Lundi 17 décembre 2007
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11:48
Auditionné la semaine dernière par des députés français, Andris
Piebalgs, notre Commissaire européen à l’énergie, a tenté par tous les moyens de vendre ses mesures.
S’appuyant sur l’étude d’impact réalisée par la Commission,
il a été jusqu’à dire à notre représentation nationale que la séparation patrimoniale allait faire baisser les prix et augmenter les
investissements…
Faut dire que cette étude est un véritable document à charge sur les entreprises verticalement intégrées. Son contenu frise (pour rester diplomatiquement correct) l’escroquerie
intellectuelle.
Car indiquer, après un calcul tout aussi savant que nébuleux, que les prix ont augmenté de 6% depuis 1998 dans les pays dont les entreprises ont séparé leurs activités alors qu’ils se sont
accrus de 29% dans les pays qui ne l’ont pas fait, mérite à minima à être vérifié… Car nous avons ici des chiffres bruts et visibles qui auraient tendance
à prouver le contraire….
Pour rester sérieux, la seule certitude que l’on peut avoir c’est l’explosion des prix sur le marché libre par rapport aux tarifs régulés. Nous
affirmons donc que la structure des GRT importe peu.
Car faut-il rappeler que le coût total du transport (du 400 au 63 kV) c’est environ 10% du montant de la facture HT… La seule incidence éventuelle qui pourrait y
avoir serait, bien évidemment la rémunération du capital entre les entreprises verticalement intégrées et les autres. Grosso modo, cette rémunération pèse de 4 à 8 % des CA constatés, soit 0.4 à
0.8% de la facture totale (fifrelinesque / pression des prix de l’énergie primaire). Enfin, il me semble que dans le peloton de tête des actionnaires les plus gourmants figurent justement
les GRT européens patrimonialement séparés ….
Par ailleurs, indiquer que seul les GRT séparés font plus d’investissement que les autres en s’appuyant sur cette même étude qui a aussi la fâcheuse tendance à oublier certaines
données, et qui fait un focus sur les années qui vont bien… mérite également un éclairage.
Les observateurs avisés savent que les investissements dans l’énergie répondent à des cycles. Il se trouve que ces cycles sont différents dans l’UE.
A titre d’exemple, la France a énormément investi dans son réseau de transport dans les années 80 à 90 (400kV), puis après une pause toute relative, les investissements repartent de plus belle
dès cette année… Ce sont, bien entendu, les besoins qui priment !!!
Alors, puisque nous sommes à ce niveau de débat, nous pouvons aussi inviter la Commission à regarder attentivement la corrélation entre l’âge du capitaine et
l’efficience de la concurrence…Qui sait, une fois séparé patrimonialement, la Commission nous demandera à ce que les présidents de GRT aient un âge avancé ou l’inverse car cela pourrait avoir une
influence sur le prix ou les investissements….
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