Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 23:38

La Commission européenne est résolument sourde au pragmatisme qui devrait être le sien pour mettre en œuvre les bons règlements en faveur des 500 millions d’européens.

Les projets de directives gaz et électricité publiées ce jour enfoncent le clou de la séparation patrimoniale et lance une suspicion sur les GRT particulièrement déplacée. Que se soit dans sa forme directe comme dans sa forme édulcorée de l’ISO, la Commission s’arroge un interventionnisme outrancier qui engendrera le démantèlement du secteur énergétique européen et sa recomposition autour de quelques oligopoles privés.

Malgré ce qu’elle avance, il n’est aujourd’hui pas question de l’intérêt du consommateur. Car
Les pistes proposées, qui sont déjà en œuvre dans le monde, y compris dans certains Etats membres de l’Union européenne, ne répondent pas aux exigences de la sécurité de l’approvisionnement et à la baisse des prix. Les exemples favorables à ses thèses sont balayés par d’autres exemples bien plus nombreux, qui prouvent que les solutions envisagées ne répondent pas aux enjeux. Combien de fois faudra t-il répéter que ce n’est pas le cadre juridique du secteur énergétique qui fera baisser les prix ou qui assurera l’approvisionnement ! 

C’est avant tout l’émergence d’une surcapacité de production planifiée par rapport à la demande dans une structure de marché qui réclame une vision à long terme. Enfin, rappelons que les règles de bases de l’électrotechnique, que la technologie disponible et que la physique des fluides pour le gaz, s’affranchissent des règles concurrentielles édictées dans les amphis de l’école de Chicago.

Faut-il encore faire crédit à la Commission d’un manque de réalisme évident ? Lancée dans une fuite en avant d’un dogmatisme au service d’une idéologie, la Commission multiplie les artifices dans ses textes pour clairement dissimuler les errements de sa politique d’ouverture des marchés de l’énergie. Car les dégâts occasionnés sont éloquents.

Explosion des prix pour l’industrie européenne qui perd ici sa compétitivité sur les marchés internationaux; Augmentation des prix pour les PME et les ménages dans les pays ayant expérimenté l’ouverture totale qui pèsent désormais sur leur pouvoir d’achat et donc sur la croissance; Surcoûts pour la collectivité et pour les entreprises du secteur qui, toutes les études économiques le montrent, perdent de l’efficience par soit par la perte de l’optimisation de leur parc intégré, soit par l’adaptation à des règlements pas toujours adaptés ; Suppression des centaines de milliers d’emplois générée par l’adaptation du secteur à cette donne: M. Barroso, ancien 1er ministre du Portugal avant d’être président de la Commission, devrait pourtant se souvenir du lourd tribu payé par les salariés portugais de l’énergie…

Le bilan de cette politique est tellement lourd qu’un gouvernement démocratiquement élu et qui aurait imposé une telle législation aurait été viré sur le champ par ses électeurs !!!

Il est de l’intérêt général européen de mettre un terme à cette fuite en avant. La Commission a réuni autour d’elle des supporters qui ont, pour certains et pour des raisons bien différentes, des objectifs de courte vue sur l’énergie. Ils devraient se souvenir qu’avant l’émergence de la concurrence, c’est la solidarité des électriciens européens, qui malgré des choix énergétiques différents, a su construire l’Europe de l’électricité avec une vision d’intérêts partagés. C’est bien la concurrence et ses objectifs financiers bien compris qui a engendré une compétition agressive entre les opérateurs. La réponse n’est assurément pas plus de compétition. Traiter le mal par le mal, n’est pas la bonne médecine.

Mais le fait du jour reste l’implication personnelle du président de la Commission sur ce dossier. Elle prouve que l’enjeu s’est déplacé sur le terrain politique et que les négociations seront dures. Même les précédentes directives n’ont pas eu cet honneur !


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