Pour mieux comprendre

Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 16:52

L’Histoire a toujours eu plein de vertus. Outre le fait que nos sociétés humaines se sont construites et ont progressé sur le fruit de l’expérience des aînés, l’Histoire permet aussi de deviner l’avenir. Pour une raison simple, l’Homme descend du singe, et soit par fainéantise, soit par l’application stricte du principe de Peter, soit par manque de courage voire par absence de vision ou tout à la fois,  il singe trop souvent ses congénères…

 

 

C’est pourquoi, il serait sans doute utile de rappeler le coup de l’acheteur unique avant la fin de la présidence française de l’Union…pour vous éclairer !

 

 

Pour résumer, début 1996, la France avait élaboré une contre-attaque aux propositions de la Commission européenne de l’ATR (accès des tiers au réseau) en inventant le concept de l’acheteur unique. Une troisième voie était née, en quelque sorte, entre le statu quo et l’ATR.

 

 

Compte tenu des pressions continues des agents et des parlementaires français, la négociation autour de cette troisième voie avait abouti à l’introduction dans la directive de l’option de l’acheteur unique  (art 18 de la directive 96/92/CE). Retour triomphant des négociateurs devant l’Assemblée nationale. Mais en regardant de plus près, : victoire à la pyrrhus, car les conditions de la mise en oeuvre de l’acheteur unique, vidait de son sens l’intérêt de l’option âprement discutée…

 

 

De là à dire que l’Histoire va nous repasser les plats, il y des conclusions que nous ne retiendrons pas avec le sérieux qui est le nôtre. Mais il est toujours bon de l’avoir en tête…

 

 

Car, rien ne nous empêche de résumer… un peu, la situation… malicieusement, bien entendu :

 

1996 = Statu quo ; ATR négocié ; ATR réglementé ; Acheteur unique.

2008 = Statu quo ; ISO ; séparation patrimoniale ; ITO (3eme voie).

 

 

1996 et 2008 : même combat ? Pas si sûr !!!

 

 

Rassurez-vous : l’ATR négocié qu’à retenu la France associé à un Turpe correctement rémunérateur, permet aux financiers qui tirent les ficelles de quelques marionnettes se disant « éclairées », de préserver le caractère intégrée du groupe EDF pour des intérêts bien compris !

 

 

Sauf, qu’avec un Turpe inadapté et une pseudo réussite d’une négociation sur la troisième voie… nous perdons un allié, de poids ! Nous serons donc obligés de passer à autre chose…

 

 

Alors, ce petit éclairage, vous amènera sans doute à comprendre pourquoi la FCE-CFDT s’est lancée dans le débat turpéien. N’oubliez jamais que c’est RTE et son réseau de transport en monopole qui confère la solidité juridique du caractère public d’EDF !

 


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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 07:15
La sécurité d'approvisionnement de l'Europe en électricité semble se détériorer d'après l'étude publiée ce matin par Capgémini.
                                   
                                            

 

 

Selon Capgémini, les marges de production, à la pointe ont reculé à 5,3% contre 7,6% en 2006, frisant ainsi le seuil minimal de 5%.           
Mais il y a une certaine disparité en Europe. Au rang du fond de la classe, il faut noter la présence de la France avec une marge réelle négative, de l'UK,  où elle a chuté de presque 6 points en un an, et de l'Allemagne divisée par 2...      
En cause le caractère intermittant de l'éolien, "pas toujours disponible en période de pointe" et le Kd ( coef de dispo) du nucléaire en France comme en Angleterre.       
Bref, faut-il rappeler que "Les pays européens doivent investir 1.000 milliards d'euros dans les infrastructures au cours des 25 prochaines années" pour assurer la sécurité d'approvisionnement !!!                
Et comme nous l'avions signalé dans un article précédent,  la crise économique et financière risque de "freiner ou d'arrêter les investissements".        
Si cela se vérifie à l'occasion de l'examen de la PPI, auquel nous allons participer, il serait temps de stopper les C... avec une politique énergétique européenne uniquement basée sur le dogme de la concurrence et avec la gestion financière de court terme des entreprises qui distribuent des milliards précieux pour les investissements, en dividendes qui ne rapportent rien à l'économie réelle !!!
      

