Pour mieux comprendre

Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 12:09

Autre lieu, autres mœurs, le Gouvernement espagnol, qui est confronté aujourd’hui à une grève générale contre la réforme du marché du travail, a reconnu ce matin l’étendu de la mobilisation en s’appuyant, pour la première fois,  sur la chute impressionnante de la consommation d’électricité dans le pays

 

En effet, les premières estimations font part d’un écart de 4500 MW par rapport à une journée normale…soit d’après les premiers chiffres du ministère –20% dans l’industrie et –10% sur l’ensemble du pays.

 

Les syndicats affirment que la grève était suivie "à plus de 70%" et par plus de 10 millions de salariés.

 

Faut-il y voir l’affichage de nouveaux indicateurs ?

 

Après le nombre de grévistes dans la fonction publique, le nombre des manifestants par la police et le nombre des manifestants par les OS, voilà la consommation d’électricité...

 

Ici on rappelle que la chute de consommation est la résultante de la chute d’activité et peut ainsi être l’image de la mobilisation d’une grève interprofessionnelle.

 

En aucun cas, on ne prétend que c’est un indicateur de participation aux manifestations. Cet indicateur permet simplement de crédibiliser ou pas… un discours autour de la progression ou d’un recul d’une mobilisation !   Rien d’autre ….

 

 

https://demanda.ree.es/demanda.html

 

 

 

 


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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 08:00

D’après les Echos de ce matin, GDF-Suez vient de faire part au Gouvernement de son retrait du projet EPR de Penly. Un beau pavé dans la mare...

Effet du projet de loi NOME qui pousse les concurrents d’EDF à plutôt se servir du dispositif de l’Arenh au lieu d’investir (démonstration faite !), retard sur Flamanville 3 avec envolé des coûts du premier prototype français, prédominance d’EDF dans l’équipe française du nucléaire issue du rapport de François Roussely renvoyant GDF-Suez à ses tuyaux... ou tout à la fois, le deuxième EPR français annoncé en grande pompe par Nicolas Sarkozy en janvier 2009 vient de voir un de ses principaux contributeurs (33%-8 pour Total) prendre le large.

Il faut sans doute y voir aussi une analyse politique du groupe de Gérard Mestrallet sur les chances de reconduite à la frontière de l’Elysée en 2012 de notre champion des sondages, date à laquelle le 1ER béton de Penly devrait couler…. En effet, il est fort probable que cette tranche nucléaire sera l’objet d’une attention soutenue des partenaires écologistes dans le cadre d’un accord de gouvernement. Et compte tenu qu’il n’y a pas que les éoliennes qui ont le vent en poupe… Gérard a tranché… sur la tranche…  au dernier moment où il pouvait le faire… Habile mais pas chevaleresque… Bienvenue dans la vraie vie !!!

Vous vous souvenez de la position que j’avais exprimé à l’époque sur la décision du président de la République qu’il avait pris, seul, sans débat :  « Nous n'avons pas besoin d'un deuxième EPR pour arriver à l'équilibre entre l'offre et la demande d'ici à 2020 en France ».Cette position, elle aussi tranchée,  prenait en compte le pire des scénarii du Grenelle et rappelait que le nucléaire n’a pas la vocation de répondre aux pointes de consommation électrique dont les niveaux restent la principale préoccupation … Avec le sabordage du Grenelle sur le volet « incitation fiscale aux économies d’énergie », je reste persuadé qu’il reste pas mal de grain à moudre sur la maitrise des pointes et qu’Erdf, (associé à RTE), doit se concentrer sur ce projet industriel motivant et efficace pour la collectivité plutôt que de mobiliser de l’énergie et de l’argent sur d’autres prétentions à vocations purement financières…

Mais il est fort probable que dans les heures qui vont venir, notre Président va confirmer la construction de Penly 3, malgré le bras d’honneur de Gérard. Charge à EDF à trouver un nouveau tour de table dans des conditions déplorables pour négocier ou… à renforcer son endettement futur. Il y a, sans doute là, de quoi alimenter le débat parlementaire qui va s’ouvrir sur NOME au Sénat lundi prochain, pour proposer une alternative industrielle à l’Arenh… Dans de telles conditions, je ne vois pas pourquoi les gestionnaires de réseau n’étudieraient pas cette opportunité nouvelle pour faire leurs emplettes de kWh en vue de compenser les pertes réseau de 2017 à 2077 en signant un contrat d’approvisionnement long terme gagnant/gagnant, dit "contrat à participation"… Vous voyez, le cynisme vient jusqu’ici...

