Pour mieux comprendre

Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /2008 07:16

Le Gouvernement va bientôt rendre son verdict sur le Turpe que la CRE lui a proposé il y a quelques jours.

Va-t-il envoyer le signal nécessaire et suffisant, pour que les gestionnaires de réseau aient les moyens de faire face à leurs obligations ?
Va-t-il, en particulier, donner les moyens à RTE pour faire face aux engagements du programme de sécurisation qu’il a lui-même assigné à l’entreprise au travers du contrat de Service public (que nous avions approuvé) et qui prévoit de le terminer pour 2017 ?

Mieux, va-t-il s’engager pour une accélération de ce programme pour qu’il réponde aux objectifs de la relance économique par l’investissement dès 2009 (cf. discours du Président de la République du 4 déc.) ?

Encore plus fort, va-t-il assigner aux entreprises énergétiques publiques de mettre en œuvre industriellement les ambitieux objectifs européens du paquet énergie-climat que la Présidence française de l'Union défend encore à Bruxelles aujourd’hui ?

In fine, va-t-il concrétiser les messages forts du chef de l’Etat dans son discours de Toulon du 29 sep qui affirmait : «  … L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini ! Le laissez-faire, c’est fini ! Le marché tout puissant qui a toujours raison, c’est fini !  … » ?

 

En observant les actes du passé, rien n’est moins sûr ! Les promesses, les paroles, les engagements yeux dans les yeux : on connait ! Ils n’engagent que ceux qui y croient !

 

Car il faut des sous pour relancer la machine. Face à la crise du pouvoir d’achat qui touche gravement l’ensemble de la population, la FCE-CFDT a refusé et refusera encore que la note de ces engagements soit présentée aux ménages par une augmentation du tarif régulé.

 

La réponse à cette équation, que nous avons proposée aux décideurs de ce processus, est simple ! C’est à ceux qui bénéficient des résultats prometteurs de l’entreprise de faire acte de solidarité éclairée en supportant l’augmentation du Turpe. Ainsi, c’est en effet, aux actionnaires qui se partagent plusieurs milliards d’euros, de les réinvestir dans le groupe pour faire face aux besoins, en limitant, par exemple les dividendes versés, au bénéfice des fonds propres appelés ainsi à financer prioritairement les investissements.

 

Outre le fait que c’est une proposition efficace qui limite l’endettement dans un moment où le crédit doit être mobilisé à d’autres secteurs ;

Outre le fait qu’elle limite l’augmentation des factures de la quasi-totalité des foyers ;

Outre le fait qu’elle reste équilibrée, car l’ensemble des acteurs participe à l’effort (les factures d’acheminement sont payées par les opérateurs ou les clients industriels qui bénéficient directement de ces investissements), elle est aussi juste !

 

En effet, comment accepter un enrichissement insolent de quelques uns se fasse sur le dos du plus grand nombre en ces temps troublés. L’Etat, premier actionnaire, doit donc prendre ses responsabilités et assumer pleinement ses choix économiques !

 

Mais ces efforts, qui seront provisoires, doivent être relayés par une réflexion puis par une décision sur les charges des gestionnaires de réseau pour les prochains Turpe. Le poids de l’achat des pertes, qui relativise tous les efforts faits par ailleurs, responsable des trois quarts des augmentations demandées par les gestionnaires de réseau, doit être traité industriellement et équitablement pour ne pas léser uniquement les fournisseurs de ces pertes. Au titre du Service public, les prises de participation dans des nouveaux groupes ou des groupes à énergie fatale comme le fil de l’eau, structurellement moins onéreux que le marché, permettraient de faire bénéficier à tous les utilisateurs de cette option en limitant les augmentations futures des Turpe à venir : bref, des infrastructures énergétiques nationales au service de la Nation !

 

Cette dernière proposition est tout sauf dogmatique ! Certes, elle met en cause les dérives du marché. Mais son premier office est bien de limiter ses conséquences sur le pouvoir d’achat des Français et sur la compétitivité de l’entreprise France, qui avaient jusqu’ici bénéficié d’un modèle énergétique compétitif ! Enfin, elle est non seulement euro-compatible : c’est un modèle qui pourrait servir à tous les Etats membres, tout en respectant chaque particularité nationale.

