L'absurde libéralisation

Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /Fév /2006 19:19

Autre façon de prouver que les prix de l'électricité augmentent en Europe, malgré ce que veut bien dire la Commission, il suffit d'examiner les comptes des producteurs.

En attendant la publication de ceux d'EDF (encore un peu de patience: vous allez être surpris) examinons ceux de Suez :

"SUEZ ENERGIE EUROPE 2005

 

                            Au 31 déc.  Au 31 déc.   Variation  Croissance

(en millions d'euros)     2005         2004         brute       interne
                              IFRS         IFRS
                             14 193      12 896        10,1 %        3,9 %

   - Electricité
Les ventes d'électricité ont augmenté de 643 M EUR, ce qui représente une
croissance interne de 8,4 %. Au 31 décembre 2005, ces ventes ont atteint
145,3 TWh, notamment 65,4 TWh en Belgique (en baisse de 4,3 TWh), 47,1 TWh à l'extérieur de la Belgique (en progression de 3,6 TWh) et 32,8 TWh sur le
marché européen de gros (en progression de 7,4 TWh).

Commentaire : Les volumes de ventes augmentent de 4%, le résultat de 8,4% (10% - chgt périmetre) ... continuons...

- En Belgique, le total des produits d'exploitation est en baisse de
5,5 %. L'impact de l'ouverture totale des marchés de l'électricité en Flandre
(et dans une moindre mesure celui lié à la déréglementation partielle à
Bruxelles et en Wallonie depuis le 1er juillet 2004) a été en grande partie
compensé par la hausse des prix liée à l'augmentation des prix des
combustibles
. Ils ont perdu des clients mais merci l'augmentation des prix, continuons...


- Aux Pays-Bas, les ventes d'électricité ont progressé en volume de 6,4 %
dans un contexte généralisé de hausse des prixPas possible....


 - Dans le reste de l'Europe, les ventes en France, en Allemagne et en
Italie ont affiché des croissances internes de 40 %, 23 % et 37 %
respectivement grâce à l'effet combiné de la signature de nouveaux contrats
industriels (Berlin, Ford, City Works, etc.), du démarrage de l'unité de
Torrevaldaliga (Italie) en mars 2005 et de l'augmentation des prix. encore elle....

- Et avec le gaz, Les ventes en gros réalisées dans le cadre de la politique
d'optimisation du parc de production et du portefeuille de contrats de
combustibles d'Electrabel sur le marché européen se sont chiffrées à 1 428 M
EUR au 31 décembre 2005, comparativement à 992 M EUR(4) au 31 décembre 2004
(32,8 TWh au 31 décembre 2005 contre 25,4 TWh au 31 décembre 2004).

calcul simple :

effet volume : +30%

résultats : +40%"


Tout va bien !!!! la libéralisation des marché profite aux producteurs. Mais d'où vient l'argent ??? de la poche du consommateur, bien sûr...

 

 

 

 


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Vendredi 27 janvier 2006 5 27 /01 /Jan /2006 14:56

Dans son rapport de novembre 2005, la Commission européenne affirme que la libéralisation du secteur de l’énergie a entraîné une baisse du prix de l’électricité de 6% en terme constant depuis 1997.

 

Il était nécessaire de vérifier cette affirmation. Chose faite !

 

 

En fonction des éléments que j’ai pu obtenir, cette affirmation se tient, en effet au niveau des factures. Mais limiter la réflexion à ce niveau ne permet pas de tirer les bonnes conclusions.

 

En effet, outre le fait que 80% des Etats membres maintiennent des tarifs régulés pour les ménages et que 50% d’entre eux les maintiennent également pour l’industrie, il est donc nécessaire de les retirer de l’étude. Ca fait pas plaisir, je sais….

 

Cela devient donc très complexe à établir. Du moins, je n’en ai guère les moyens. Mais prenons le cas de la Grande Bretagne, qui a désormais « l’avantage » d’avoir seize ans d’expérience de libéralisation à 100%. Je suis persuadé que les économistes de la CE voudront bien étudier ce cas.

 

En effet, sur le papier, et avant l’explosion des prix du Gaz qui est responsable en partie de la forte augmentation récente des prix de l’électricité en GB (+ 24%….) Les prix ont diminué de près de 25% entre 1990 et 2002.

 

 

Mais c’est oublier que, pendant cette période, le Gouvernement britannique a supprimé en 96/97, la subvention pour le secteur de l'énergie nucléaire, suppression  qui a fait baisser les prix de 10%. Nous a RTE, on a vu tout de suite les effets de la suppression de cette subvention sur les transits d’IFA 2000 car l’électricité française bénéficiait de cette subvention… Dont acte, mais cette chute des prix n’est pas la conséquence du fonctionnement du marché libre, c’est bien l’intervention de l’Etat….

