Pour mieux comprendre

Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 15:25
ITW lue sur Energie 2007 :

Energie2007: Sur votre blog, vous commentez les résultats d'EDF sous le titre: "chronique d'une vente annoncée"en soulignant qu'à l'occasion de la conférence de presse du 12 février dernier, Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, n'exclut "aucune des composantes" de son groupe, aussi bien en France qu'à l'étranger, dans son programme de cessions de plus de 5 milliards d'euros en 2009/2010. RTE serait visé par ces déclarations?

Patrick Larradet: Depuis son introduction en bourse, le groupe EDF a changé de nature et son PDG a scellé définitivement ce virage que trop peu d'observateurs ont relevé à l’occasion de cette conférence. Pour la première fois dans son histoire, le vocable «Service public» a définitivement disparu de la présentation des résultats de l’entreprise. Cette carence symbolique renforce mon analyse.
Car à mon sens, les composantes évoquées par Pierre Gadonneix visent très clairement le secteur qui ne dégage pas suffisamment d'Ebitda au regard des investissements engagés. Et c'est bien le cas du secteur régulé qui n'a pas cette vocation. En effet, RTE comme ERDF investissent avant tout pour l'intérêt général et assurément pas pour rapporter du cash immédiat à leur maison mère.
Ainsi, avec les pistes évoquées par le PDG, une ouverture du capital de RTE dans les mois qui viennent n'est plus à exclure. Même si rien n'est fait, car ce n'est pas le tout de vouloir vendre: encore faut-il trouver des acheteurs… Et si le débat me semble tranché du côté des financiers d'EDF, il ne l'est pas encore à l'Elysée. En effet, le gouvernement français maintient toujours ouverte l'option de la 3ème voie comme alternative à la séparation patrimoniale du paquet énergie de la Commission européenne. Je l’encourage toujours dans cette option.

Energie2007 : ERDF et RTE versent d'importants dividendes à leur maison-mère: pourquoi EDF s'en séparerait-il?


Patrick Larradet: La nouvelle rationalité financière des dirigeants du groupe pousse à une séparation de RTE. Ce n’est pas ses résultats qui sont aujourd’hui présentés qui posent problème.Si on retire le poids des achats des pertes et certaines provisions, les résultats sont bons. C’est plutôt sa structure financière et ses perspectives qui dérangent les financiers.
En effet, sur les 24 milliards d'endettement du groupe EDF, RTE en pèse aujourd'hui le quart. Quelques milliards de dettes en moins sur le périmetre de consolidation, ce n’est pas rien!
Dans le contexte actuel, les marchés financiers réclament avant tout d'alléger les dettes et sanctionnent tous les investissements à long terme (l'évolution du cours de l’action du groupe les deux dernières semaines de février est éloquente). Ceux de RTE, qui sont une impérieuse nécessité pour la sûreté du système électrique, ne sont d'aucune utilité immédiate pour la structure financière du groupe. Par ailleurs, la croissance des investissements pour le réseau pousse à un endettement complémentaire. Si vous ajoutez à tout cela un niveau de TURPE sous-calé qui grève les résultats, l’affaire est entendue.

Energie2007 : Comment cette perspective serait-elle accueillie en interne?

Patrick Larradet: En interne, on s'interroge beaucoup. Il y a du pour et du contre. Pour certains, tout ce qui est fait pour renforcer l'indépendance va dans le bon sens. Mais pour le plus grand nombre, en particulier du côté des agents de terrain, il y a un attachement viscéral à l’image véhiculée par l’ancrage d’EDF dans la population.
Etre agent EDF dans le métro ou dans un supermarché d’Ile-de-France, cela n’évoque pas grand chose dans l’anonymat des métropoles. Etre agent EDF en province, reste une identification sociale forte! Enfin, en terme de management et dans un processus d’allongement des carrières, les 8.400 salariés de RTE espèrent toujours pouvoir respirer au sein du groupe EDF. In fine, ils s’estimeraient trahis dans cette perspective. Surtout qu'il existe d'autres options possibles, mais je les réserve au moment du débat...

* J Prevert :
"Quand la morale fout le camp, le fric cavale derriere"

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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 10:10

Aujourd’hui RTE présente ses comptes.

 

Malgré une progression de plus de 2% de son chiffre d’affaire, à 4,221 milliards d’euros, RTE enregistre une chute de son résultat net de plus de 36 % à 295 millions d’euros.

 

Deux raisons principales à ce retrait : le litige avec la SNCF (condition de rachat du réseau électrique SNCF que nous estimons bien trop favorable à la SNCF) pour près de 110 millions d’euros … et la sempiternelle hausse des prix de l’électricité qui pèse dans les achats des pertes pour un montant identique. Les achats système (pertes techniques + services systèmes + congestions) dépassent désormais le milliard d’euros, laissant loin derrière les « charges » du Personnel. En l’absence de ces deux éléments, les résultats auraient été sensiblement les même que l’année dernière.

 

Alors que des acteurs privés vont bientôt se partager la rente nucléaire, il est toujours étonnant de constater que les gestionnaires de réseau, qui restent les premiers consommateurs publics d’électricité en France,  ne puissent pas s’approvisionner aux même conditions. L’objectif de la participation que nous défendons n’est pas de s’octroyer le pouvoir dans les centrales. L’objectif est bien de participer à l’investissement et en tirer bénéfice par une part de la production. Un simple contrat long terme en quelque sorte, qu’accepte visiblement la Commission européenne par un droit de tirage dédié à une centrale. A ça rien de nouveau, les contrats à participation existent depuis fort longtemps en France (Fessenheim, Tricastin, Bugey, Cattenom, Chooz, Flamanville 3…).

