Lundi 15 septembre 2008
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Alors que les prix de l’énergie s’envolent outre-manche, l’OFGEM, le régulateur britannique de l’énergie, vient de lancer une
consultation publique un peu particulière, afin de réduire les coûts d’acheminement, dans le cadre de
l’élaboration du prochain TURPE anglais.
Louables intentions vues du consommateur, alors que
les tarifs d’acheminement ne représentent désormais que 21 % des factures des ménages (4% pour le transport et 17% pour la distribution*)…
pour des factures globales qui ont plus que doublé dernièrement…
Sauf que « la régulation incitative » proposée s’intéresse aux retraites des employés du
secteur. Cette « lourde charge », qui représente quelques 440 millions de livres (550 millions €), se doit d’être réduite
en rognant, par exemple, sur les futures pensions à verser aux plus jeunes et en élaborant une tambouille financière pour les autres qui subiront, in fine, les mêmes inconvénients…
Ces bonnes idées, soumises
à consultation, ont eu le mérite de réveiller les organisations syndicales qui ont clairement répondu à cet acte de guerre par un autre acte de guerre: ils veulent désormais la tête du régulateur qui visiblement se moque du monde en tapant sur les salariés, alors que les
énergéticiens empochent de confortables plus-values. Nos amis et collègues dénoncent l’absence de la moindre réaction des pouvoirs
publics et « la complicité jugée troublante » de l’OFGEM responsables à leurs yeux, de l’explosion des prix de l’énergie…
Folie britannique qui ne traversera pas la Manche, direz-vous ? Sauf que le Président de l’OFGEM, Sir John Mogg, n’est autre que le Président d’ERGEG (Groupe des
régulateurs européens de l'électricité et du gaz qui conseille savamment la Commission européenne sur la séparation patrimoniale) et du CEER,
(le Conseil des régulateurs européens de l'énergie, gourou de notre CRE).
Bref, de là à dire qu’ils testeraient en GB ce qui vont nous pondre ici et d’ici peu… Il y a juste un tunnel entre nous… Mais vous aurez remarqué
que la CRE se propose, dans le TURPE 3, d’étouffer le programme de
sécurisation du réseau de RTE en différant l’objectif d’aboutissement aux calendes grecques… un peu ce qu’à fait l’OFGEM en son temps… avec les investissements sur les réseaux
britanniques…
*Ces tarifs bas sont le résultat de la décision autoritaire de réduire de plus de la moitié, prise dans les années 90, histoire de montrer que
l’ouverture des marchés avait une incidence favorable sur les prix … avec les conséquences que nous connaissons sur l’emploi et les investissements différés…
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Mercredi 10 septembre 2008
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16:24
Alors que le système énergétique britannique basé sur la concurrence « libre et non faussée » est cité comme référence à suivre dans
toute l’Europe, les syndicats de salariés
viennent de sortir une étude pour l’année 2007 qui mérite réflexion.
Les six compagnies privées qui se partagent le marché britannique de l'énergie, ont dégagé en 2007 près de trois milliards de
livres de bénéfices (4 à 5 fois plus qu’en 2003) à mettre en perspective avec la hausse de 42% en moyenne des
factures des ménages sur la même année. Il est fort probable que les
augmentations de 2008 dont vous avez pu constater la première vague, viendront grossir ces revenus.
Les conséquences sont désastreuses. D’après cette étude, ils estiment que
toute augmentation de 10% des factures plongent désormais 400 000 familles supplémentaires dans la pauvreté énergétique.
Chiffres validés de son côté par la fédération nationale des familles qui prévoit prochainement qu'1/4 de la population britannique
basculera dans la pauvreté énergétique... (voir nos différents articles : mars 2008, par
exemple)
Ils s’inquiètent donc ouvertement des conséquences pratiques pour cet
hiver et vilipendent les compagnies privées tout comme le régulateur national ( l’Ofgen), responsable à leurs yeux de la faillite du système.
De son côté, l’Ofgem
tente d’expliquer l’augmentation des prix de l’électricité en chargeant la responsabilité du marasme ambiant sur l’évolution des cours du pétrole ( et
donc du gaz). Certes, en partie, mais pourquoi les profits de ces compagnies augmentent-ils tout aussi significativement ?
Lire aussi : la "fuel poverty" progresse en GB sur : énergie 2007
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Jeudi 10 juillet 2008
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16:46
Mariage de raison ou d'amour ???
On l’attendait et cela semble arriver. Les Allemands veulent tirer les leçons de l’incident du 4 novembre, en souhaitant s'orienter vers un GRT unique(
il y en a actuellement 4), à l’occasion sans doute de l’opportunité de la vente du réseau d’Eon et de l’agitation bruxelloise.
Regroupant les réseaux dans une société unique dont le tour de table capitalistique reste à définir, ce GRT serait visiblement rattaché à RWE. De
quoi étouffer de rage les promoteurs de la séparation patrimoniale...
Sans doute également une opportunité pour RTE d’aider à la création d’un tel GRT unique... Nous avons tant d’expériences à
partager !!!
Ici CdP de RWE
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Mercredi 9 juillet 2008
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14:52
En adoptant ce midi le projet de
directive gaz avec ses amendements, le Parlement européen vient d'ouvrir une issue possible à l'intégration de la 3eme voie.
Certes, le texte adopté, par une très large majorité parlementaire (579 Pour / 80 et 52 abstentions), n'est pas le reflet exact de la troisième voie adoptée par le
Conseil européen. Mais il permet de garder une entreprise verticalement intégrée, sous conditions plus drastiques, avec par exemple
:
Une sanctuarisation de l'organe dirigeant du GRT, avec un directoire protégé de l'entreprise verticalement intégrée en matière de nomination, de débarquement mais aussi d'intérêts
professionnels. Mais avec des conditions strictes: pas de poste 5 ans avant et 5 après dans le groupe intégré.
Des dispositions qui s'élargissent aux salariés du GRT (pas d'intérêts avec le groupe verticalement intégré : ex exit les actions gratuites et l'intéressement lié aux résultats du
groupe).
Un administrateur indépendant doté d'un droit de veto et nommé par le régulateur qui vérifiera si c'est bien les intérêts du GRT qui sont mis en oeuvre et si le GRT investit
suffisamment.
Une clause de révision qui permettra à l'agence européenne des régulateurs d'évaluer l'indépendance des GRT et éventuellement de proposer des dispositions contraignantes 7 ans après
l'adoption de la directive.
...
Bref, au-delà du texte adopté, cela prouve au moins que le parlement veut bien discuter autour de la 3eme voie avec le Conseil européen. Cela ouvre donc un cycle de négociation
pour que les directives soient adoptées d'ici la fin de l'année.
Mais d’ores et déjà, Gaz de France peut prétendre à garder son GRT… au moins pour réaliser la fusion avec Suez !!!
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