Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 11:12

Le Conseil de surveillance de RTE s’est réuni ce matin pour procéder à l’élection du nouveau président du Directoire de RTE dont le mandat se terminait ce soir. Dominique Maillard a été reconduit pour cinq ans par l’unanimité des votants.

 

Bien que l’ensemble des administrateurs salariés n’aie pas été correctement associé à l’intégralité du processus de nomination du président du directoire, acte majeur du Conseil, j’ai quand même pris part au vote en apportant mon suffrage à sa nomination.

 

Ces pratiques quelque peu irrespectueuses pour les administrateurs que nous sommes à part entière ne sont malheureusement pas nouvelles. Déjà en 2005, nous n’avions pas été associés au processus : les administrateurs salariés avaient été élus quelques mois après... Puis en 2007, où malgré nos demandes réitérées, nous avions appris par la Presse le nom validé par le Ministre. Ce qui avait valu de ma part en mai 2007, une absence de participation au vote.

 

Là, c’est le manque de temps en période estivale pour nous informer pleinement sur la proposition offerte au ministre. Bref, à chaque fois il y a une bonne raison pour qu’on ne puisse pas auditionner les candidats avant et prendre ainsi toutes nos responsabilités de façon éclairée.

 

Mais cette fois-ci, M. Maillard ayant fait acte de candidature au précédent Conseil, j’ai pu me faire une opinion précise sur cette option et ainsi participer à sa désignation, une fois connu l’avis de Jean-Louis Borloo.

 

Au-delà de la connaissance de l’homme, qui a dirigé RTE pendant plus de trois ans, j’avais comme exigence particulière de connaître la feuille de route du candidat conformément à mes engagements de campagne. Son projet industriel est un élément qu’il a tenu à préciser en confirmant sa détermination à « relever les défis de l’entreprise pour construire l’Europe de l’électricité, raccorder les moyens de productions nouveaux et répondre aux exigences et aux attentes de l’ensemble des parties prenantes en matière sociale, environnementale et économique ».:

 

 

Ainsi :

 

 Sur les Onze objectifs pour l’avenir de RTE qui ont été présentés aux salariés, et en tant qu'administrateur dont la responsabilité personnelle est engagée :

 

* Investir massivement dans le développement et les adaptations du réseau : J’approuve ;

* Réduire l’émission de SF6 de 20% d’ici 2014 : J’approuve ;

* Améliorer la qualité de fourniture et l’étendue de nos services : J’approuve ;

* Diminuer les dépenses d’exploitation de 1% par an : Je rappelle que nous avons mis sur la table une solution pour réduire les charges sur l’achat des pertes qui constitue pour moi une priorité car c’est le plus efficace et qui répond intégralement à cet objectif ;

* Accentuer notre coopération avec les autres gestionnaires de réseau (R&D, échanges de

personnels, renforcement des interconnexions, outils de coordination communs). J’approuve dans le cadre juridique actuel (qui règlemente fortement les prises de participation dans d’autres GRT). Il est hors de question pour moi que RTE entre au capital d’autres GRT. Outre le fait qu’économiquement cela ne tient pas la route, il y a plein d’autres pistes pour mobiliser efficacement les finances de RTE ;

* Poursuivre et inscrire dans la durée la démarche Santé Sécurité au Travail ; J’approuve ;

* Enrichir et diversifier le potentiel humain de l’entreprise en portant, dès 2011, un taux significatif d’apprentis, en embauchant des cadres au profil plus tertiaire, en garantissant l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes et en favorisant l’emploi des seniors; J’approuve ; 

* Accroître le niveau de performance de l’entreprise en y associant un dispositif de reconnaissance de chaque salarié basé sur des objectifs individuels motivants et sur une plus grande implication des salariés dans la vie de l’entreprise. J’approuve la seconde partie et demande que la première soit entièrement traitée avec les représentants des salariés concernés dans les IRP ; 

* Mettre en place chaque année a minima deux « démonstrateurs » de notre savoir-faire en R&D; J’approuve le terme « minima » ;

* Etre d’ici trois ans l’un des GRT leaders dans le domaine des Smart Grids ; J’approuve ;

 * Mettre en place avant fin 2010 une démarche d’entreprise favorisant et valorisant l’innovation dans tous les domaines. J’approuve ;

 

Mais au-delà de ces engagements, je souhaite que le Président du Directoire agisse quotidiennement en se rappelant que la première richesse de l’entreprise : ce sont ses salariés !