 

Il est vrai que le revers de la médaille est la disparition de gros volumes d’énergie sur le marché. Mais à quoi bon soutenir un système qui pèse sur les factures de tout le monde. Le dogmatisme n’est pas donc du coté que l’on croit. Et celui là, il coûte à la collectivité !

 

Par ailleurs, si l’endettement progresse à RTE, c’est pour la bonne cause ! En effet, l’augmentation sensible des investissements pousse une progression de la dette de plus de 100 millions, affichant une dette nette à plus de 6 milliards d’euros. Il faut à ce titre (et je l’ai fait au Conseil) féliciter la clairvoyance de nos financiers RTE pour avoir lancé deux emprunts obligataires avant le marasme financier et un emprunt auprès de la BEI bien avantageux. Quand les financiers font de bonnes choses, nous ici, on les félicite ! Mais c’est vrai que ceux là, oeuvrent pour le Service public !

 

L’impact de la crise a été aussi ressenti à RTE. Outre la chute des volumes de consommation d’électricité au dernier semestre sur l’industrie, certains acteurs vont nous laisser des ardoises.

En effet, la financiarisation du secteur a fait que certaines banques, en particulier Lehman brothers, intervenaient sur le marché français en tant que responsable d’équilibre… (cruel paradoxe !) Il faudra aussi compter sur quelques faillites ici ou là. Mais les risques étaient limités et la vigilance accu : encore bravo à la DF de RTE…sous l’oeil de vos administrateurs…

 

En conclusion : Un résultat pour 2008 sans grande surprise et les fondamentaux restent bons. Cette vision est-elle partagée par notre actionnaire ? L’honnêteté réclamerait de dire : oui ! Par ailleurs nous rappelons sans cesse que les bénéfices du Service public se doivent d’être mutualisés. Mais pour certains, ils sont à mille lieues de cette vision. En effet,  quand on veut se séparer de son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage ?


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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 11:27

Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy ont plein de points communs qu’il serait vain ici de rappeler. Mais le dernier concerne l’appréhension de leur politique énergétique. Ces deux hommes pressés tombent dans les même travers. Ils croient tous deux que démocratie et nucléaire ne font pas bon ménage… En effet, ici on s’assoit sur le débat parlementaire sur la PPI autour d’un 2eme EPR appelé désormais à augmenter le bilan exportateur. Là, c’est la même chose, voire pire. Silvio n’attend même plus que le Parlement revienne sur le référendum de 1987 qui rejetait le nucléaire de la botte énergétique italienne… Pourtant, dans les deux cas, ce n’était qu’une question de mois ne serait-ce que pour respecter leurs parlements respectifs.


La crise est sans doute le fluide caloporteur de cette agitation autour de l’atome
. Espérons quand même, que cette réaction en chaîne soit bien contrôlée, au niveau de leur opinion publique respective. Ce sera, sans doute, pas très aisé à Rome où, certes, les consommateurs italiens bénéficieront d’une baisse sensible de leurs factures. Mais, il sera très difficile de trouver des sites pour construire les 4 nouvelles centrales, ne serait-ce que par la densité de population autour des sources froides… Concernant la France : résultat fin mars lors de la publication des conclusions de la Commission Champsaur qui déboucheront vraisemblablement par une dilution de la rente générée par le nucléaire sur le dos des tarifs réglementés. Il y a ici des divergences qui vont attiser la grogne des consommateurs…


Mais l’empressement de nos deux animaux politiques ont assurément un objectif commun : Affaiblir leurs oppositions respectives à la veille du scrutin européen en les divisant : et la question nucléaire reste une arme redoutable de chaque côté des Alpes comme ailleurs.  Le scrutin de liste, préalable aux accords politique de gouvernement, a des vertus insoupçonnées, mais qui sont bien connues de nos stratèges…


Diviser pour mieux régner n’est-il pas un proverbe latin ?



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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 15:03

Alors que certains à Paris, englués dans leurs calculettes, réfléchissent à vendre RTE, le processus de la séparation patrimoniale obligatoire se grippe à Bruxelles. En effet, les parlementaires européens restent sur leurs positions, et le Conseil des ministres aussi ! Malgré des tentatives de rapprochement imposées par le processus de codécision : rien n’y fait !

Dans les échanges préparatoires au comité de conciliation : pour les gouvernements : c’est la troisième voie ou rien du tout; Et pour les parlementaires européens c’est la séparation patrimoniale sous une forme ou une autre !

 

Bref, si le comité de conciliation échoue, c’est tout le projet de directive qui est jeté aux orties. En ce qui nous concerne, ce ne serait pas un drame… Au moins ils se pencheraient réellement sur l’impérieuse nécessité d’avoir une vraie politique énergétique commune.

 

Par ailleurs, certains au siège de l’EDF seraient bien inspirés d’observer la détermination de nos gouvernements à préserver le caractère intégré des entreprises… Y a pas que chez nous… qu’il y a de la suite dans les idées…

Alors avant de proposer de vendre RTE, nous leur suggérons de passer rue du faubourg St Honoré...


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