Partager l'article ! Une page se tourne, à l'Elysée comme à Initiale: Le départ d’André Merlin marque la fin du premier chapitre de l’histoire de RTE. Ave ...
Le départ d’André Merlin marque la fin du premier chapitre de l’histoire de RTE. Avec Jean-Yves Broyelle qui est déjà parti, Alain Cavret qui s’y prépare et Pierre Bornard qui se doit encore de rester, ces hommes du directoire de RTE ont indéniablement marqué l’entreprise. Après avoir passé près de 7 ans à la tête de RTE et aux côtés de son berceau, ils ont démontré qu’ils appartenaient ensemble et de fait, à la race des bâtisseurs. Mais ils ne sont pas les seuls. Car comment aussi oublier que la réussite de RTE est avant tout le fruit du travail quotidien des 8400 agents et de ceux qui leur ont légué la maison en état de marche. Il est toujours bon de le rappeler… en ces temps de passation de pouvoir.
L’Histoire rappellera aussi en son temps, que la CFDT de RTE a été souvent des même combats stratégiques d’André Merlin : le succès du GRT lourd restera, sans doute, le plus déterminant pour RTE et ses agents mais surtout pour le Service public. Mais, il est aussi utile aujourd’hui de rappeler que la CFDT a parfois été en désaccord sur des sujets qui concernaient la gestion courante de l’entreprise, sujets qui touchent concrètement le quotidien des agents.
Les accords comme les désaccords, nous avons su les assumer. Y compris, en mouillant la chemise à son côté quand il le fallait pour défendre les intérêts de l’entreprise et du Service public ; Y compris en restant fermes, quand nous avions la certitude que la Direction de RTE faisait fausse route. Car en la matière, la fidélité à l’entreprise et le respect de l’autre, ce n’est pas l’allégeance à une seule pensée. Au contraire! C’est sans doute là, la plus sincère marque de considération.
De plus, la vie démontre toujours qu’une entreprise ou une communauté ne progresse jamais avec des béni-oui-oui ou des béni-non-non. Vous avez pu le constater depuis fort longtemps, la CFDT de RTE ne s’est, en aucun cas, baignée dans ces deux « béni-tiers ». L’équilibre, pour nous, ce n’est pas une posture existentielle entre ces deux vides; C’est un chemin tracé par le sens que nous donnons à notre modeste action : Tout pour le Service public !
Et c’est bien cela qui attendra Dominique Maillard, notre nouveau président. Redonner du sens à RTE pour tracer une nouvelle voie, que se soit en matière institutionnelle, industrielle et sociale !
Par des attaques incessantes, inadaptées et injustifiées de la Commission européenne, notre avenir institutionnel n’est pas encore arrêté. A croire que l’instabilité juridique serait l’arme préférée des tueurs ultra-libéraux pour flinguer les entreprises publiques… Oui, la séparation patrimoniale est encore à l’ordre du jour, pourtant sans raison probante. Affirmer notre modèle, montrer qu’il est efficace, prouver que l’indépendance de RTE est profitable à tous, y compris à notre actionnaire unique, seront sans nul doute les éléments qu’il faudra développer dans les toutes prochaines semaines. Garder une intégration avec le Groupe tout en renforçant l’indépendance de RTE mérite bien mieux que des incantations : il faut leur donner du sens pour que notre modèle soit mieux partagé, y compris à Bruxelles!
Par ailleurs, RTE, c’est comme un tabouret à 3 pieds reposant sur l’exploitation, l’entretien et le développement du réseau. Si un de ces trois pieds lâche, c’est tout RTE qui vacille. Et sans négliger les deux premiers qui méritent d’être renforcés, force est de constater que celui du développement et de l’ingénierie est malmené. Face aux attentes sociétales sur la protection des paysages, face à la difficulté grandissante pour développer notre outil industriel qui se heurte à de nouvelles résistances, RTE se doit de réviser ses pratiques et renforcer ses moyens pour parvenir à cet enjeu vital du développement de réseau. Redonner du sens au volet industriel de RTE, c’est passer de l’image du « pylôneur » injustement donnée par certains, à celle d’acteur du développement durable des territoires.
Enfin, il n’est plus à démontrer que des agents bien dans leur peau, ce sont aussi des salariés productifs et volontaires. Par ailleurs, tirer le meilleur des agents, ce n’est pas les presser comme des citrons mais c’est avant tout mobiliser les intelligences et les talents individuels comme collectifs. Donner du sens aux missions des agents, est sans nul doute le meilleur des moteurs de la motivation. Reconnaître les talents, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, est l’essence même d’une conduite des Hommes qui se veut moderne. Avec un tel moteur et une telle essence, RTE pourra ainsi aller plus loin.
Donner du sens à l’action, donc: Espérons que ce message simple soit entendu et mis en œuvre par le nouveau président de RTE. Car pour écrire le second chapitre de notre histoire collective, Dominique Maillard a sans nul doute les meilleurs instruments et de bons musiciens pour que cette seconde étape de l’entreprise soit à la hauteur de la première, et pourquoi pas, plus passionnante encore !
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