Enfin et pour terminer sur l’ironie de l’Histoire, l’annonce de la construction de Penly 3 en partenariat avec GDF-Suez, avait été faite le 29 janvier 2009, jour d’une manifestation qui avait mobilisé 2,5 millions de personnes dans les rues en faveur du pouvoir d’achat…

Il est indispensable qu’en ce jour du 23 septembre 2010 où GDF-Suez bat en retraite sur Penly, que des millions de personnes battent le pavé en faveur d’une retraite plus juste, pour confirmer que l'Histoire repasse toujours les plats !!!

 

 


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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 17:58

L’association des traders d’énergie (EFET) est à la manœuvre sur NOME. Pour certains d’entre eux, c’est bien entendu une question de survie ; ils s’inquiètent sur la disposition phare du projet de loi qui conduit un transfert de volume conséquent du marché vers l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) proposé par NOME. A leurs yeux, cela réduirait la liquidité du marché et pousserait de fait les prix du marché à la hausse.

 

Leur réquisitoire peut se résumer en une phrase : Un dispositif complexe, voire illégal, pour les clients qui peuvent éventuellement gagner d’un côté, mais qui risquent certainement de perdre, de l’autre… 

 

Ce n’est effectivement pas dénué de fondement. Mais rassurez-vous, l’EFET a plus d’un tour dans son sac et plante ses banderilles.

 

En effet, pour réduire ce risque, ils proposent au contraire que les volumes de l’Arenh (au max 140 TWh) passe par le marché, avec la mise en œuvre de couvertures financières en faveur des éligibles au dispositif. Ainsi les écarts entre prix du marché et prix régulés seraient compensés par des assurances… Le mécanisme est astucieux mais devinez qui proposerait de tels contrats (voir ici les membres de l’association) avec, certainement à la clé, la création d’un marché dérivé sur les couvertures… Cela ne vous dit rien ?

 

Par ailleurs, dans leur missive adressée cet été à la Commission européenne, ils tirent à boulets rouges sur le reste des tarifs règlementés (cela fait toujours du bien de lui rappeler) et la possibilité donnée aux gestionnaires de réseaux, d’accéder pour une part non négligeable de l’achat de leurs pertes aux conditions de l’Arenh. Sans le démontrer, ils tentent de faire croire que cette disposition ne sera pas avantageuse pour le consommateur final… et rappellent « gentiment » à la Commission que cette disposition n’est pas conforme aux directives qui imposent l’achat des pertes sur le marché…

 

Effectivement le projet de loi, tel qu’il est écrit pose deux problèmes majeurs de compatibilité aux textes européens. Celui souligné par nos traders et un qui ne résistera pas aux foudres bruxelloises sur une clause de destination introduite dans le texte (Nome donne l'accès à la production nucléaire pour la revente d’énergie sur le territoire français), interdit par le traité de l'Union européenne dans son article 81 ; Le texte proposé jusqu’ici est donc pernicieux sur ce plan là car personne n’imagine que cette impasse soit faite inconsciemment par le gouvernement français… Eon et GDF-Suez ont été condamnés lourdement par la Commission européenne sur des clauses de destination quelque peu similaires en juillet 2009… Bref, cette restriction législative sautera d’une façon ou d’une autre... sous l'applaudissement des aficionados.

 

Nos traders viennent donc ici grossir les rangs des dubitatifs de la bien « Nomée » qui sera en discussion au Sénat à la fin du mois. Mais ils comptent bien participer à la corrida.

