Pour mieux comprendre

Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 09:54

Les choses bougent dans le bon sens à Bruxelles !  Dans le processus législatif européen, diverses Commissions parlementaires se saisissent des projets de Directives. C’est le cas de la Commission IMCO (Marché intérieur et protection des consommateurs) qui s’est prononcée en faveur de la 3eme voie.  Yeah !

L’amendement, concernant l’introduction de la 3eme voie proposée par l’Allemagne et la France, a été adopté. A la manœuvre, Alexander Lambsdorff, député centriste allemand et, entre autre, deux députés socialistes français, Bernadette Vergnaud et Benoît Hamon qui avaient,  eux aussi, déposé un amendement en ce sens au sein de cette Commission parlementaire.

Dans la Commission ITRE, des amendements similaires en faveur de la 3eme voie sont proposés par des députés de toutes tendances (Gauche – Droite – Centre) et de toutes origines ( France – Allemagne – Grèce – Bulgarie –Hongrie - Autriche – Luxembourg – Slovénie) . Le vote est attendu pour le 6 mai.

Après l’avis des différentes commissions, le Parlement européen réuni en pleinière se saisira des textes à la mi-juin mais uniquement en première lecturecar il est désormais peu probable qu’un texte commun entre le Parlement et le Conseil européen soit trouvé d’ici là !

Tout cela ne peut que pousser la France à maintenir sa fermeté au prochain Conseil européen et ainsi mettre un terme aux rumeurs qui prêterait au Gouvernement français l’intention de lâcher du lest aux dogmatiques de la Commission européenne.


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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 13:11

1000  ! C'est donc un millier d'amendements qu'ont à étudier les députés européens réunis dans la commission ITRE du Parlement européen. D'autres seront probablement déposés par les groupes politiques d'ici le 16 juin, date à laquelle est envisagée la réunion plénière du PE qui se devra d'adopter un projet de texte.

Réunie ces deux derniers jours, cette commission parlementaire, élément clé du processus législatif européen, n'a pas fait le plein de participants... et c'est peu dire...

Serait-ce donc l'ampleur de la tache qui a fait reculer les députés pour étudier les amendements ? Peut-être, mais ce qui est sûr, c'est que les édiles, tout en restant majoritaires, sont de moins en moins en accord avec les dispositions proposées par la Commission européenne - en particulier la plus en vogue : la séparation patrimoniale ! Ils ont jusqu'au 6 mai pour dégager une majorité sur le texte au sein de cette Commission.

Des vrais clivages existent au sein même des groupes politiques. Tout cela laissera donc quelques traces.

Côté élec et comme prévu, la rapporteure de la directive, Eluned Morgan, propose que la séparation patrimoniale soit la seule et unique proposition, flinguant l'option ISO.
Au moins, concernant l'ISO, nous sommes en phase. En phase aussi pour une définition claire et commune de la pauvreté énergétique qui déclenchera une tarification sociale et surtout des politiques publiques pour résoudre ce fléau.

Mais, alors pour le reste... Elle va vraiment trop loin, prenant le risque de déligitimer ses propositions.

En effet, elle propose au Parlement de limiter progressivement les parts de marché de chaque entreprise énergétique à moins de 20% pour favoriser la concurrence. Elle propose aussi de tuer les tarifs régulés, visant explicitement le modèle français qui permet de "faire chauffer les piscines des riches à bon prix" selon son point de vue. Fin du fin, elle propose que les régulateurs s'installent à tous les étages. Bref, un flic derrière chaque dispatcher...

Côté gaz, une lueur d'espoir. Il y a désormais une volonté de ralentir le processus de libéralisation du marché gazier. Du moins, c'est ce propose Romano Maria La Russa. Effet Gazprom, sans nul doute... Alors, peut-être, que la sagesse l'emportera. Quoi qu'il en soit, même les députés européens se donnent un peu plus de temps.

Côté régulation européenne, le rapporteur propose une véritable régulation européenne indépendante ayant de grands pouvoirs, bien plus que ceux proposés par la Commission européenne.

Suite, au prochain épisode - Vers le 9/10 avril !



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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 12:25

Alors que les deux capitales sont diamétralement opposées sur la séparation patrimoniale, Sarko et Brown se rencontreront à Londres dès demain et mon petit doigt m’a dit qu’ils allaient évoquer le sujet. Nous espérons vivement que la position britannique va s’assouplir ...

Dans le même temps, JF Cirelli, PDG de Gaz de France, persiste et signe et rejoint la CFDT sur les arguments et la sémantique. La séparation patrimoniale « va foutre en l’air ma boite »… et "si cela se fait malgré tout, eh bien on le vendra le réseau de transport et hors de question de le brader ! "

Tout en le félicitant de la clarté de ses propos, nous ne pouvons que nous interroger en même temps sur le silence étrange de l’électricien français. Et, nous ne sommes visiblement pas les seuls. Il se susurre dans les couloirs bruxellois qu’EDF, 3eme voie ou pas, lâcherait le morceau. Là encore, de la manipulation à la Eon… bien entendu… M. Gadonneix va bientôt clarifier ce malheureux malentendu…à moins qu’il soit obliger de donner des gages pour acquérir Distrigaz… et de se donner des moyens pour acquérir quelques électriciens au nord comme au sud de la France… Pure spéculation ?… Peut être, on l'espère…  Mais il suffit de lire la Presse pour se faire une opinion ! La clarté doit donc dissiper les rumeurs.

Alors dans l'hypothèse, un éclairage est sans doute nécessaire. Comment va se réaliser le scénario catastrophe en France ?

Tout d’abord, il est utile de rappeler que la séparation patrimoniale n’entraînera pas de facto une modification législative en droit français. En effet, en gaz comme en électricité, la loi du 9 août 2004 prévoit déjà la vente de ces actifs.

