Le Gouvernement va bientôt rendre son verdict sur le Turpe que la CRE lui a proposé il y a quelques
jours.
Va-t-il envoyer le signal nécessaire et suffisant, pour que les gestionnaires de réseau aient les moyens de faire face à leurs obligations ?
Va-t-il, en particulier, donner les moyens à RTE pour faire face aux engagements du programme de sécurisation qu’il a lui-même assigné à l’entreprise au travers du contrat de Service
public (que nous avions approuvé) et qui prévoit de le terminer pour 2017 ?
Mieux, va-t-il s’engager pour une accélération de ce programme pour qu’il réponde aux objectifs de la relance économique par l’investissement dès 2009 (cf. discours du Président de la
République du 4 déc.) ?
Encore plus fort, va-t-il assigner aux entreprises énergétiques publiques de mettre en œuvre industriellement les ambitieux objectifs européens du paquet énergie-climat que la Présidence
française de l'Union défend encore à Bruxelles aujourd’hui ?
In fine, va-t-il concrétiser les messages forts du chef de l’Etat dans son discours de Toulon du 29 sep qui affirmait : « … L’autorégulation pour régler tous les problèmes,
c’est fini ! Le laissez-faire, c’est fini ! Le marché tout puissant qui a toujours raison, c’est fini !
… » ?
En observant les actes du passé, rien n’est moins sûr ! Les promesses, les paroles, les engagements yeux dans les yeux : on connait ! Ils n’engagent que ceux qui y croient !
Car il faut des sous pour relancer la machine. Face à la crise du pouvoir d’achat qui touche gravement l’ensemble de la population, la FCE-CFDT a refusé et refusera encore que la note de ces engagements soit présentée aux ménages par une augmentation du tarif régulé.
La réponse à cette équation, que nous avons proposée aux décideurs de ce processus, est simple ! C’est à ceux qui bénéficient des résultats prometteurs de l’entreprise de faire acte de solidarité éclairée en supportant l’augmentation du Turpe. Ainsi, c’est en effet, aux actionnaires qui se partagent plusieurs milliards d’euros, de les réinvestir dans le groupe pour faire face aux besoins, en limitant, par exemple les dividendes versés, au bénéfice des fonds propres appelés ainsi à financer prioritairement les investissements.
Outre le fait que c’est une proposition efficace qui limite l’endettement dans un moment où le crédit doit être mobilisé à d’autres secteurs ;
Outre le fait qu’elle limite l’augmentation des factures de la quasi-totalité des foyers ;
Outre le fait qu’elle reste équilibrée, car l’ensemble des acteurs participe à l’effort (les factures d’acheminement sont payées par les opérateurs ou les clients industriels qui bénéficient directement de ces investissements), elle est aussi juste !
En effet, comment accepter un enrichissement insolent de quelques uns se fasse sur le dos du plus grand nombre en ces temps troublés. L’Etat, premier actionnaire, doit donc prendre ses responsabilités et assumer pleinement ses choix économiques !
Mais ces efforts, qui seront provisoires, doivent être relayés par une réflexion puis par une décision sur les charges des gestionnaires de réseau pour les prochains Turpe. Le poids de l’achat des pertes, qui relativise tous les efforts faits par ailleurs, responsable des trois quarts des augmentations demandées par les gestionnaires de réseau, doit être traité industriellement et équitablement pour ne pas léser uniquement les fournisseurs de ces pertes. Au titre du Service public, les prises de participation dans des nouveaux groupes ou des groupes à énergie fatale comme le fil de l’eau, structurellement moins onéreux que le marché, permettraient de faire bénéficier à tous les utilisateurs de cette option en limitant les augmentations futures des Turpe à venir : bref, des infrastructures énergétiques nationales au service de la Nation !
Cette dernière proposition est tout sauf dogmatique ! Certes, elle met en cause les dérives du marché. Mais son premier office est bien de limiter ses conséquences sur le pouvoir d’achat des Français et sur la compétitivité de l’entreprise France, qui avaient jusqu’ici bénéficié d’un modèle énergétique compétitif ! Enfin, elle est non seulement euro-compatible : c’est un modèle qui pourrait servir à tous les Etats membres, tout en respectant chaque particularité nationale.
Mais l’ensemble de nos propositions ouvre aussi le champ de la réflexion sur l’efficacité de ce modèle énergétique en faveur de la protection de l’environnement.
En 1946, l’Etat français a nationalisé le secteur électrique pour électrifier le pays avec la réussite que l’on connait. Dans les années 70, il s’est appuyé sur l’entreprise publique EDF pour offrir une réponse industrielle à la crise énergétique, réponse intégralement payée par les usagers.
En 2008, ici, nous proposons tout simplement de reprendre ce cycle pour offrir une réponse industrielle à la crise environnementale. L’Etat doit s’appuyer sur les entreprises publiques du secteur qui seraient chargées de répondre aux objectifs des 3x20 (Enr, Co2, efficience énergétique) du paquet énergie-climat. Dommage que Gaz de France, désormais privatisée, ne puisse se joindre à ce programme ambitieux : cela restera l’erreur politique majeure du précédent Gouvernement ! Car le secteur gazier est un élément indissociable d'une action efficace.
Mais avant de lancer ce grand chantier, il faut répondre à l’urgence ! Nous attendons donc la décision
officielle sur le Turpe pour vérifier si les paroles sont conformes aux actes !
Comptez sur nous pour vous tenir informés, y compris pendant la trêve des confiseurs…
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