 

Mais l’ensemble de nos propositions ouvre aussi le champ de la réflexion sur l’efficacité de ce modèle énergétique en faveur de la protection de l’environnement.

 

En 1946, l’Etat français a nationalisé le secteur électrique pour électrifier le pays avec la réussite que l’on connait. Dans les années 70, il s’est appuyé sur l’entreprise publique EDF pour offrir une réponse industrielle à la crise énergétique, réponse intégralement payée par les usagers.

 

En 2008, ici, nous proposons tout simplement de reprendre ce cycle pour offrir une réponse industrielle à la crise environnementale. L’Etat doit s’appuyer sur les entreprises publiques du secteur qui seraient chargées de répondre aux objectifs des 3x20 (Enr, Co2, efficience énergétique) du paquet énergie-climat. Dommage que Gaz de France, désormais privatisée, ne puisse se joindre à ce programme ambitieux : cela restera l’erreur politique majeure du précédent Gouvernement ! Car le secteur gazier est un élément indissociable d'une action efficace.

 

Mais avant de lancer ce grand chantier, il faut répondre à l’urgence ! Nous attendons donc la décision officielle sur le Turpe pour vérifier si les paroles sont conformes aux actes !

Comptez sur nous pour vous tenir informés, y compris pendant la trêve des confiseurs…


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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 16:52

L’Histoire a toujours eu plein de vertus. Outre le fait que nos sociétés humaines se sont construites et ont progressé sur le fruit de l’expérience des aînés, l’Histoire permet aussi de deviner l’avenir. Pour une raison simple, l’Homme descend du singe, et soit par fainéantise, soit par l’application stricte du principe de Peter, soit par manque de courage voire par absence de vision ou tout à la fois,  il singe trop souvent ses congénères…

 

 

C’est pourquoi, il serait sans doute utile de rappeler le coup de l’acheteur unique avant la fin de la présidence française de l’Union…pour vous éclairer !

 

 

Pour résumer, début 1996, la France avait élaboré une contre-attaque aux propositions de la Commission européenne de l’ATR (accès des tiers au réseau) en inventant le concept de l’acheteur unique. Une troisième voie était née, en quelque sorte, entre le statu quo et l’ATR.

 

 

Compte tenu des pressions continues des agents et des parlementaires français, la négociation autour de cette troisième voie avait abouti à l’introduction dans la directive de l’option de l’acheteur unique  (art 18 de la directive 96/92/CE). Retour triomphant des négociateurs devant l’Assemblée nationale. Mais en regardant de plus près, : victoire à la pyrrhus, car les conditions de la mise en oeuvre de l’acheteur unique, vidait de son sens l’intérêt de l’option âprement discutée…

 

 

De là à dire que l’Histoire va nous repasser les plats, il y des conclusions que nous ne retiendrons pas avec le sérieux qui est le nôtre. Mais il est toujours bon de l’avoir en tête…

 

 

Car, rien ne nous empêche de résumer… un peu, la situation… malicieusement, bien entendu :

 

1996 = Statu quo ; ATR négocié ; ATR réglementé ; Acheteur unique.

2008 = Statu quo ; ISO ; séparation patrimoniale ; ITO (3eme voie).

 

 

1996 et 2008 : même combat ? Pas si sûr !!!

 

 

Rassurez-vous : l’ATR négocié qu’à retenu la France associé à un Turpe correctement rémunérateur, permet aux financiers qui tirent les ficelles de quelques marionnettes se disant « éclairées », de préserver le caractère intégrée du groupe EDF pour des intérêts bien compris !

 

 

Sauf, qu’avec un Turpe inadapté et une pseudo réussite d’une négociation sur la troisième voie… nous perdons un allié, de poids ! Nous serons donc obligés de passer à autre chose…

 

 

Alors, ce petit éclairage, vous amènera sans doute à comprendre pourquoi la FCE-CFDT s’est lancée dans le débat turpéien. N’oubliez jamais que c’est RTE et son réseau de transport en monopole qui confère la solidité juridique du caractère public d’EDF !

 

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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /2008 07:15
La sécurité d'approvisionnement de l'Europe en électricité semble se détériorer d'après l'étude publiée ce matin par Capgémini.
                                   
                                            

 

 

Selon Capgémini, les marges de production, à la pointe ont reculé à 5,3% contre 7,6% en 2006, frisant ainsi le seuil minimal de 5%.           
Mais il y a une certaine disparité en Europe. Au rang du fond de la classe, il faut noter la présence de la France avec une marge réelle négative, de l'UK,  où elle a chuté de presque 6 points en un an, et de l'Allemagne divisée par 2...      
En cause le caractère intermittant de l'éolien, "pas toujours disponible en période de pointe" et le Kd ( coef de dispo) du nucléaire en France comme en Angleterre.       
Bref, faut-il rappeler que "Les pays européens doivent investir 1.000 milliards d'euros dans les infrastructures au cours des 25 prochaines années" pour assurer la sécurité d'approvisionnement !!!                
Et comme nous l'avions signalé dans un article précédent,  la crise économique et financière risque de "freiner ou d'arrêter les investissements".        
Si cela se vérifie à l'occasion de l'examen de la PPI, auquel nous allons participer, il serait temps de stopper les C... avec une politique énergétique européenne uniquement basée sur le dogme de la concurrence et avec la gestion financière de court terme des entreprises qui distribuent des milliards précieux pour les investissements, en dividendes qui ne rapportent rien à l'économie réelle !!!
      
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 22:44

Le premier employeur industriel de la Dordogne, la papeterie Condat, a visiblement les Services publics dans le collimateur. Appartenant à un fond de pension anglo-saxon via sa holding, les actionnaires de la papeterie, qui a quelques difficultés financières depuis quelques années, mettent sous pression les 700 salariés concernés et toute la région, en pratiquant allègrement le chantage à l’emploi.


Pour les uns, blocages des salaires pendant 4 ans et licenciements. Pour les autres, lobbying intensif pour que les pouvoirs publics mettent la main à la poche, d’une façon ou d’une autre.


Vielles pratiques bien connus des investisseurs zélés qui empochent les aides d’Etat pour mieux délocaliser quand le rendement désiré n’est plus au rendez-vous, en revendant à bon compte ces actifs mieux valorisés.

 

Alors, après avoir obtenu, il y a peu, des infrastructures ferroviaires financées par le public (SNCF + collectivités), voilà que cette entreprise réclame à RTE des infrastructures énergétiques à la hauteur  de son process qui est très sensible aux creux de tension. Sauf qu’en pareil cas, c’est toujours l’industriel, lui même,  qui finance cette haute qualité d’alimentation


Alors, si on commence ici, il serait légitime de le faire ailleurs : une boite de pandore à 60 millions d’euros pour ces papetiers turbulents… Combien pour les autres ?

 

La mission actuelle de RTE n’est pas de favoriser un tiers, quel qu’il soit, sur le dos de la collectivité. Elle est d’offrir un accès équitable à tous avec les moyens qu’on lui donne… Sauf à changer la mission de RTE pour le faire devenir aménageur industriel du pays… avec un Turpe qui va bien … C’est le seul débat qui mérite d’être ouvert !!! Et je ne pense pas que les autorités bruxelloise apprécieront…

 

Enfin,  il est plus que légitime de s’interroger sur un concept qui ferait du Service public, l’âne qui tire les profits de ceux qui hurlent le plus fort. Loin de nos valeurs, ce serait le serpent qui se mordrait la queue !


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Notre liste sort renforcée de ce suffrage pourtant semé d'embûches...


C'est le fruit d'un travail collectif qui associe les talents des femmes et des hommes de la CFDT de RTE. Mais c'est aussi le résultat d'une écoute attentive des salariés que nous avons rencontrés pendant plusieurs semaines pour construire nos propositions.


Maintenant, il va falloir peser pour orienter la gestion de l'entreprise vers le mieux vivre pour être plus efficace : car le Service public est au coeur de nos préoccupations !

 

Et nous avons encore besoin de vous pour y parvenir !

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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2010
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