Dans son article 7 pour l’électricité : « Une société, dont le capital est détenu en totalité par Electricité de France, l’Etat ou d’autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public, est le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité défini à l’article 12 de la loi no 2000-108 du 10 février 2000 précitée. » ;

Dans son article 12 pour le gaz : « Le capital de la société gestionnaire de réseaux de transport de gaz issue de la séparation juridique imposée à Gaz de France par l’article 5 est détenu en totalité par Gaz de France, l’Etat ou d’autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public. » .

Etant donné que « les entreprises, ou organismes du secteur public », pouvant se payer les deux réseaux ne courent plus les rues, ( exception faite de la Caisse des dépôts qui a bien d’autres choses à faire), l’Etat devra mettre la main à la poche « vide… » ou réduire sa participation dans les deux groupes énergétiques français.

Grosso modo cela donnerait cela :
A ce jour, EDF est valorisée financièrement à 100 milliards d’euros (55 euros/action) - RTE de son côté pèse 7 milliards d’actif, mais sera sans doute valorisé près du double vu des financiers – Ce qui ferait approcher la part de l’Etat à près de 70 % après l’opération de séparation, soit le seuil fatidique de la participation de l’Etat dans le capital EDF. Faut donc que le cours de l’action du groupe EDF remonte aussi fort qu’il est tombé.

Car plus il sera faible et plus la Caisse des dépôts devra participer à l’opération…ou l’Etat se devra de faire modifier la loi de 2004, tout en respectant le caractère public de RTE rendu nécessaire par la Constitution. Du remue méninge et de la tambouille financière en perspective…

Côté Gaz de France, c’est plus clair, car l’Etat n’atteindrait même plus la minorité de blocage après une fusion devenue plus qu’hypothétique avec Suez. De toute façon, dans tous les scénarii de séparation patrimoniale, Gaz de France ne représenterait plus rien et c’est ce que dit clairement son PDG. Un assassinat d’une entreprise, rien de moins…


Il n'est si bonne compagnie qui ne se sépare dit le proverbe. En ce qui nous concerne, nous faisons tout pour qu'on ne vérifie pas l'adage, même au premier degré !!


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Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /Mars /2008 16:43

Décidément, avoir une entreprise verticalement intégrée n’est pas aussi juteux que ce que la Commission européenne veut bien faire croire. Après EON qui offre à la vente son réseau de transport d’électricité pour échapper, entre autre, aux fourches caudines de  Mme Kroes, voilà que le souffle du "fédéralisme européen" atteint RWE  qui lance l’appel à la constitution d’un GRT électrique européen. Il regrouperait les réseaux allemands, français et ceux du Benelux, mais sous conditions... RWE veut bien participer à cette opération à la condition qu’il obtienne 50% des parts...

La fermeté de la Commission européenne sur la séparation patrimoniale n’est sans doute pas étrangère à cette annonce intéressante mais un peu iconoclaste dans le débat actuel. Mais les gaziers sont à la manoeuvre. Il est inutile de rappeler qu'ils souhaitent avant tout garder leurs propres réseaux. On les comprend et on partage, car c’est vital pour eux, bien plus que pour les électriciens! 

A titre d’exemple, Eon (gaz/élec) compte bien installer son leadership gazier en Europe avec son partenariat privilégié avec Gazprom. Mais sans tuyaux… le Gaspard ! Alors se séparer d’un réseau électrique qui coûte aujourd’hui en maintenance comme en image après l’enquête sectorielle de la CE  et  qui, en plus, lui rapporterait à la vente quelques milliards précieux  au profit d’une relative tranquillité sur le GRT gaz: on appelle cela faire une pierre trois coups…

De son côté, RWE souhaite faire quelques acquisitions  bien plus rentables que la participation à la sécurité d’approvisionnement du pays. British énergy d’un côté pour le nucléaire civil interdit de développement pour l'instant en Allemagne, TGK 2 de l’autre et la perestroïka gazière… RWE se renforcerait en GB tout en regardant vers l’Est, un peu comme le fait son homologue Eon. 

Tout cela pour dire qu'en Allemagne les priorités ont changé. Faut dire qu’après l’annonce d’Eon vraisemblablement combinée par les services de Mme Kroes, Angela Merckel tente de reprendre la main… La Presse allemande s’est donc encore fait l’écho d’une 4eme voie qui peut se résumer simplement : Touche pas au gaz et on bricole sur l’élec... Et c'est RWE qui porte la bonne parole !

La Commission européenne reste prudente en découvrant cette nouvelle option. On la comprend. Car en regardant de plus près, RWE ne se découvre pas en annonçant aujourd’hui la vente de son réseau électrique ou l’achat de celui d’Eon qui aurait la préférence du gouvernement allemand. Donc rien de neuf au pays de Goethe. 
De notre côté, on estime que l’annonce de la création d’un GRTE européen n’est qu’un écran de fumée, qui au mieux tente de concilier la stratégie des 2 énergéticiens allemands et de leur gouvernement. Car si le Gvt Allemand porte fortement la 3eme voie, c'est qu'il souhaite avant tout garder quelques prérogatives sans pour autant nationaliser les réseaux. 

Sans se faire enfumer, on se permettra simplement de faire ce simple constat pragmatique et sans doute douloureux pour la CE: les milliards vont, une fois de plus, à la création d’oligopole plutôt qu’à la construction de nouvelles capacités. Le piège dogmatique de la séparation patrimoniale se referme donc petit à petit sur ses initiateurs. La séparation patrimoniale comme arme de compétition massive, n’est autre qu’une balle dans le pied…

 


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