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Décidément, avoir une entreprise verticalement intégrée n’est pas aussi juteux que ce que la Commission européenne veut
bien faire croire. Après EON qui offre à la vente son réseau de transport d’électricité pour échapper, entre autre, aux fourches caudines de Mme Kroes, voilà que le souffle du "fédéralisme européen" atteint RWE qui lance l’appel à la constitution d’un GRT électrique européen. Il regrouperait les réseaux allemands, français et ceux du Benelux, mais sous conditions... RWE veut bien participer à cette
opération à la condition qu’il obtienne 50% des parts...
La fermeté de la Commission européenne sur la séparation patrimoniale n’est sans doute pas étrangère à cette annonce intéressante mais un peu iconoclaste dans le débat actuel. Mais les
gaziers sont à la manoeuvre. Il est inutile de rappeler qu'ils souhaitent avant tout garder leurs propres réseaux. On les comprend et on partage, car c’est vital pour eux, bien plus que pour les
électriciens!
A titre d’exemple, Eon (gaz/élec) compte bien installer son leadership gazier en Europe avec son partenariat privilégié avec Gazprom. Mais sans tuyaux… le Gaspard ! Alors se séparer d’un réseau électrique qui coûte aujourd’hui en maintenance comme en image après l’enquête sectorielle de la CE et qui, en
plus, lui rapporterait à la vente quelques milliards précieux au profit d’une relative tranquillité sur le GRT gaz: on appelle cela faire une pierre trois coups…
De son côté, RWE souhaite faire quelques acquisitions bien plus rentables que la
participation à la sécurité d’approvisionnement du pays. British énergy d’un côté pour le nucléaire civil interdit de développement pour l'instant en Allemagne, TGK 2 de l’autre et la
perestroïka gazière… RWE se renforcerait en GB tout en regardant vers l’Est, un peu comme le fait son homologue Eon.
Tout cela pour dire qu'en Allemagne les priorités ont changé. Faut dire qu’après l’annonce d’Eon vraisemblablement combinée par les services de Mme Kroes, Angela Merckel tente de reprendre la main… La Presse allemande s’est donc encore fait l’écho d’une 4eme voie qui peut se résumer
simplement : Touche pas au gaz et on bricole sur l’élec... Et c'est RWE qui porte la bonne parole !
La Commission européenne reste prudente en découvrant cette nouvelle option. On la comprend. Car en regardant de plus près, RWE ne se découvre pas en annonçant aujourd’hui la vente de son réseau
électrique ou l’achat de celui d’Eon qui aurait la préférence du gouvernement allemand. Donc rien de neuf au pays de Goethe.
De notre côté, on estime que l’annonce de la création d’un GRTE européen n’est qu’un écran de fumée, qui au mieux tente de concilier la stratégie des 2 énergéticiens allemands et de leur
gouvernement. Car si le Gvt Allemand porte fortement la 3eme voie, c'est qu'il souhaite avant tout garder quelques prérogatives sans pour autant nationaliser les
réseaux.
Sans se faire enfumer, on se permettra simplement de faire ce simple constat pragmatique et sans doute douloureux pour la CE: les milliards vont, une
fois de plus, à la création d’oligopole plutôt qu’à la construction de nouvelles capacités. Le piège dogmatique de la séparation patrimoniale se referme donc petit à petit sur ses
initiateurs. La séparation patrimoniale comme arme de compétition massive, n’est autre qu’une balle dans le pied…
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