Pour mieux comprendre

Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 12:33

Notre Président, qui a toujours le bon tempo médiatique, a annoncé avec opportunisme la construction d’un second EPR en France, quelques heures après la libération d’Ingrid Betancourt et quelques heures avant le Conseil énergie informel de l'UE. Ficelle d’une stratégie de communication largement utilisée outre-atlantique, le gavage médiatique, (un sujet chassant l’un ou dissimulant l’autre), permet de noyer le poisson par le remplissage du moindre espace média. La désertion de la Presse écrite par les lecteurs français faisant le reste, nous sommes désormais dans une machine infernale qui ne permet plus le débat serein, sauf au risque d'être en décalage de l’opinion publique.

 

Mais les spin doctors de Sarko ont oublié que le débat sur le second EPR devra quand même se faire... ne serait-ce que par la stricte application de la loi du 10 février 2000 qui invite dans son article 6 à un débat sur la PPI ( programmation pluriannuelle des investissements) dans l’année qui suit le renouvellement de l’Assemblée nationale. Alors, les candidats, déjà fort nombreux à la construction de cette nouvelle unité de production se devront d’attendre patiemment les conclusions parlementaires. Eh oui, nous sommes en démocratie !!!

 

Sur le fond, il y a sans doute beaucoup à dire. Si l’augmentation du parc de production électrique à l’horizon 2020 ne se conteste pas à la lueur des projections actuelles de RTE, les questions restent nombreuses autour de la technologie employée, de son implantation géographique et de la nature de l’exploitant. Si sur ce premier terme, le Président semble avoir tranché, il s’est bien gardé d’apporter sa vision aux deux autres éléments, attendant sans doute d’observer l’agitation des acteurs concernés pour fixer une ligne directrice à sa majorité. Car in fine, c’est bien elle qui décidera et qui en portera la responsabilité.

 

Les deux premiers éléments pragmatiques que je peux apporter à ce futur débat sont de nature basique. Le premier c’est que la technologie retenue par le Président nécessite pour son implantation géographique une source froide conséquente, ne serait-ce que pour des considérations techniques et économiques, et un raccordement au réseau; Le second, concernant le choix de l’exploitant, ne pourra se faire sur des considérations de sûreté d’une technologie, certes maîtrisée dans le monde par de très nombreux acteurs, mais qui se devra de répondre à l’inquiétude d’une opinion publique de plus en plus à la recherche du zéro défaut et de l’application du principe même de précaution inscrit depuis peu dans notre Constitution. A ce jeu, les différents acteurs ayant déjà signalé leurs prétentions, ne jouent pas dans la même cour. Certains n’ayant aucune expérience dans le nucléaire civil, d’autres quelques dizaines d’années et enfin un acteur dominant qui revendique avec raison, plusieurs dizaines de siècles d’exploitation avec ses 58 tranches.

 

Alors, quand le débat et le temps du choix viendront, il faudra bien plus qu’une libération d’une icône pour faire avaler la pilule d’une éventuelle décision qui ne serait pas partagée…

 



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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 08:50

Demain, la France débutera sa présidence européenne. Elle a inscrit le dossier énergie au rang des priorités.

Déjà de nombreuses réflexions ont été posées : le
rapport Mandil sur la sécurité énergétique, le mémorandum français sur l'énergie et celles de la Commission européenne.

C'est pourquoi la FCE CFDT a envoyé une lettre au futur président de l'Union qui vient de signer son CDD de 6 mois, pour lui faire part de nos réflexions sur la politique énergétique de l'Europe.

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pour la découvrir


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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 16:21

Luc Châtel, secrétaire d’Etat à la consommation et à l’industrie, a affirmé à une association de consommateurs européens, la BEUC, l’intention de la présidence française de l’Union de confirmer les tarifs régulés pour les particuliers au-delà de 2010 dans le domaine de l’énergie. Voir CdP ici.

Le tout étant dans la sémantique, rien n’indique aujourd’hui les intentions du gouvernement de faire rattraper les tarifs régulés des prix du marché. Mais rassurez-vous, il est peu probable qu’ils y arrivent, sauf à risquer une sanction électorale décoiffante en 2012…

De là à dire que le Gouvernement français défie la Commission européenne en la matière en devenant le Robin des bois européen, il ne faut pas non plus exagérer.. Eh oui, les intentions de la Commission européenne ont été clarifiées, il y a peu, lors de l’audition au Sénat de nos deux plus chers commissaires.

D’un côté Neelie Kroes qui affirmait à nos sénateurs, sans rire, que : 

«Je suis parfaitement consciente du fait que certains États membres sont en faveur du nucléaire alors que d'autres y sont opposés. Les consommateurs particuliers ne sont pas concernés par notre position. Nous contestons en fait les tarifs appliqués aux grands consommateurs industriels. Nous voulons empêcher la concurrence déloyale entre les grandes entreprises et les entreprises de tailles moyennes. »,   voir son audition du 29 avril 2008 

De l’autre, Andris Piebalgs qui leur disait :

« Sur une question connexe, les tarifs réglementés, j'ai déjà effectué une mise au point en décembre dernier au Palais Bourbon. Je le répète, la procédure d'infraction engagée contre la France ne concerne que les tarifs non domestiques ; autrement dit, elle ne touche en aucun cas les clients particuliers. Pour ces derniers, tout ce que je peux dire à ce stade est que la possibilité ouverte par la loi française à la réversibilité devrait inciter davantage de personnes à changer de fournisseur. C'est une bonne chose. », voir son audition du 17 avril 2008 

Concernant la BEUC, qui emprunte trop souvent par méconnaissance, une vision dogmatique basée sur le tout concurrence, elle se satisfait finalement d’un outil qui a fait ses preuves et qui est à mille lieux de ce qu’elle
préconise par ailleursPas classe l’action !!!


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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 10:15
La Fédération Chimie Energie de la CFDT (FCE-CFDT) regrette que le Parlement européen, en séance plénière à Strasbourg, ait rejeté le compromis proposé par la « troisième voie » au sujet du 3e paquet Energie. Alors que ce compromis, que soutenait la FCE-CFDT, était pourtant acceptable par l’ensemble des parties.  

La position, défendue par les tenants du dogmatisme libéral et les défenseurs du démantèlement des groupes énergétiques européens, aura donc pris le pas sur la nécessité d'investir et la sécurité d'approvisionnement. Car bien loin de servir les intérêts des consommateurs et la sécurité d’approvisionnement en Europe, la séparation patrimoniale obligatoire des réseaux ne pourra qu’accroître la financiarisation du secteur. C’est assurément le résultat auquel il faudra s’attendre, si le Parlement européen persiste dans son erreur.


Reste que ce rejet du Parlement européen peut déboucher sur le statu quo actuel : ce ne serait pas une catastrophe en soi pour de nombreux pays, et en particulier pour la France. La FCE-CFDT préfère une organisation qui a prouvé son efficacité, à l’aventure dogmatique désormais possible. 

 


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