Pour mieux comprendre

Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 21:24
La CRE vient d'ouvir un site internet dédié au groupe de travail "Pertes sur les réseaux électriques".

Nous ne pouvons que saluer cette double initiative qui, nous l'espérons, apportera des réponses adéquates à ce problème qui plombe les factures des clients et usagers, et ce, visiblement, avec un souci d'un débat transparent souligné par la création de ce site.

Il est évident que nous apporterons notre contribution, et ce dans le respect des textes européens actuels.

En effet, depuis 2003, la Commission européenne avait scellé le cadre législatif de la couverture des pertes pour imposer aux GRT et GRD de s'approvisionner sur le marché. Elle pense avoir fermé des portes dans son dernier projet de directive, en y ajoutant que les GRT et GRD, "ne doivent pas détenir des participations dans une filiale de l'entreprise verticalement intégrée assurant des fonctions de production ou de fourniture". Les initiateurs de cette "dernière belle idée" pensaient, sans doute, soit torpiller le débat que nous avons contribué à ouvrir par notre proposition sur des centrales à participation à faible coût, soit ouvrir d'autres options...

Peine perdue car le législateur français s'est emparé du problème et trouvera, nous l'espérons, soit dans les conclusions de ce groupe de travail, soit dans les lignes du rapport de la commission Champsaur, des options euro-compatibles que nous avons portées et que nous allons bientôt préciser. Certains se sont même proposés de modifier la législation française sur ce point : et nos propositions en ont besoin !

L'objectif que nous poursuivons de notre côté est clair : proposer un service public efficace, au moindre coût pour la collectivité : ce que n'a visiblement pas apporté la Commission européenne en imposant
l'ouverture des marchés, et en y imposant de force environ 6% de la consommation d'électricité européenne représentatifs des pertes réseau.

Mais que les ayatollas de la concurrence se rassurent : nous gardons de la suite dans les idées...C'est une de nos caractéristiques... et la transparence souhaitée par la CRE nous y aidera...

A très bientôt pour dévoiler nos options !



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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 15:47

La CRE va prochainement annoncer la création d'un groupe de travail sur l’achat des pertes qui grève depuis quelques années le budget des gestionnaires de réseau. La FCE-CFDT avait lancé le débat en 2008 à l’occasion de la consultation de la CRE sur le Turpe. Elle proposait  une piste pour limiter le coût pour l’ensemble de la collectivité.

 

En effet, les gestionnaires de réseau, plus gros consommateurs d’énergie en France, ont été touchés de plein fouet par les augmentations des prix sur le marché. Avec près de 33 TWh/an pour RTE et Erdf réunis, et avec une facture qui a doublé en quelques années, il était temps de faire quelque chose pour donner un peu d’air aux entreprises et utilisateurs finaux qui payaient, d’une façon ou d’une autre, une des frasques de l’ouverture des marchés. Cela avait justifié une bonne partie de la demande d'augmentation du Turpe, augmentations qui restent justifiées pour le Turpe 3 malgré un repli des prix (effet de crise, oblige).

 

Nous avions proposé qu’à titre dérogatoire (service public), les gestionnaires de réseau sortent du marché en bénéficiant de contrats à participation sur les centrales de production ou  bénéficient d’un accès privilégié aux VVP. Il avait fallu user d’une pédagogie soutenue pour expliquer à certains de nos interlocuteurs, ce qu’est un contrat à participation. On répète… Ce n’est pas une prise de participation au capital d’une centrale ; c’est un contrat long terme qui permet au producteur de bénéficier d’une participation à l’investissement d’une centrale contre un droit de tirage. Pour faire grossier : je paye 50% de l’investissement et j’ai droit à un peu moins de 50 % de la production, sans pour autant intervenir dans la gestion et dans l’exploitation de la centrale. Rien de neuf sous le soleil : Bugey, Tricastin, Fessenheim, Cattenom et Chooz bénéficient de tels dispositifs de 5 à 32% de participation en faveur d’opérateur étrangers.

