Partager l'article ! Quelques éléments de compréhension sur l’Etude NUS: Dans son étude publiée ce jour, NUS constate une baisse globale des prix de l’électri ...
On les comprend. En effet, le prix de l’électricité sur le marché est intimement lié à la tension sur l’équilibre offre demande et non pas au fait que l’ouverture du marché commence à porter ses fruits…
Très clairement, si vous avez une bonne disponibilité sur votre parc de production et si la demande en électricité baisse, vous avez forcément une baisse sur les prix sur le marché libéralisé ou une baisse du coût marginal de production sur un marché totalement fermé...
En 2006, nous avons observé en année pleine une baisse de 1% sur la consommation en France. Si on prend la consommation sur l’année glissante de l’étude NUS (Avril 2006/avril 2007) cette baisse en année glissante est équivalente à environ 4% (hiver 2006/2007 très doux). C’est un élément essentiel de compréhension de cette rupture de la tension sur l’équilibre offre/demande en France associée à une forte sollicitation de la production hydraulique française qui était disponible.
A contrario, sur des marchés de type péninsule (Espagne, Italie) les prix de l’électricité ont continué à croître. Il est à observer que la consommation dans ces pays a augmenté de 2.5%, ce qui a sûrement entretenu une tension sur l’équilibre offre/demande de ces pays, peu interconnecté à la plaque continentale.
La Belgique, elle, a observé une baisse des prix de 1% alors que sa consommation a augmenté de 3% en 2006. Mais la baisse du coût de l’acheminement (-4% sur le transport) explique assurément cela, associé à une explosion des importations, en particulier de France.
Enfin, la baisse de 10% annoncée par NUS pour la Grande Bretagne est étonnante, alors que les autorités britanniques annoncent une augmentation de +
de 20% sur les prix en année pleine. Sans doute que NUS a intégré les baisses importantes annoncées au 1 trimestre 2007 par les opérateurs. Pourtant le volume global de consommation électrique en
GB a été stable, à part une baisse sensible chez les gros consommateurs (-1.7%). Là, nous restons perplexes…
Par ailleurs, il convient également d'apprécier l'impact du marché du CO2 sur les prix de l'électricité de 22 euros la tonne début 2006 à 95
centimes la tonne en avril 2007...
C’est pourquoi nous invitons les ultra-libéraux à ne pas s’appuyer sur cette étude pour faire la promotion de l’ouverture du marché. Si celle-ci stimulait les investissements, on comprendrait... Et cela se saurait ! Mais nous avons tendance à croire le contraire, car l’avènement d’un marché libéralisé a plutôt stimulé… la spéculation… en jouant sur l’adéquation légèrement défavorable entre l’offre et la demande en énergie. Isn’t it, mister Gray Davis (ancien gouverneur de la Californie, remercié par ses électeurs pour les conséquences de la libéralisation) ?