Mercredi 22 mars 2006

Le sommet des chefs d’Etat européens qui débutera demain promet d’être chaud.

Alors qu’ils devraient s’attacher à bâtir une vraie politique énergétique pour faire face aux défis d’une crise énergétique annoncée, il est fort probable que ceux-ci se crêpent le chignon sur les OPA ou fusions en tout genre.

Côté diplomatique, l’Italie, dont les élections législatives approchent, a passé son temps à faire le tour des capitales européennes afin de trouver des soutiens pour dénoncer le protectionnisme français. Elle a visiblement échoué malgré le soutien de la Grande-Bretagne, du Danemark, de la Finlande, de la Suède, de la Slovaquie et d'autres pays d'Europe orientale. Mais nos amis italiens ne vont pas en rester là...

Côté des opérateurs, c’est loin d’être inerte. EON annonce « la fin du marché commun » si la Commission européenne ne réagit pas aux dispositions réglementaires récentes de l’Espagne pour barrer la route à son OPA sur Endesa. Quant à ENEL, elle se dit fin prête à son OPA hostile sur Suez, OPA qui devrait intervenir dans les heures ou dans les semaines qui viennent suivant les sources...

Ce joyeux bazar a un avantage certain. Il permet de dissimuler le triste bilan de l’ouverture des marchés de l’énergie.

Alors que les électriciens européens avaient pendant de longues années, construit une vraie solidarité entre eux en faveur de la sécurité d’approvisionnement, les voilà désormais de plus en plus ennemis par la logique de la concurrence. La loi du marché favorise le plus fort : il faut donc être le plus fort en avalant son collègue…

Le pouvoir rend fou. Le pouvoir absolu du marché, rend absolument fou

Que font les citoyens européens dans cette guerre fratricide ?  Ils payent ! Et les salariés de ces industries : ils vont payer une fois de plus…

Quel gâchis !

Par Patrick Larradet - Publié dans : Pour mieux comprendre
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Lundi 20 mars 2006

Découvrez le poids des uns et des autres.

Vous comprendrez ainsi le monopoly qui se joue...

1 - EDF (France): capitalisation de 81 milliards et 51 milliards de chiffre d'affaires

. actionnariat: 87,30% du capital détenu par l'Etat français, 10,8% par les particuliers et institutionnels, 1,70% par les salariés.

. principales participations dans d'autres groupes énergétiques en Europe: EnBW en Allemagne, Edison en Italie, Groupe Atel en Suisse.

2 - E.ON (Allemagne): capitalisation de 65,5 milliards et chiffre d'affaires de 56,4 milliards.

. actionnariat: la totalité du capital est cotée et aucun actionnaire n'a plus de 5%.

. participations: seul actionnaire étranger de Gazprom en Russie (environ 6,5%). Il détient une myriade de participations dans des sociétés hongroises, tchèques, slovaques, dans les Etats baltes et aux Pays-Bas.

3 - Enel (Italie): capitalisation de 43,9 milliards et chiffre d'affaires de 34 milliards.

. actionnariat: l'Etat italien détient environ 32,3%. Les autres actionnaires sont des fonds d'investissement, de pensions et des compagnies d'assurance. Seul l'assureur Generali dépasse la barre des 2% (2,005%).

. participations: 66% de Slovenske Elektrarne en Slovaquie, 51% des sociétés roumaines Electrica Banat et Electrica Dobrogea, propriétaire en Bulgarie de la centrale Maritza East III. Gère une centrale à Saint-Petersbourg avec le russe ESN Energo.

4 - Suez (France): capitalisation de 43,02 milliards et chiffre d'affaires de 41,5 milliards d'euros (dont 30,40 milliards dans l'énergie). Ces chiffres n'intégrent pas Electrabel, acquis en 2005, dont la capitalisation est de 23,35 milliards et le chiffre d'affaires de 12,21 milliards.

. actionnariat: le premier actionnaire est Groupe Bruxelles Lambert (Albert Frère) avec 7,2%, puis les salariés (4,2%), Crédit Agricole (3,7%), Caisse des dépôts (3,1%), Cogema (2,2%), CNP Assurances (1,6%), Caixa (1,5%), Sofina (1,2%). Le public détient 74,5%.

. participations dans la Compagnie nationale du Rhône (25%) et des sociétés en Italie, Hongrie, Pologne et Turquie notamment.

5 - RWE (Allemagne): capitalisation de 40,9 milliards et chiffre d'affaires de 41,819 milliards (dont 37,532 milliards dans l'énergie).

. actionnariat: les actionnaires communaux représentent 31% du capital.

. participations: 100% dans Thames Water et n-power en Grande-Bretagne, American Water Works aux USA, Transgas en République tchèque, Priseda en Espagne. 99% de Stoen (électricité) en Pologne, une série de participations en Hongrie.

6- Endesa (Espagne): capitalisation de 30 milliards et chiffre d'affaires de 18,22 milliards.

