Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 12:25

Alors que les deux capitales sont diamétralement opposées sur la séparation patrimoniale, Sarko et Brown se rencontreront à Londres dès demain et mon petit doigt m’a dit qu’ils allaient évoquer le sujet. Nous espérons vivement que la position britannique va s’assouplir ...

Dans le même temps, JF Cirelli, PDG de Gaz de France, persiste et signe et rejoint la CFDT sur les arguments et la sémantique. La séparation patrimoniale « va foutre en l’air ma boite »… et "si cela se fait malgré tout, eh bien on le vendra le réseau de transport et hors de question de le brader ! "

Tout en le félicitant de la clarté de ses propos, nous ne pouvons que nous interroger en même temps sur le silence étrange de l’électricien français. Et, nous ne sommes visiblement pas les seuls. Il se susurre dans les couloirs bruxellois qu’EDF, 3eme voie ou pas, lâcherait le morceau. Là encore, de la manipulation à la Eon… bien entendu… M. Gadonneix va bientôt clarifier ce malheureux malentendu…à moins qu’il soit obliger de donner des gages pour acquérir Distrigaz… et de se donner des moyens pour acquérir quelques électriciens au nord comme au sud de la France… Pure spéculation ?… Peut être, on l'espère…  Mais il suffit de lire la Presse pour se faire une opinion ! La clarté doit donc dissiper les rumeurs.

Alors dans l'hypothèse, un éclairage est sans doute nécessaire. Comment va se réaliser le scénario catastrophe en France ?

Tout d’abord, il est utile de rappeler que la séparation patrimoniale n’entraînera pas de facto une modification législative en droit français. En effet, en gaz comme en électricité, la loi du 9 août 2004 prévoit déjà la vente de ces actifs.

Dans son article 7 pour l’électricité : « Une société, dont le capital est détenu en totalité par Electricité de France, l’Etat ou d’autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public, est le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité défini à l’article 12 de la loi no 2000-108 du 10 février 2000 précitée. » ;

Dans son article 12 pour le gaz : « Le capital de la société gestionnaire de réseaux de transport de gaz issue de la séparation juridique imposée à Gaz de France par l’article 5 est détenu en totalité par Gaz de France, l’Etat ou d’autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public. » .

Etant donné que « les entreprises, ou organismes du secteur public », pouvant se payer les deux réseaux ne courent plus les rues, ( exception faite de la Caisse des dépôts qui a bien d’autres choses à faire), l’Etat devra mettre la main à la poche « vide… » ou réduire sa participation dans les deux groupes énergétiques français.

Grosso modo cela donnerait cela :
A ce jour, EDF est valorisée financièrement à 100 milliards d’euros (55 euros/action) - RTE de son côté pèse 7 milliards d’actif, mais sera sans doute valorisé près du double vu des financiers – Ce qui ferait approcher la part de l’Etat à près de 70 % après l’opération de séparation, soit le seuil fatidique de la participation de l’Etat dans le capital EDF. Faut donc que le cours de l’action du groupe EDF remonte aussi fort qu’il est tombé.

Car plus il sera faible et plus la Caisse des dépôts devra participer à l’opération…ou l’Etat se devra de faire modifier la loi de 2004, tout en respectant le caractère public de RTE rendu nécessaire par la Constitution. Du remue méninge et de la tambouille financière en perspective…

Côté Gaz de France, c’est plus clair, car l’Etat n’atteindrait même plus la minorité de blocage après une fusion devenue plus qu’hypothétique avec Suez. De toute façon, dans tous les scénarii de séparation patrimoniale, Gaz de France ne représenterait plus rien et c’est ce que dit clairement son PDG. Un assassinat d’une entreprise, rien de moins…


Il n'est si bonne compagnie qui ne se sépare dit le proverbe. En ce qui nous concerne, nous faisons tout pour qu'on ne vérifie pas l'adage, même au premier degré !!


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