Jeudi 12 janvier 2006 4 12 /01 /Jan /2006 18:22

 La CRE vient de publier les orientations retenues pour les modalités pratiques d'ouverture des marchés du gaz et de l'électricité pour les clients résidentiels.

 

"Afin de garantir le respect de cette échéance incontournable, la CRE a mis en place en mai 2005 deux groupes de travail (élec & gaz) qui rassemblent des associations de consommateurs, des installateurs, des fournisseurs et des gestionnaires de réseaux"

 

Incontournable dit-elle ! C'est vrai que c'est prévu dans la directive de juin 2003...

 

Mais c'est oublier le triste bilan des deux ouvertures successives du marché ( industriels, puis professionnels)

 

Si la Commission européenne estime de son côté, dans le bilan fait à la mi-novembre, que la principale conclusion sur l'ouverture des marchés à la concurrence est "globalement une réussite avec par exemple une baisse des prix de l'électricité en termes réels par rapport à 97",

 

ce n'est pas la lecture que l'on pourrait légitimement faire en regardant l'explosion des prix de l'électricité sur le marché "libre "  de 20 euros/MWh en 2000 à 45 euros à ce jour... Il semble par ailleurs que les clients électro-intensif fassent la même lecture. Alcan, producteur d'aluminium se propose encore de fermer une seconde usine en Europe pour cause "de doublement du prix de l'électricité"...

 

Mais heureusement pour le bilan de la Commission: 80% des Etats membres de l'UE ont maintenu des tarifs régulés pour les ménages et près d'un pays sur deux en faveur des industriels. Ceci explique sans doute leurs chiffres qui méritent quand même à être vérifiés. Quoi qu'il en soit , c'est bien l'intervention des Etats membres qui permet de limiter la casse et non la libéralisation !

 

Alors que le Président de la République avait indiqué à l'occasion de ses vœux 2006 que "la politique énergétique de l'Union ne pouvait se résumer à l'ouverture des marchés à la concurrence", il est donc grand temps d'arrêter ce train en marche. Il conduit les ménages, qui n'ont pas encore goûté aux délices de la concurrence, à rejoindre les autres qui subissent, à l’instar des Britanniques, 24% d'augmentation pour cette année !


Le mémorandum du Président sera en retard d'un train : il faut un moratoire ! puis un bilan transparent...


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Commentaires

Comment se fait il que personne ne bouge là dessus ?
Une manipulation d'un rapport de la Commission : j ' y crois pas !
Commentaire n°1 posté par vero le 13/01/2006 à 08h38

Et, coté marché, afin de passer le cour de l'action d'EDF de 33 à 54 euros, les spécialistes spéculent sur :


- Sur un éventuel prolongement de la durée d'exploitation des centrales nucléaires et l'amélioration des taux d'utilisation des capacités de production du groupe,


 - Sur l'évolution des prix administrés de l'électricité qui pourrait constituer le principal catalyseur du titre,


- Attente d'un rattrapage des prix (vers la hausse) pour les petites et moyennes entreprises,


En conclusion, amortissement des centrales nucléaires de 40 à 50 ans, baisse des charges fixes (suppréssion d'emploi, etc..) et risque de délocalisation hors de france, voir hors de l'europe, pour les entreprises électro-intensif et pour les petites et moyennes entreprises qui seront pris en otage,  répercuteront leur prix aux consommateurs, qui eux, de toute façon, n'auront pas d'autre choix que de payer au détriement biensûr de d'autres produits de consommation (énergie + pétrole = aïe aïe le pouvoir d'achat). Et VIVE la libéralisation du marché de l'énergie...


Commentaire n°2 posté par pizza pizza le 14/01/2006 à 10h09

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