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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 18:39

Paul Magnette, ministre belge de l’énergie, avait-il finalement raison ? Après avoir jeté un pavé dans la mare en dénonçant l’augmentation vertigineuse des prix de l’électricité, il avait essuyé des attaques en règle sur sa proposition de re-réguler provisoirement les tarifs. Sur l’aimable pression de ses collègues du gouvernement et après la colère du Baron, il avait mis un peu d’eau dans son vin... Reste qu'il est surprenant qu'un gouvernement démocratiquement élu accepte une telle intrusion d'une entreprise privée sur les affaires publiques... Imaginez les conséquences politiques d'EDF privatisée !

 

Sauf que sur le fond, la vision de Paul vient d’être renforcée par un rapport de l’OCDE. L’inflation constatée en Belgique est supérieure à 2 % à ses homologues (5% pour 3 en moyenne sur la zone euro). Ces chiffres confirment l'écart déjà observé en depuis quelques mois. L’OCDE, anti-keynésienne génétiquement parlant, met principalement en cause l'évolution du marché de l'énergie dans ce pays. Pire,  la quasi-totalité de l’écart : c’est la tension sur les prix de l’électricité, dit-elle… Tension qui va sans doute se perpétuer mais qui ne se résorbera pas avec sa recette préférée : plus de concurrence !

 

 En effet, une autre officine qui défend la dérégulation du secteur, l’AIE (agence internationale de l’énergie) prévoit, comme nous l'avions fait dans nos colonnes,  un impact non négligeable de la crise financière sur les investissements dans le domaine énergétique ; Faut dire que face au mur d’investissement nécessaire dans le monde pour les prochaines années (26 000 milliards de dollars d'ici 2030), difficile de faire le coup du nuage de Tchernobyl pour le secteur…

 

Mais l’agence a tout prévu. Elle tente de rassurer en prétendant que tout cela n’est que conjoncturel ; Oui, le pétrole va bientôt refranchir le seuil des 100 dollars pour atteindre 200 et les perspectives à long terme dans le domaine électrique seront sans doute aussi « favorables » ; Les prix élevés permettront donc les investissements dans l'exploration des énergies fossiles et la construction de centrales!

Ouf, nous avons presque eu peur…
Reste qu'ici, nous partageons l'objectif de l'AIE sur la nécessité impérieuse de décarbonner nos économies !

 

Quoi qu’il en soit, la volatilité des prix de l'énergie sur une tendance haussière reste confirmée, partout dans le monde.

En France, c'est du pain sur la planche pour notre Commission Champsaur…


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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /Nov /2008 17:10

Pendant les travaux, la vente continue : Petit scoop : Kroes qui est chargée de regarder le dossier de British énergy d'ici la fin de l'année, va prochainement engager des procédures d’infractions  contre les Etats membres n’ayant pas correctement transposé la dernière directive, en particulier sur le volet de la séparation juridique et comptable des gestionnaires de réseau. Ces plaintes n’aboutiront pas avant quelques mois. Il faut y voir un simple testament destiné à la prochaine Commission qui sera issue du scrutin européen de juin prochain. Car de toute façon, cette Commission est discréditée sur sa politique.

En effet, une nouvelle épine dans les pieds de nos commissaires risque de lancer le débat que nous espérons. La Slovaquie vient de rejoindre la proposition du ministre belge de re-réguler les prix du marché. Ciblé, le gazier national, dont quelques actionnaires (GDF et Eon) proposaient d’augmenter les prix jusqu’à 24%. Et suite aux augmentations précédentes, le gouvernement envisage éventuellement de renationaliser complètement la compagnie. G. Mestrallet appréciera. A surveiller…de près !

Finalement et petit à petit, les Etats membres, commencent donc à se poser les bonnes questions. Mieux vaut tard que jamais. Ils réagissent avant tout, aux conséquences très concrètes de l’évolution des prix de l’énergie sur leur croissance, opinion publique aidant. Le pétrole, produit spéculatif par excellence, c’est une chose sur laquelle ils n’ont peu de moyen. Mais l’électricité et le gaz…

Alors, c’est pourquoi, la France, de son côté, se dote d’une Commission pour réfléchir autour des tarifs de l'électricité.

Paul Champsaur, abonné à l’exercice (il
avait officié en 99), la présidera. Composée de 4 Parlementaires, de membres de cabinet ministériels, de l’Administration et "d’experts", ils seront chargés de remettre un rapport à la sortie de l’hiver, pour éventuellement réformer la structure tarifaire.

Le gouvernement n’ayant pas jugé utile (jusqu’à cette heure…) la représentation des salariés dans cette instance, il est fort probable qu’il faudra se contenter d’être auditionnés…


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