 

Revers de la médaille, l’autre conséquence de la suppression de cette subvention c’est la création du déficit abyssal de British Energy (producteur nucléaire) . L’Etat britannique a du intervenir pour éviter à BE de mettre la clé sous la porte. 7 milliards d’€ (au frais du contribuable) avec la bienveillance de la Commission européenne.

 

 

En clair c’est le contribuable qui a payé d’un côté pour faire baisser sa facture d’électricité.

 

Mais cela ne suffit pas pour expliquer toute cette baisse (25 – 10 = 15% à expliquer)…

 

 

Poursuivons… Le régulateur britannique a imposé la réduction des charges de réseau de plus de 40% !  Sachant que les charges de réseaux pèsent de plus de 40% sur la facture finale faites le calcul simple : 40% de 40% cela fait 16% …

 

 

En passant….toute ressemblance avec les turpitudes de notre TURP 2 proposé par notre régulateur français qui baisse fortement les prix des accès au réseau (en particulier pour la distribution) est bien entendu, purement involontaire….

 

 

Donc sans intervention des autorités, l’impact de la libéralisation du secteur électrique sur les prix serait nul. Mais la démonstration ne s’arrête pas là. Car il y a lieu de s’interroger sur l’acceptation des gestionnaires de réseau en GB sur une telle baisse…et d'analyser l'évolution des prix de l'énergie primaire pour les producteurs....

 

Faut dire que les privatisations dans ce beau pays pluvieux ont principalement bénéficié aux actionnaires qui ont ainsi acheté ces outils industriels (réseaux comme production d’ailleurs) au prix promotionnel d’ 1/3 de sa valeur…

 

Donc côté gestionnaires de réseau, cette baisse des prix de l’accès au réseau était donc acceptable au regard des coûts d’acquisition de l’outil industriel. Demain, il faudra par contre analyser les conséquences sur l’investissement et l’entretien des réseaux, donc sur la qualité de l’électricité…Le Black-out londonien encore récent en est-il le premier symptôme ????  Sachez, que les pannes électriques de grande ampleur représentent un coup de près de 10 milliards d’euros par an à nos belles économies mondiales (dixit : power quality application guide de Cooper development association) ...

 

 

Côté producteur, outre le fait qu’ils ont payé une misère l’outil de production (merci Margareth), ils se sont aussi rempli les poches pendant la baisse des prix de l’énergie primaire qui a baissé pendant cette période de près de la moitié. La libéralisation a donc permis aux producteurs d’absorber cette rente sans le répercuter au consommateur…Désormais, étant donné que le prix du gaz augmente fortement, ils répercutent les prix aux compteurs… Cela va donc que dans un sens…

 

 

La démonstration est donc faite. Dans un pays 100% libéralisé, l’ouverture des marchés n’a pas bénéficié aux ménages. C’est plutôt le contraire !

 

 

Est-il vraiment utile d’aller voir dans d’autres pays pour terminer la démonstration… Moi j’invite le lecteur à analyser les bilans faits de par le monde… Les USA, hors mis quelques états, stoppent le processus et parfois renationnalise (cliquer ici) .

 

 

Il y a donc lieu d’arrêter la folie de l’ouverture totale des marchés ! Le seul indicateur des prix que l’on doit prendre en compte pour évaluer l’impact de la libéralisation des marchés, c’est bien celui des bourses de l’électricité et là cela fait plutôt mal  (voir Powernext)…


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Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /Jan /2006 18:36

 

Des images qui en disent plus que des discours...

 

 


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Lundi 2 janvier 2006 1 02 /01 /Jan /2006 08:55

Alors qu'en France, le patron de Poweo mène campagne contre l'injustice des tarifs régulés qui limite à ses yeux l’intelligence des consommateurs, au Royaume Uni, ces mêmes consommateurs subissent, eux, les délices de la libéralisation des marchés.

En effet, les plus « intelligents » d’entre eux renoncent désormais à se chauffer (d’après Energywatch : 1% d’augmentation des tarifs, c’est 40 000 foyers qui ne se chauffent plus…)

Faut dire que sur l’île, les principales compagnies font subir à leurs clients et pour la troisième année consécutive, une hausse des tarifs à deux chiffres.

L’OFGEM (régulateur britannique) estime de son côté que la hausse de la facture énergétique ne pèse que de 50% dans ces hausses tarifaires. Il avait d’ailleurs estimé qu’en 2004, les profits des compagnies gazières avaient augmenté de plus de 5 milliards de livres ... La concurrence remplirait donc les poches des actionnaires...

Je propose donc qu’avant d’aller supprimer les tarifs régulés pour rendre plus « intelligents » les Français, nous allions faire du benchmarking outre Manche…


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