 

Par ailleurs, ce dispositif reste pleinement conforme au droit à la concurrence, voire au projet de directive. En effet, la 3eme directive élec prévoit dans son projet :

 

 

Dans son Art 15 :

« Les gestionnaires de réseau de transport se procurent l'énergie qu'ils utilisent pour couvrir les pertes d'énergie et maintenir une capacité de réserve dans leur réseau selon des procédures transparentes, non discriminatoires et reposant sur les règles du marché, à chaque fois qu'ils assurent cette fonction. »

 

dans son Art 18 :

« …….Les filiales de l'entreprise verticalement intégrée assurant des fonctions de production ou de fourniture n'ont pas de participation directe ou indirecte dans le gestionnaire de réseau de transport. Le gestionnaire de réseau de transport n'a pas de participation directe ou indirecte dans une filiale de l'entreprise verticalement intégrée assurant des fonctions de production ou de fourniture, et ne reçoit pas de dividendes ou tout autre avantage financier de la part de cette filiale…….. »

 

Bref, les contrats long terme, comme nos contrats à participation, rentrent quand même dans ce cadre. On notera également que rien n'interdit deux filiales de réseau d’un même groupe de monter une filiale commune pour aboutir à notre objectif et qui permettrait d’optimiser les achats…

 

Mais le principal écueil reste que cette réforme assécherait le volume d’électricité comptabilisé sur le marché français estimé à près de 180 TWh, exports comprises. Là aussi, notre proposition concernerait la base; Ce qui représente à la louche 2000 à 2500 MW en ruban, soient la moitié du volume des pertes. 10% des volumes en moins sur le marché, y a pas péril en la demeure mercantile. Mais c’est assurément plus efficace que le dispositif de régulation incitative de l’achat des pertes...

En effet, quelques centaines de millions d’euros de moins sur les factures annuelles de l’ensemble des consommateurs, cela commence à être intéressant…


 

 

 


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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 15:25
ITW lue sur Energie 2007 :

Energie2007: Sur votre blog, vous commentez les résultats d'EDF sous le titre: "chronique d'une vente annoncée"en soulignant qu'à l'occasion de la conférence de presse du 12 février dernier, Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, n'exclut "aucune des composantes" de son groupe, aussi bien en France qu'à l'étranger, dans son programme de cessions de plus de 5 milliards d'euros en 2009/2010. RTE serait visé par ces déclarations?

Patrick Larradet: Depuis son introduction en bourse, le groupe EDF a changé de nature et son PDG a scellé définitivement ce virage que trop peu d'observateurs ont relevé à l’occasion de cette conférence. Pour la première fois dans son histoire, le vocable «Service public» a définitivement disparu de la présentation des résultats de l’entreprise. Cette carence symbolique renforce mon analyse.
Car à mon sens, les composantes évoquées par Pierre Gadonneix visent très clairement le secteur qui ne dégage pas suffisamment d'Ebitda au regard des investissements engagés. Et c'est bien le cas du secteur régulé qui n'a pas cette vocation. En effet, RTE comme ERDF investissent avant tout pour l'intérêt général et assurément pas pour rapporter du cash immédiat à leur maison mère.
Ainsi, avec les pistes évoquées par le PDG, une ouverture du capital de RTE dans les mois qui viennent n'est plus à exclure. Même si rien n'est fait, car ce n'est pas le tout de vouloir vendre: encore faut-il trouver des acheteurs… Et si le débat me semble tranché du côté des financiers d'EDF, il ne l'est pas encore à l'Elysée. En effet, le gouvernement français maintient toujours ouverte l'option de la 3ème voie comme alternative à la séparation patrimoniale du paquet énergie de la Commission européenne. Je l’encourage toujours dans cette option.

Energie2007 : ERDF et RTE versent d'importants dividendes à leur maison-mère: pourquoi EDF s'en séparerait-il?


Patrick Larradet: La nouvelle rationalité financière des dirigeants du groupe pousse à une séparation de RTE. Ce n’est pas ses résultats qui sont aujourd’hui présentés qui posent problème.Si on retire le poids des achats des pertes et certaines provisions, les résultats sont bons. C’est plutôt sa structure financière et ses perspectives qui dérangent les financiers.
En effet, sur les 24 milliards d'endettement du groupe EDF, RTE en pèse aujourd'hui le quart. Quelques milliards de dettes en moins sur le périmetre de consolidation, ce n’est pas rien!
Dans le contexte actuel, les marchés financiers réclament avant tout d'alléger les dettes et sanctionnent tous les investissements à long terme (l'évolution du cours de l’action du groupe les deux dernières semaines de février est éloquente). Ceux de RTE, qui sont une impérieuse nécessité pour la sûreté du système électrique, ne sont d'aucune utilité immédiate pour la structure financière du groupe. Par ailleurs, la croissance des investissements pour le réseau pousse à un endettement complémentaire. Si vous ajoutez à tout cela un niveau de TURPE sous-calé qui grève les résultats, l’affaire est entendue.

