Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 16:20

Aurions-nous été entendus ?

Depuis de nombreux mois, nous avons largement travaillé pour que le dossier sur le troisième paquet énergie de la Commission européenne revienne à des considérations plus pragmatiques. De rencontres en rencontres, d’interventions en interventions, d’écrits en écrits,  vous avez pu constater que notre action n’avait qu’un objectif : que ce débat n’aboutisse pas au démantèlement du Service public français qui a fait sa preuve et dont le modèle pourrait être utile à la compétitivité de l’Europe.

Nous restons toujours plus que dubitatifs sur l’opportunité de l’ouverture des marchés de l’énergie. Il faudra bien, un jour ou l’autre, qu’un véritable débat s’ouvre en Europe sur l’évaluation de cette politique publique qui n’a visiblement rien apporté de bon aux consommateurs, tout comme aux salariés du secteur énergétique. Le chemin reste long, mais c’est une vraie bataille pour que notre Europe devienne enfin efficace. Car nous avons la conviction que l’énergie reste un formidable moteur pour la construction européenne ; à la condition que l’Europe revienne à un de ses fondamentaux qui reste l’intérêt général ;  Loin devant une dérive trop largement constatée qui utilise le droit à la concurrence au service d’une idéologie ultralibérale.

Une lueur d’espoir vient enfin de s’allumer. La présidence portugaise souhaite sortir vers le haut de l’affrontement entre pro et anti « séparation patrimoniale ». En constatant que certains Etats membres, et non des moindres, s’opposent toujours aux projets les plus contestés du paquet énergie, elle propose à ceux-ci de faire des propositions supplémentaires : une troisième voie acceptable par tous ?

Sans nous faire trop d’illusions sur le résultat final, nous ne pouvons que constater que nos arguments, désormais très largement partagés, commencent à porter auprès de nos décideurs. Nous avons attaqué ces textes sur le fond comme sur la forme, parfois brutalement, convenons en. Mais bien que n’ayant pas les moyens suffisants pour prouver que ces textes de directives s’assoient sur deux principes fondamentaux de la construction européenne (principe de subsidiarité et principe de proportionnalité) nous constatons enfin qu’une interrogation émerge sur le respect de ceux-ci. Certains gouvernements affirment désormais, tout comme nous l’avons fait il y a déjà un mois, que le principe de proportionnalité n’est pas respecté. Ce qui revient à dire qu’une partie des projets de directive est inutile...

En effet, mettre en œuvre la séparation patrimoniale ou pire,  sa version ISO, correspond à utiliser une bombe atomique pour éliminer une aspérité. Comme nous l’avions dit il y a plusieurs mois, la séparation patrimoniale reste une très mauvaise réponse à une très bonne question ! Il y a d’autres voies pour aboutir aux attentes de la Commission sans détruire des entreprises ou le choix d’une organisation du secteur énergétique.

Alors attendons ces quelques jours pour voir si nos décideurs européens deviennent sages.

Nous espérons, dès les conclusions du Conseil européen de la semaine prochaine, passer à une nouvelle étape que nous appelons de nos vœux : de nouvelles propositions pragmatiques basées sur l’expérience que nous avons menées ici ou là. Le modèle RTE a toute sa place dans ce débat.

C’est pourquoi, nous participerons encore plus activement à cette nouvelle phase tout en gardant la modeste place qui nous revient : porter la voix des salariés qui sont attachés à la pérennité de leurs entreprises et au Service public de l’énergie.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright CFDT RTE 2005-2012
  • Partager ce blog

Twit

Contactez-nous !

 Cliquez sur la Bal                                

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés