Pour mieux comprendre

Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 20:16

Vos très nombreuses interrogations ou réactions nous incitent à préciser un certain nombre d’éléments. Nous en profitons pour vous rappeler que vous avez toujours la capacité de réagir publiquement et directement aux articles sur ce site avec un anonymat certes relatif ( seul l’IP du rédacteur est stocké).

 

Deux familles de questions. L’une technique, - l’autre très politique.

Techniques

 

Pour ce qui concerne les pointes de consommation, chauffage électrique, etc...

 

Les faits observés sont tenaces. Quand on fait la moyenne de la puissance appelée sur les dix dernières années, l’écart journalier moyen entre la pointe de consommation et le creux est passé de 10 000 à 13000 MW, soient +30%. Par ailleurs, pendant ces dernières années, le gradient de température (sensibilité d’appel de puissance pour une variation météorologique de 1°C) est passé de 1300 à 2100 MW/°C.

 

Vraisemblablement, ces deux éléments sont la résultante de plusieurs phénomènes. La mutation sociétale et le transfert de mode de chauffage en faveur de l’électricité. Derrière la mutation sociétale, il faut y voir la multiplication du nombre de foyer et de consommateurs d’électricité sur le territoire. En effet, la croissance annuelle de la population a progressé de 30% (passant en dix ans d’un solde de 200 000 à 300 000, représentatif d’une fécondité française et d’une espérance de vie en hausses). Le nombre de foyers (ou ménages) a suivi, accentué par la progression des divorces (+ 50%) qui transforme un foyer… en deux, avec tout ce qui va avec... Par ailleurs, la volatilité des prix du pétrole et la recherche d’économies dans la construction neuve sont plutôt favorables à l’électricité. Les hivers rigoureux pèsent d’autant plus par les radiateurs électriques d’appoint, plus facile à mettre en œuvre chez les utilisateurs.

 

C’est donc bien à ces pointes que doivent s’atteler les énergéticiens. La CFDT en a pris conscience, d’où sa proposition présentée à la commission Champsaur. L’EPR est un moyen de production de base qui ne trouve pas son efficacité économique sur cette pointe. Efficacité économique d’autant plus réduite compte tenu de l’augmentation des écarts pointe/creux. Il faut d’abord s’attacher à réduire ces écarts pour optimiser le parc actuel.

 

L’automobile électrique

 

La traction électrique aura assurément la 1ere place dans le mix du transport terrestre de la seconde moitié du siècle. Mais appuyer la nécessité d’un EPR supplémentaire, ou à fortiori de plusieurs, relève d’un bon nombre de raccourcis qu’il convient de remettre en perspective. En effet, les constructeurs automobiles comptent lancer industriellement différentes gammes à partir de 2011. Ils projettent un parc automobile d’1 million de véhicules en 2020. A 25 kWh aux 100 kms, l’impact sur la demande en électricité est de l’ordre de l'épaisseur de la mine du crayon (2 à 3 TWh à l’horizon 2020)…

 

Le remplacement des 30 millions de véhicules particuliers sera donc un travail de plusieurs dizaines d’années. Il demande le développement d’infrastructures non-rédhibitoires, en particulier pour la recharge des batteries et d’une offre commerciale et financière adaptée. Chaque année, c’est plus de 2 millions de véhicules neufs immatriculés sur le territoire. De là à changer la donne et y voir un impact sur la demande globale en électricité, il y a quelques années devant nous.

 

La technologie EPR et la quatrième génération

 

L’EPR est une amélioration des centrales actuelles, tant en terme de sûreté quand terme d’efficacité. La technologie consomme moins de combustible et est donc par la même, moins producteur de déchet. Sauf qu’il est peu souhaitable de remplacer le parc actuel par l’EPR. En effet, les améliorations proposées pour prolonger les centrales actuelles permettront de passer le cap des 2030-2040, cap durant lequel nous pourrons bénéficier de réacteurs de nouvelle génération, assurément plus performants en tous domaines. Par ailleurs, la prolongation des premières tranches, soumises à l’autorité de l’ASN, devrait débuter pour 2018 pour les centrales les plus anciennes.

 

Il y a donc plusieurs raisons pour opter en faveur de la prolongation plutôt que pour le remplacement par l’EPR.

 

Economique. Il faut opposer les 400 millions d’investissement par tranche pour prolonger de 20 ans aux plus de 4 milliards pour une tranche neuve de 60 ans d’exploitation. A l’euro investi au MW sur une période identique, il y a un rapport de 2… en faveur de la prolongation! Si on rajoute à cela l’assurance pour les collectivités et les agents (…) de bénéficier de 20 ans supplémentaires d’exploitation sur le même site avec les infrastructures adaptées : il n’y a pas photo.

 

Industrielle. L’avance de la France dans le nucléaire civil n’est plus à démontrer. Mais une telle avance se doit d’être conservée. Elle ne le peut que par des efforts de recherche et développement conséquents. Si le réacteur à fusion n’est pas pour notre génération malgré le rêve de tous, le réacteur à fission, consommant les matières fissibles jusqu’ici stockées pour des millénaires, est à mettre à l’agenda de la politique énergétique européenne et française. C’est en cela que l’on peut regretter l’abandon total de la filière surgénératrice. Avec une réorientation du réacteur de Creys-Malville, on aurait pu faire de bonnes choses … Il n’est pas trop tard pour lancer un programme industriel ambitieux

 

Enfin, en terme de transition entre le Technique et le Politique, il y a place à un débat fort intéressant sur ce que l’on souhaite faire de cette filière industrielle. L’avantage économique à court et moyen terme du nucléaire est indéniable. Cette « rente » ne doit-elle pas aussi être captée au bénéfice de la collectivité et de la recherche & développement ?

Questions très politiques …

 

EPR, Suez et consorts…

 

C’est tout le débat de l’arrivée de Suez, Total, Bouygues et consorts dans l’exploitation et le développement du nucléaire. La rente est considérable, et les acteurs privés ont bien identifié la source et la nécessité de leur présence… au robinet…

 

Nous ne rentrerons pas dans le manichéisme du débat public-privé. Le nucléaire est majoritairement exploité dans le monde par le privé, c’est un fait. Mais nous avons assurément une opinion tranchée sur cet aspect : Le nucléaire français, qui est le premier au monde, doit rester public pour de multiples raisons qui sont assurément de nature Politique avec un grand P. L’acceptation sociale et la transparence de la décision publique sont des éléments importants sur lesquels on ne reviendra pas.

 

Côté développement, même topo. AREVA NP, filiale d’AREVA qui s'occupe de la conception et la construction de centrales nucléaires, était jusqu’ici majoritairement publique. Mais l’imbroglio politico-financier autour de la participation de Siemens (34% actionnariat d’Areva NP) pose questions. Politico car l’entente cordiale entre Mme Merckel et M. Sarkozy n’est assurément pas au beau fixe. De là à dire qu’il y a malice autour des provocations ressenties par les Allemands d’un côté ou de maladresses avouées par autres sur le dossier Areva, il y a un pas qui ne sera pas franchit ici par absence d’éléments probants. Nous verrons bien d’ici peu, assurément à la lumière de l’identité du futur repreneur. Mais force est de constater qu’AREVA ( ou l’Etat) est plutôt en attente d’argent frais que de siège à la gouvernance de sa filiale… Cette vérité là, est plutôt en béton !

 

L’apparition de Suez est assurément logique dans le « sourcing » de la production de base. Faut-il pour autant l’adouber sur l’exploitation du nucléaire EDF?

 

Concurrence frontale avec EDF sur le territoire français, les conséquences de l’union imposée par M. Sarkozy entre les deux mastodontes révèleront sans doute la vraie nature du contrat de mariage. Pierre Gadonneix  dans le Figaro de ce WE a exprimé un point de vue surprenant qui aurait mérité, dans un monde normal, une sanction claire de son actionnaire : « Il y a de la place pour tous dans le nucléaire dans le monde… y compris en France ! »  (la bourse à salué EPR 2 par - 4% titre EDF, +4 % titre Suez) Et ce n’est pas par l’argumentation autour du renforcement de la concurrence imposé par Bruxelles que se trouvera un aboutissement dans ce ménage à plusieurs.

 

En effet,  il y a une autre façon pour Suez ou d’autres, d’apparaître dans « le sourcing » français cher aux yeux des marchés. Nous l’avons rappelé à la commission Champsaur après les questions pressantes de nombreux commissaires. Les contrats de participation sont une idée intéressante à développer en France. Rappelez-vous, nous souhaitons toujours que les GRT apparaissent dans le « sourcing » et ainsi réduire le coût des pertes facturées à tous les utilisateurs. Contre un investissement de départ, l’opérateur n’intervient pas dans l’exploitation mais la centrale lui délivre les MWh à la hauteur de son investissement. Si un opérateur privé souhaite avoir malgré tout sa propre centrale, il y a en Europe 26 autres territoires à explorer…

 

Enfin Total est assurément le cas le plus intéressant à traiter. L’histoire de cette entreprise est éclairante pour analyser sa stratégie : dit moi qui es-tu, je te dirais où tu vas !

 

Total SA est issue de plusieurs mariages successifs dont l’ancêtre est la compagnie française des pétroles (CFP). Pétrofina, entreprise belge (Albert Frère, toujours lui, acteur de référence de Suez, était le principal actionnaire…) fut des premières noces, puis Elf en 2000. A chaque mariage, le nom du conjoint était adossé (Total-Fina SA – Total-Fina-Elf SA, etc…). Une fois l’union consommée, seul le nom du fondateur apparaissait. De quoi, sans doute, à angoisser nos camarades de Gaz de France-Suez…

Mais le créateur de l’ancêtre de Total n’est autre que le premier électricien français des années 20, qui a construit, entre autre, Gennevilliers, la première centrale thermique française.

 

En affaire aussi, on revient à ses premières amours..

 

Total, 8eme entreprise mondiale et 1ere française a acquis, outre un trésor de guerre considérable, un savoir-faire énergétique et un poids conséquent au niveau des gouvernements. Dans sa stratégie, le nucléaire occupe désormais une place de choix. Si EDF a eu sa vitrine pour vendre l’EPR à l’étranger, Suez attend la sienne. Total, la voudra, sans aucun doute ! D’où notre prudence sur cette stratégie de court et moyen terme visiblement portée par le Président de la République, alors que nous sommes nombreux à penser que  la politique énergétique doit s’organiser sur des échéances plus longues et en toute transparence… Autant que le 1er EPR est visiblement justifié par l’étude de la PPI pour 2020. Autant que gonfler les marges avec un ou deux EPR supplémentaires nous semble onéreux avant d’être inutile vu de la PPI d’aujourd’hui, voire dangereux vis à vis de l’opinion publique.

 

 

Par administrateur - Publié dans : Pour mieux comprendre
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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /2009 13:30

Le Président de la République vient de faire tomber le suspense : il y aura bien un deuxième EPR en France : bon ! Il sera exploité par EDF : ouf! Il sera construit à Penly : bien ! Mais à quand le prochain ?

 

Quand l’Etat suggère un investissement de plus de 4 milliards d’euros, il y a assurément une bonne raison ! Elle ne peut qu’être d’intérêt général élevé pour se soustraire au débat parlementaire autour de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) qui devrait débuter prochainement ou encore de l’adoption définitive du Grenelle de l’environnement.

 

Explorons une à une les raisons possibles pour s’en faire une idée.

 

Le besoin impérieux d’avoir une source supplémentaire d’électricité ? Cela tombe bien, les travaux préparatoires au débat parlementaire sur la PPI pour 2020 viennent de se terminer. Force est de constater que le besoin n’y apparaissait pas évident.

 

En effet, les projections de consommation d’électricité en France pour cette échéance nous montraient clairement que, quels que soient les scénarii envisagés, la production était excédentaire. Mieux, dans le scénario le plus contraignant, et avec la présence du second EPR, les exportations d’électricité étaient multipliées par deux par rapport à 2008. La marge était donc confortable, car nous passions de près de 50 TWH en 2008 à 99TWh voire à plus de 130 TWH pour le cas le plus favorable. Convenons-en, avec un EPR qui produirait 11TWh, le besoin pour le territoire français n’était visiblement pas avéré.

 

Certains diront qu’il faut anticiper sur le risque de non-prolongation des centrales existantes soumises à avis de l’autorité indépendante de sûreté nucléaire, prolongation qui débutera vers 2018. Certes, mais comment se fait-il que les réacteurs PWR américains puissent être exploités jusqu’à 60 ans, et que les nôtres, bien plus modernes et avec un investissement envisagé de 400 millions d’euros par réacteur, ne puissent pas atteindre cet âge. Convenons-en aussi, il y a dans la marge ci-dessus des possibilités pour quelques retraites anticipées.

 

Alors d’autres vous diront, avec raisons, que les pics de consommation observés en hiver sont impressionnants et méritent de la production supplémentaire. Sauf que le nucléaire n’est pas un mode de production de pointe ! Il sera donc impérieux de traiter le passage de ces pointes de consommation, soit par des moyens de production appropriés, soit par des outils plus adaptés au Grenelle de l’environnement. Cela tombe bien, la CFDT a fait des propositions à l’occasion de son audition par la Commission Champsaur chargée de réfléchir aux tarifs de l’électricité. Sans avoir une prétention démesurée, il serait sans doute intéressant de s’y pencher un peu.

 

Raisons économiques, alors ?

 

Un tel investissement, c’est de l’activité et de l’emploi. C’est effectivement une réalité qui s’impose. Sauf qu’une telle somme serait aussi appropriée pour enclencher plus fortement une politique basée sur l’efficience énergétique ! Il y a là un gisement d’emplois non délocalisables et d’activité pour un tissu de PME dont nos grands énergéticiens seraient éclairés d’examiner. Une politique qui irait dans le sens de la signature de la France pour la directive énergie-climat qui impose une réduction de 20% de la consommation et qui renforcerait les objectifs du Grenelle.

 

Raisons industrielles et politiques ?

 

La France brille dans le monde par son avance dans l’énergie nucléaire. Ses 58 tranches exploitées par EDF ont fait jusqu’ici une démonstration sans pareil. Se lancer dans le renouvellement du parc actuel français par l’EPR comporte le risque d'annihiler le futur industriel de notre pays pour de nombreuses années. Exit ainsi le réacteur de 4eme génération (peu ou pas producteur de déchet) envisagée pour 2030-2040 que nous appelons de nos vœux. EPR est une amélioration certaine des réacteurs actuels, mais sans rupture technologique. EPR est avant tout un produit pour ceux qui ont peu de nucléaire aujourd'hui dans leur mix. Nous avons désormais deux vitrines pour son exportation.

 

Enfin, le chef de l’Etat serait bien inspiré de se rappeler que l’acceptation du nucléaire par les Français est basée sur deux piliers. Le premier s’appuie sur la rente nucléaire distribuée au Français par les tarifs réglementés. Rente appelée visiblement à se diluer entre plusieurs opérateurs. Le second est l’assurance aux yeux des Français, de la puissance publique dans les destinées de l’exploitant et du constructeur. Ouvrir le nucléaire français aux intérêts privés et capter sa rente, ne feront-il pas vaciller cet équilibre précaire ?

 

Ainsi, le chef de l’Etat a tranché en faveur de l’opérateur public comme le souhaitait bon nombre dans l’hypothèse de ce second EPR. Mais cette décision, dont la méthode reste condamnable, comporte en ses gènes une future option d’un 3eme réacteur privé, encore moins justifiée pour la PPI et finalement dangereuse pour la filière nucléaire française vis à vis de l’opinion publique.

 

 
Communiqué de l'Elysée : ici

Par Patrick Larradet - Publié dans : Pour mieux comprendre
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 09:53

Informations du Président du Directoire.

 

TURP3: toujours quelques turpitudes : propositions inacceptables !

Passage de l'hiver: Importations possibles d'électricité, suivant les scénarii…

Yes ! RTE a vu sa concession du réseau public de transport renouvelée pour une durée de 43 ans.

Litige avec la SNCF: RTE banque pour l’instant !!!

Incident PACA: Félicitations aux agents.

Code de bonne conduite : la CRE vigilante sur la gouvernance en particulier sur l'indépendance du directoire.

 

 

Résultat probable 2008

Bon résultats à 292 M€

 

PMT (Plan moyen terme) 2009-2011

 

Investissements à la Hausse !  Mais le Turpe sera t-il à la hauteur ????

Revenu sur les intercos : ils rêvent….

Encore et toujours de la productivité…

 

Financement 2009 :

 

Faut emprunter pour les investissements.

 

Création de la Filiale commune avec Elia :

 

Pour coordonner les flux sur les réseaux du Nord..

Par Patrick Larradet - Publié dans : Pour mieux comprendre
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 16:59




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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2010
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