 

C’est pourquoi, ici nous espérons, sans trop d’illusions, que la sagesse légendaire de nos sénateurs sera éclairée par ce qui existe déjà en terme d’accès au « sourcing nucléaire » depuis des décennies avec les contrats long terme (centrales à participation qui n’a rien à voir avec l’ouverture du capital des centrales) et qui a le triple mérite :

 

 * de favoriser la « liquidité » des investissements, en gardant un exploitant unique des centrales,

 * de limiter les hausses tarifaires (Turpe) par la participation des gestionnaires de réseau au dispositif,

 

tout en étant aisément euro-compatible…

 

Bref, une vision industrielle de la problématique.

 

Malheureusement, histoire de ne pas se fâcher avec le Gouvernement, les sénateurs de la majorité se proposent de renvoyer cette option quand l’heure de payer les prolongations des centrales nucléaires viendra... sans doute d’ici 5 ans…

 

 

Encore une occasion ratée… Olé !

 

 

 

 

 


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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 17:30

L’augmentation impressionnante des prix réglementés de l’électricité au cœur de l’été et qui va pénaliser un pouvoir d’achat déjà malmené, n’est malheureusement rien face à ce qui attend les Français dans quelques mois avec les conséquences du projet de loi NOME, en cours de discussion au Parlement.

 

Ce projet de loi, dans sa rédaction actuelle imposée par le Premier ministre, va réduire une des principales sources financières  (nucléaire) qui permettait jusqu’ici d’arriver à un tarif réglementé acceptable sans plomber les comptes du groupe EDF. Avec Nome et pour les prochaines années, nous aurons à chaque été un refrain encore plus cruel pour nos concitoyens ! N’était-ce pas le Président de la CRE, himself, qui annonçait des augmentations "Nomées" de 7 à 11% ?

 

Il faut donc que le bon sens reprenne tous ses droits. L’électricité est un produit industriel vital pour le développement de nos sociétés ; La Puissance publique doit favoriser le partenariat industriel sur le long terme plutôt que la compétition de casinos !

 

Car les économistes, ceux qui ont poussé à la libéralisation et qui tentent de faire croire que c’est uniquement la reprise des investissements qui génère cette augmentation structurelle des prix, sont frappés d’amnésie. Certes, il est nécessaire de financer le « mur » d’investissement qui nous attend, que ce soit en matière de production comme de réseau.

 

Mais ils oublient de dire que la libéralisation a fait pousser les prix à la hausse de l’électricité et, associée à l’ouverture du capital du groupe EDF, a rempli les caisses de ses actionnaires plutôt que d’assurer les investissements nécessaires… Combien de milliards d’euros distribués ? … pour une augmentation de capital et une capitalisation boursière réduite à néant par le boursicotage. Le dividende reste un choix de l'actionnaire entre distribution des dividendes ou investissement...Et qui est l'actionnaire principal ?

 

Ils oublient de dire que ceux qui ont choisi de faire appel au marché en sont pour leur frais et a ainsi plombé la compétitivité de ces entreprises françaises. A titre d’exemple,  les deux plus gros consommateurs d’électricité que sont Erdf et RTE ont du faire face à un doublement de leur facture énergétique pour compenser les pertes techniques sur les réseaux. Qu’en est-il pour les autres ?

 

Rien que pour RTE et Erdf, ces augmentations de charges ont justifié la hausse des tarifs d’acheminement, le Turpe 3 (50% du tarif réglementé). Mieux, sans s’endetter à outrance, le programme d’investissement de RTE aurait pu se financer… sans augmentation du tarif…

 

Nous invitons donc les parlementaires à reprendre le travail législatif afin d’accompagner une démarche industrielle plutôt que d’être à la remorque d’une vision dépassée de la libéralisation de l’électricité qui a clairement montré son inefficacité pour la collectivité sur la quasi-totalité des plans. Il existe d’autres solutions plus efficaces pour l’économie, pour l’emploi et plus respectueuses de l’environnement et du porte-monnaie des Français !!!

 

 


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