 

Ainsi, j’estime que les ressources humaines de l’entreprise doivent être au cœur de la stratégie de développement de l’entreprise dans une vision entrepreneuriale.

 

J’attends donc des actes :

 

* Pour assurer le développement de l’entreprise en s’appuyant sur le potentiel des agents ;

 * Pour renforcer le dialogue social en respectant plus encore les interlocuteurs et en particulier les salariés inquiets pour l’avenir de leur activité dans les régions qu’ils aiment ;

* Pour prioriser la croissance de l’activité plutôt qu’une vision étriquée issue de la « gestionnite ».

 

Enfin, j’ai pu, pendant 2 ans, constater l’attachement au Service public de Dominique Maillard, et qui ne date pas d’hier. Et c’est une valeur que partage l’immensité des agents de RTE ! 

 

C’est pourquoi, j’ai apporté mon suffrage pour sa nomination à la présidence du Directoire de RTE. Mais cela reste un suffrage exigeant comme je l’ai indiqué au Conseil ! Je serai, dans mon rôle d’administrateur élu par les salariés, vigilant sur la mise en œuvre des engagements et sur les réponses à mes attentes et à celles de l’ensemble des agents de RTE.

 

Reste désormais à renouveler l’intégralité du Conseil de surveillance et à Dominique Maillard de proposer au Conseil de surveillance, un Directoire. J’ai souhaité que cela soit fait dans les plus brefs délais !

 

 

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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 17:30

L’augmentation impressionnante des prix réglementés de l’électricité au cœur de l’été et qui va pénaliser un pouvoir d’achat déjà malmené, n’est malheureusement rien face à ce qui attend les Français dans quelques mois avec les conséquences du projet de loi NOME, en cours de discussion au Parlement.

 

Ce projet de loi, dans sa rédaction actuelle imposée par le Premier ministre, va réduire une des principales sources financières  (nucléaire) qui permettait jusqu’ici d’arriver à un tarif réglementé acceptable sans plomber les comptes du groupe EDF. Avec Nome et pour les prochaines années, nous aurons à chaque été un refrain encore plus cruel pour nos concitoyens ! N’était-ce pas le Président de la CRE, himself, qui annonçait des augmentations "Nomées" de 7 à 11% ?

 

Il faut donc que le bon sens reprenne tous ses droits. L’électricité est un produit industriel vital pour le développement de nos sociétés ; La Puissance publique doit favoriser le partenariat industriel sur le long terme plutôt que la compétition de casinos !

 

Car les économistes, ceux qui ont poussé à la libéralisation et qui tentent de faire croire que c’est uniquement la reprise des investissements qui génère cette augmentation structurelle des prix, sont frappés d’amnésie. Certes, il est nécessaire de financer le « mur » d’investissement qui nous attend, que ce soit en matière de production comme de réseau.

 

Mais ils oublient de dire que la libéralisation a fait pousser les prix à la hausse de l’électricité et, associée à l’ouverture du capital du groupe EDF, a rempli les caisses de ses actionnaires plutôt que d’assurer les investissements nécessaires… Combien de milliards d’euros distribués ? … pour une augmentation de capital et une capitalisation boursière réduite à néant par le boursicotage. Le dividende reste un choix de l'actionnaire entre distribution des dividendes ou investissement...Et qui est l'actionnaire principal ?

 

Ils oublient de dire que ceux qui ont choisi de faire appel au marché en sont pour leur frais et a ainsi plombé la compétitivité de ces entreprises françaises. A titre d’exemple,  les deux plus gros consommateurs d’électricité que sont Erdf et RTE ont du faire face à un doublement de leur facture énergétique pour compenser les pertes techniques sur les réseaux. Qu’en est-il pour les autres ?

 

Rien que pour RTE et Erdf, ces augmentations de charges ont justifié la hausse des tarifs d’acheminement, le Turpe 3 (50% du tarif réglementé). Mieux, sans s’endetter à outrance, le programme d’investissement de RTE aurait pu se financer… sans augmentation du tarif…

 

Nous invitons donc les parlementaires à reprendre le travail législatif afin d’accompagner une démarche industrielle plutôt que d’être à la remorque d’une vision dépassée de la libéralisation de l’électricité qui a clairement montré son inefficacité pour la collectivité sur la quasi-totalité des plans. Il existe d’autres solutions plus efficaces pour l’économie, pour l’emploi et plus respectueuses de l’environnement et du porte-monnaie des Français !!!

