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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 17:47

Jour noir pour l’approvisionnement électrique de nos concitoyens. L’Etat français, par le communiqué du Premier ministre de ce jour, vient d'annoncer le décès du modèle énergétique français qui avait, jusqu’ici, profité à tous les consommateurs. Les Français n’ont pas aimé la petite augmentation des tarifs de cet été que nous avons accepté au nom des investissements à faire. Ils vont détester la mort programmée de ceux-ci !

 

C’est donc visiblement Neelie Kroes qui vient de remporter sa dernière bataille. Sous la bannière des écoles de Chicago ou de Vienne, temples du laisser faire et du libéralisme financier, c’est elle qui a apporté la dernière estocade à la régulation des tarifs… Bravo l'artiste !

 

Héritière de Margareth Thatcher et de Sir Léon Brittan qui ont apporté sur le territoire européen la doctrine le la libéralisation de l’énergie que les Etats-Unis rejettent désormais, elle a su, tout le long de son mandat de Commissaire à la concurrence, porter les coups pour faire exploser un modèle que beaucoup nous envie… trop peut-être.

 

Et l’Etat français n’a rien fait ! Pire, il justifie son inaction en se félicitant du maintien (qui est provisoire…) des tarifs réglementés pour les petits consommateurs. Mais personne, y compris dans les étages de la Commission, ne l’avait demandé. Les deux commissaires, Kroes comme Piebalgs, ont toujours affirmé qu’ils n’étaient pas opposés aux tarifs réglementés pour les ménages. Ils sont même venus à Paris le dire devant les deux assemblées en 2007…

 

Comment interpréter donc cette Bérézina politique du gouvernement français ? La France pouvait prendre le virage stratégique de la crise environnementale et économique en défendant son modèle. Mieux, elle pouvait proposer un sens politique aux tarifs réglementés en les faisant devenir un instrument puissant du développement durable comme nous l’avions proposé à Champsaur. Mais il y a sans doute plus important à faire dans l’énergie :

 

Des profits !!!

 

 Le Gouvernement Fillon a donc fait un choix réfléchi en acceptant cette brèche dans le tarif réglementé… contre rien !!! Avec de tels résultats, je suis prêt à parier que prochainement, seul le tarif de première nécessité sera l’unique tarif réglementé français.

 

Car ce n’est pas seulement les industriels qui ont perdu le bénéfice des tarifs réglementés : ils sauront se rattraper autrement… du moins ils y croient avec l’assurance d’Exeltium.

 

En effet, en proposant à Bruxelles de mettre en œuvre les conclusions de Champsaur pour calmer les ardeurs de Neelie, le Gouvernement Fillon propose simplement de diluer la rente nucléaire, jusqu’ici dédiée au financement des tarifs réglementés ; Et ce, au profit de la concurrence et de ses acteurs.

 

Les Français viennent donc d’être spoliés de cette rente au profit d’intérêts privés.

 

En effet, les prix vont peut être baisser au début pour lancer ce « marché », mais ils vont tout de suite remonter car les fondements du libéralisme économique ne s’appliquent pas à l’électricité (voir la courbe des prix 2001/2003). Je suis lassé de répéter que seuls les producteurs d’électricité ont le « pouvoir de marché » et que les consommateurs ne peuvent structurellement rien faire dans cette confrontation économique.


Signe important de la mort programmée des tarifs : la bourse vient aujourd’hui de saluer les profits futurs des énergéticiens… Les Français apprécieront en son temps, comme d’autre l’ont fait dans leurs pays respectifs, leurs nouvelles factures d’électricité… au grand plaisir des rentiers !

 

Il s’agit donc d’un tournant majeur pour l’histoire du service public de l’électricité dans notre pays. Le Gouvernement Fillon ne vient seulement pas de commettre une énorme bourde économique. C’est sans doute un échec politique majeur et historique devant la Commission. Avant de légiférer, le Gouvernement serait éclairé d’écouter les anciens qui se mordent encore les doigts de s’être couchés sous les fourches caudines des Chicago’boys and girls bruxellois (voir reportage EDF, les apprentis sorciers sur ACSPE TV)…

 

Cerise sur le gateau,  l’Europe n’a pas fini d’être détestée par les citoyens français, alors qu’un autre choix était possible !!!

 

 

 

 


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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 18:12

Depuis la rentrée, il ne se passe pas une journée sans article de journaux sur le remplacement de Pierre Gadonneix à la tête d'EDF.

Les périodes qui précèdent les échéances sont toujours intéressantes ne serait-ce que pour un observateur averti de la chose publique. Campagne des uns en utilisant parfois les services d’officines spécialisées… Sortie de noms ayant office de chiffon rouge pour mieux crédibiliser sa propre candidature, pour d'autres… etc…

Bref, généralement et pour ne pas couler, la boite à outil du bon candidat est équipée de deux instruments : La brosse à reluire et le savon noir.
La brosse pour flatter le décideur ; Le savon noir pour savonner la planche des petits camarades. Ainsi est la règle du jeu pour obtenir le poste suprême, du moins quand c’est le résultat du fait du Prince...

 

Une entreprise comme EDF mérite mieux que cela, ne serait-ce que par sa place dans le quotidien de l’ensemble des Français. Le Président de la République, garant de l’intérêt général, est bien entendu le chef du Casting. Mais il ne peut désormais se soustraire à deux obligations.