. actionnariat: le premier actionnaire est la caisse d'épargne espagnole Caja Madrid (9%), devant la Société publique espagnole des participations industrielles (SEPI, 2,9%) et la Caisse d'épargne La Caixa (2%).

. participations: 65% de la holding chilienne Enersis, qui contrôle la plupart de ses filiales en Amérique latine dans le secteur énergétique. En Europe, il est présent en Italie et détient en France 65% de la Société nationale d'électricité et de thermique (Snet).

7 - Gaz de France (France): capitalisation de 29,3 milliards et chiffre d'affaires de 22,39 milliards.

. actionnariat: l'Etat détient 80,2% du capital, public et institutionnels 17,5% et salariés 2,30%.

. participations: dans des sociétés britanniques, espagnoles, néerlandaises et ivoiriennes.

8 - Iberdrola (Espagne): capitalisation de 24,9 milliards et chiffre d'affaires de 11,73 milliards dont la quasi-totalité dans l'énergie.

. actionnariat: Caisse d'épargne basque BBK (7,5%) et Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA) avec 5,4%.

. participations: fortement implanté en Amérique latine, notamment au Mexique, Brésil et Guatemala. En Europe, il détient 49,9% du grec Rokas (énergie éolienne).

 

Par Patrick Larradet - Publié dans : Pour mieux comprendre
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Jeudi 16 mars 2006

Alors que les milliards voltigent dans les OPA et fusions en tout genre dans le secteur énergétique, alors que la Commission européenne réfléchit à mettre en œuvre plus de libéralisme pour asseoir définitivement la concurrence qui manifestement ne peut répondre aux attentes des consommateurs, des millions de foyers britanniques peinent à payer leurs factures d’énergie gonflées par l'envolée des prix : encore une expérimentation hasardeuse de l’ouverture totale du marché que l’on compte imposer à tous les ménages européens le 1er juillet 2007.

 

En effet, d’après une étude publiée cette semaine et réalisée par le Fuel Poverty Advisory Group, une organisation qui défend les intérêts  des ménages. deux millions de foyers en Grande-Bretagne ont d'énormes difficultés à régler leurs factures de gaz et d'électricité, contre un million en 2003.

 

De son côté, EnergyWatch, un organisme indépendant de surveillance du secteur de l'énergie, jugeait "inévitable" que la hausse des prix de gros se répercute sur les consommateurs via une nouvelle vague de relèvement des prix du gaz et de l'électricité.

 

En effet, le premier distributeur de gaz au Royaume-Uni Centrica a augmenté de 22% ses tarifs du gaz et de l'électricité à compter du 1er mars. Cinq autres acteurs majeurs du secteur ont monté leurs prix depuis le début de l'année, dont EDF et Powergen (voir animation).

 

Certes, plusieurs raisons expliquent la cherté du gaz britannique. Les champs gaziers de la mer du Nord vieillissent et ne produisent plus autant qu'avant, obligeant le Royaume-Uni à importer davantage.

 

Mais les profits records des entreprises du secteur devraient aussi les faire réfléchir….

 

 

                                             

Par Patrick Larradet - Publié dans : L'absurde libéralisation
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Mercredi 15 mars 2006

A la lecture de la Presse et à 10 jours de l’échéance, la star’academy reprend de plus belle pour nommer le successeur de Jean Syrota à la Commission de régulation de l’énergie.

L’administrateur salarié d’une entreprise qui est fortement sous la coupe de la CRE que je suis, est légitime à espérer une chose: C’est que le futur Président ou future Présidente de la CRE redonne à cette commission son rôle qui est d’assurer la régulation du secteur énergétique en France : Faire appliquer la loi, donner des avis et faire des propositions pour le secteur énergétique, tout cela au service de la collectivité…

Car  l’un des reproches que je peux faire à Jean Syrota, c’est d’avoir cantonner le rôle de la CRE sur le volet concurrentiel. En effet, il a quasiment transformé la CRE en Conseil de la concurrence bis (autorité de régulation qui existe par ailleurs). Il n’y a qu’à voir l’ensemble des éléments de langage formulé par la CRE depuis quelques années …Le lobbying intense de Jean Syrota pour faire tomber les tarifs régulés est un modèle dans le genre : Concurrence pour concurrence….

J’invite donc le Président de la République à nommer une personnalité qui sache offrir à la CRE une perspective autre que celle jusqu’ici proposée. La législation française sur le secteur énergétique institutionnalise certes la concurrence mais avec un minimum (...) de respect des textes fondateurs qui fait que le Service public est un des piliers de notre République.

A ce que je sache, le mot « concurrence »

ne fait pas partie de notre Constitution.

Le Service public : Oui !

Par Patrick Larradet - Publié dans : A la Une
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Mardi 14 mars 2006

D'après notre agence de renseignements, le patron d'Enel était l'invité de Pierre Gadonneix dimanche dernier au Stade de France.

Il est vrai que la Belgique ne participe pas au tournoi des six nations...

 

Par administrateur - Publié dans : Un peu d'humour !
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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2009
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