur l’électricité pendant les pointes aurait permis de mettre en œuvre rapidement et sans attendre l’arrivée des compteurs intelligents, de préparer l’opinion publique à l’effort collectif. Mais il est encore temps de se ressaisir.

 

A l’heure de Copenhague, la France sortirait grandie en tirant les enseignements de l’impasse du court-termisme d’une politique énergétique basée sur l’illusion de la concurrence. En effet, nous rentrons dans une ère d’électrification majeure des usages qui nécessite des décisions politiques tout aussi majeures. Celles-ci ne peuvent que s’appuyer sur une filière industrielle mature, une recherche en faveur des réacteurs propres et surtout, sur l’accompagnement des usages de l’électricité. L’avènement des réseaux intelligents, s’appuyant sur des comportements collectifs par une tarification adaptée et des offres commerciales innovantes, où se raccorderait l’ensemble des moyens de production centralisés et les Enr, est sans doute une des pistes majeures de la solution à retenir.

 

Ainsi, des nouveaux tarifs réglementés d’électricité français auraient toute la légitimité politique aux yeux de Bruxelles, s’ils étaient au service d’une politique énergétique durable, permettant d’allier efficacité sociale et économique avec la baisse des factures des consommateurs.

 

En outre, ils redonneraient une ambition mobilisatrice dans les entreprises publiques à la hauteur de la nationalisation de 1946 pour l’électrification du pays.

 

2010 doit donc permettre l’émergence de ce nouveau modèle. Espérons que les débats menés à tous niveaux débouchent enfin sur un projet collectif partagé en faveur des générations futures !


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