 

  • La première est basique : c’est le débat au sein du Conseil d’administration ; L’Etat propose ses représentants au CA, le Conseil dispose en nommant le PDG, toujours issu de cette liste. Il serait heureux que les candidats à la candidature soient auditionnés par les autres administrateurs, ne serait-ce pour qu’ils votent en toute connaissance de cause. Vote en fonction de critères objectifs mais essentiel pour l’avenir de l’Entreprise. Philippe Pesteil, notre administrateur au CA d’EDF, propose les critères qui lui tiennent à cœur et auxquels je souscris pleinement, ne serait-ce que pour avoir personnellement demandé la même chose en avril 2007 pour RTE…

  • La seconde est l’engagement du Président de la République : Dans le cadre de la réforme des institutions qu'il a lui-même initié… Un processus de consultation parlementaire s'applique désormais pour les nominations des Pdg de toutes les entreprises publiques. Bref, Le Président de la République se doit de consulter la Commission des affaires  économiques du Sénat et de l’Assemblée nationale, suite à la modification (adoptée en Juillet 2008) de l’article 13 de la Constitution

 

Ainsi, les candidats se devraient d’être auditionnés d’ici le prochain Conseil (23 septembre). Pas si sûr que cela se fasse...

 

Alors, renouvellement ou pas, il serait utile que transparence et pragmatisme soient les deux mamelles de la nomination du futur PDG d’EDF !!!


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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 11:02

Voilà  un rappel de la CRE qui va remuer. En effet, dans sa délibération en date du 9 juillet, la CRE rappelle les dispositions de la loi qui réduisent à néant le modèle économique des promoteurs des économies d‘énergie qui n’interviendraient pas dans leur périmètre (article 15 de la loi du 10 février 2000). Visée au premier chef, Voltalis * qui s’est lancée dans l’effacement diffus en l’expérimentant avec RTE dans le cadre du mécanisme d’ajustement. Avec ses 10MW d’effacement en crête, il touche le périmètre d’EDF...

 

Fondée en 2007, Voltalis commercialise auprès des particuliers comme des professionnels un boîtier qui s'installe sur le circuit électrique et permet de "moduler au cours du temps et ainsi d'optimiser la consommation de certains équipements électriques (radiateurs, ballons d'eau  chaude, climatiseurs...)". Selon elle, ce système se traduit par une diminution de la consommation  annuelle d'électricité "jusqu'à 5 à 10%".

 

Il y a donc certainement un recadrage législatif à opérer dans le cadre des débats du Grenelle ne serait-ce que pour promouvoir les initiatives privées en faveur des économies d’énergie. Mais ce débat doit permettre surtout de réfléchir aux rôles des entreprises publiques intervenant dans ce secteur. Oui, il est vital de leur proposer de nouvelles finalités en faveur du développement durable. Nous avions pourtant posé ce débat à la Commission Champsaur . Nous n'avions que récolté une écoute polie de la plupart de nos auditeurs englués dans leur schéma dépassé du tout marché. Il est donc temps de se remettre à l’ouvrage !

 

Car à toute chose malheur est bon ! RTE et Erdf pourraient dans ce cadre être chargés de l’efficience énergétique du pays pour l’application concrète des objectifs du Grenelle. Cela tombe bien, elles sont toutes deux filiales d'une entreprise verticalement intégrée qui serait très majoritairement impactée par cette action. Enfin du sens industriel à une intégration qui n'est aujourd'hui que financière et politique tout en respectant les prérogatives de chacun !!!


En effet, c’est bien RTE qui est chargé de l’équilibre production/transport d’électricité en France. Dotées d’instruments pilotés par Erdf, associés avec une tarification adaptée telle que nous l’avons esquissé à la Commission Champsaur, les économies d’énergie dégagées pourraient trouver un nouveau modèle économique solide. Mieux, cette production d’électricité « négative » trouverait également un débouché dans le spectre base et semi-base des pertes techniques des réseaux…

 

Oui, nous avons de la suite dans les idées (voir articles précédents sur les pertes, 1 et 2)…

 

Dans les 33 TWh de pertes techniques, une part issue de la participation prise sur des groupes de production de base, une part sur les économies d’énergie réalisées sur les pointes et semi-base, pourraient alléger la facture des utilisateurs du réseau tout en allégeant la facture des particuliers français. Les perdants dans l’affaire, car il y en a forcément, seraient les opérateurs étrangers, qui aux dires des données présentées dans le cadre des travaux du GT Pertes de la CRE, interviennent massivement sur ce marché…

 

Voilà donc une nouvelle piste sur laquelle nous invitons nos lecteurs appartenant à ce GT (et il y en a plusieurs…) à se pencher !


* en vue d'un décryptage... Le PDG de Voltalis, Pierre BIVAS, a été conseiller technique au cabinet d'Hervé GAYMARD en 1995  puis de Jacques BARROT en 1996 ( Ministre du Travail et des Affaires sociales). Il fut l'éphémère Président du GIP  (Groupement d'Intérêts Politiques) chargé par le Gouvernement de mettre en place le dossier médical personnalisé. Viré manu-militari par Xavier Bertrand au bout de 6 mois, il a quand même participé au voyage présidentiel en Chine en novembre 2007 avec les hauts patrons du CAC 40 ...

 


 



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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 07:48
J'ai toujours eu une affection particulière pour la clairvoyance de notre ancien président.

J'ai eu l'honneur, il y a quelques jours, d'avoir un échange passionnant avec cet homme plus que jamais passionné par le Service public. Je vous invite à votre tour à l'écouter attentivement. Il ne dit rien d'autre que ce que vous pouvez lire à travers nos articles, depuis toujours...

Les perspectives qu'il trace rappellent que le Service public est une idée plus que jamais moderne pour répondre aux défis de notre pays. Sera t-il entendu ?





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