Energie2007 : Comment cette perspective serait-elle accueillie en interne?

Patrick Larradet: En interne, on s'interroge beaucoup. Il y a du pour et du contre. Pour certains, tout ce qui est fait pour renforcer l'indépendance va dans le bon sens. Mais pour le plus grand nombre, en particulier du côté des agents de terrain, il y a un attachement viscéral à l’image véhiculée par l’ancrage d’EDF dans la population.
Etre agent EDF dans le métro ou dans un supermarché d’Ile-de-France, cela n’évoque pas grand chose dans l’anonymat des métropoles. Etre agent EDF en province, reste une identification sociale forte! Enfin, en terme de management et dans un processus d’allongement des carrières, les 8.400 salariés de RTE espèrent toujours pouvoir respirer au sein du groupe EDF. In fine, ils s’estimeraient trahis dans cette perspective. Surtout qu'il existe d'autres options possibles, mais je les réserve au moment du débat...

* J Prevert :
"Quand la morale fout le camp, le fric cavale derriere"

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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 10:10

Aujourd’hui RTE présente ses comptes.

 

Malgré une progression de plus de 2% de son chiffre d’affaire, à 4,221 milliards d’euros, RTE enregistre une chute de son résultat net de plus de 36 % à 295 millions d’euros.

 

Deux raisons principales à ce retrait : le litige avec la SNCF (condition de rachat du réseau électrique SNCF que nous estimons bien trop favorable à la SNCF) pour près de 110 millions d’euros … et la sempiternelle hausse des prix de l’électricité qui pèse dans les achats des pertes pour un montant identique. Les achats système (pertes techniques + services systèmes + congestions) dépassent désormais le milliard d’euros, laissant loin derrière les « charges » du Personnel. En l’absence de ces deux éléments, les résultats auraient été sensiblement les même que l’année dernière.

 

Alors que des acteurs privés vont bientôt se partager la rente nucléaire, il est toujours étonnant de constater que les gestionnaires de réseau, qui restent les premiers consommateurs publics d’électricité en France,  ne puissent pas s’approvisionner aux même conditions. L’objectif de la participation que nous défendons n’est pas de s’octroyer le pouvoir dans les centrales. L’objectif est bien de participer à l’investissement et en tirer bénéfice par une part de la production. Un simple contrat long terme en quelque sorte, qu’accepte visiblement la Commission européenne par un droit de tirage dédié à une centrale. A ça rien de nouveau, les contrats à participation existent depuis fort longtemps en France (Fessenheim, Tricastin, Bugey, Cattenom, Chooz, Flamanville 3…).

 

Il est vrai que le revers de la médaille est la disparition de gros volumes d’énergie sur le marché. Mais à quoi bon soutenir un système qui pèse sur les factures de tout le monde. Le dogmatisme n’est pas donc du coté que l’on croit. Et celui là, il coûte à la collectivité !

 

Par ailleurs, si l’endettement progresse à RTE, c’est pour la bonne cause ! En effet, l’augmentation sensible des investissements pousse une progression de la dette de plus de 100 millions, affichant une dette nette à plus de 6 milliards d’euros. Il faut à ce titre (et je l’ai fait au Conseil) féliciter la clairvoyance de nos financiers RTE pour avoir lancé deux emprunts obligataires avant le marasme financier et un emprunt auprès de la BEI bien avantageux. Quand les financiers font de bonnes choses, nous ici, on les félicite ! Mais c’est vrai que ceux là, oeuvrent pour le Service public !

 

L’impact de la crise a été aussi ressenti à RTE. Outre la chute des volumes de consommation d’électricité au dernier semestre sur l’industrie, certains acteurs vont nous laisser des ardoises.

En effet, la financiarisation du secteur a fait que certaines banques, en particulier Lehman brothers, intervenaient sur le marché français en tant que responsable d’équilibre… (cruel paradoxe !) Il faudra aussi compter sur quelques faillites ici ou là. Mais les risques étaient limités et la vigilance accu : encore bravo à la DF de RTE…sous l’oeil de vos administrateurs…

 

En conclusion : Un résultat pour 2008 sans grande surprise et les fondamentaux restent bons. Cette vision est-elle partagée par notre actionnaire ? L’honnêteté réclamerait de dire : oui ! Par ailleurs nous rappelons sans cesse que les bénéfices du Service public se doivent d’être mutualisés. Mais pour certains, ils sont à mille lieues de cette vision. En effet,  quand on veut se séparer de son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage ?


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