 

 

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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 12:49

Au beau milieu de la torpeur estivale, EDF a annoncé réfléchir à affecter une partie des capitaux de RTE au fond de démantèlement des centrales nucléaires. EDF précise dans son communiqué de Presse que cela ne remet pas en cause sa propriété de l’intégralité de sa participation dans RTE, aujourd'hui à 100%.

 

Mais en fonction du niveau de l'option choisie, en particulier supérieure à 50%, cette affectation à ce fond pourrait avoir des incidences sur la gouvernance de RTE et sur la structure financière du groupe EDF. Bien que le fond soit géré par EDF, la consolidation des dettes de RTE (comme des résultats…) au niveau du groupe ne serait plus obligatoire et ainsi « désendetter » le groupe EDF des dettes de RTE qui pèsent pour près de 6,3 milliards. Donc bonnes nouvelles pour les financiers… Et si ce choix était retenu, EDF devrait abandonner des sièges au Conseil de surveillance, et donc perdre sa majorité… Coup double pour les banques et Bruxelles, dont la Commission est attentive à l’indépendance de RTE ? Tout cela mérite éclaircissement….

 

Mais cette option, en offrant une réponse aux attentes financières de certains posent aussi d’autres questions. Les conditions législatives et réglementaires de la composition du fond de démantèlement sont strictes. En effet, les fonds dédiés se doivent de répondre à des caractéristiques précises. Les actions de RTE sont-elles suffisamment « liquides » pour répondre à ces exigences : elles le sont si l’Etat prend toutes ses responsabilités en cas de ponctions sur le fond… Quelle est donc la stratégie de l'Etat, principal actionnaire ?

 

Encore des éclaircissements à obtenir…

 

Bref, le tour de table financier de RTE a toujours suscité des attentes, rumeurs et velléités. La fin juillet n’est sans doute pas une date adaptée pour poser un débat qui touche l’avenir de RTE… Surtout que votre serviteur a droit, comme tous ses collègues, à des vacances bien méritées !!!


 


 

 

 

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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 15:16

Le projet de loi Nome a été examiné par la commission économique du sénat hier. Ce matin, le rapporteur du texte a rendu public un certain nombre de dispositions mais surtout une position très intéressante sur le fond du dossier. En effet, la sagesse légendaire du sénat a rappelé, tient, tient, qu’il existait déjà des dispositifs moins complexes permettant l’accès à la production nucléaire de base : "Les contrats à participation"… Ce rappel avait été fait, en son temps, à l’occasion des auditions par la Commission Champsaur, par qui vous savez, pour répondre aux questions pressantes des commissaires sur le «  sourcing nucléaire »…

 

Ces contrats long terme qui existent depuis plus de 30 ans, ont contribué à la construction des centrales comme Fessenheim 1 et 2 ( 32.5%), Bugey 2 &3 (17.5%), les 4 tranches de Tricastin (12.5%), Cattenom 1 & 2 (5%), Chooz et plus récemment, Flamanville 3 (12.5%) et, peut-être, Penly 3 (50%-1).  Le principe est simple : Tu participes à l’investissement et tu as un droit de tirage de l’énergie produite à la hauteur de ton investissement. C’est aussi un modèle utilisé en Finlande pour la construction d’une centrale entre un producteur et les électro-intensifs (Fennovoima). Certains gros consommateurs français avaient aussi fait cette proposition pour en bénéficier.

 

De notre côté, c’est sur cette base que nous avions proposé, qu’à titre dérogatoire (intérêt général), que les gestionnaires publics de réseaux bénéficient de l’accès à la production nucléaire pour faire baisser les coûts d’acheminement : Cette proposition avait été faite en première instance… à la CRE à l’occasion de l’élaboration du Turpe 3 … en mars 2008 !!!

 

Ici, nos sénateurs s’interrogent d’utiliser cette solution pour remplacer l’accès à la production nucléaire envisagé par le projet de loi. Ainsi, il serait inutile de légiférer en la matière, et de laisser les acteurs « contractualiser ». Mais certains sénateurs ont déposé un amendement, sans doute à titre conservatoire,  qui permettrait la création d’un fond dédié au financement de la prolongation des centrales nucléaires existantes… Henri Proglio avait estimé, il y a peu, à 600 millions d’euros la prolongation d’une tranche pour 40 ans…

 

La FCE-CFDT avait demandé aux sénateurs de rectifier le texte en profondeur. Les débats programmés les 27, 28 et 29 septembre vont sans doute être chauds entre les sénateurs et le Gouvernement, qui n'a pas une majorité au Sénat...

 

 

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