Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /2010 18:26

Le directoire de RTE présente depuis quelques semaines son projet industriel à l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. Il avait déjà ouvert le bal à l’occasion des vœux internes comme externes. L’objectif est de susciter un débat le plus large possible et passer à la suite dans une phase plus opérationnelle.

 

Le dossier « Performance durable » a donc été examiné au dernier Conseil de surveillance.  

Sans dévoiler, bien entendu, le secret des débats, il était important que je rende publique mon opinion sur un sujet qui concerne notre avenir commun.
 

Tout d’abord, j’ai toujours défendu, ce site en est témoin, l’impérieuse nécessité de tracer des perspectives pour l’ensemble du collectif que représente l’entreprise. Il est toujours bon de savoir vers quoi nous allons tous ensemble, ne serait-ce que pour se projeter dans l’avenir : donner du sens à l’action est assurément le meilleur vecteur d’entrainement et de motivation ; Plus largement c’est l’essence même de la vie…

 

Le projet proposé s’appuie donc sur cette attente et sur une analyse du contexte externe. Cette analyse constate l’évolution majeure des missions de service public en faveur du développement durable, la prise en compte des nouvelles attentes sociétales autour de notre outil industriel, l’évolution des technologies qui pourront permettre de l’adapter aux attentes, et le volet performance économique de notre entreprise.

 

Jusqu’ici, rien de bien nouveau sur nos missions que nous confère la loi : la priorité des priorités reste notre mission « régalienne » de l’exploitation, de l’entretien et du développement du réseau public de transport. Bref, bien faire notre métier est un minimum auquel je souscris pleinement car c’est notre légitimité reconnue et viscéralement attachée aux valeurs du Service public (égalité, continuité, mutabilité). Mais pour moi, ce n’est désormais plus suffisant pour assurer un avenir à notre entreprise!

 

En effet, rester dans notre pré carré peut devenir mortel.

Outre le fait, que cela ne valorise pas la majeure partie des agents qui peuvent s’essouffler au bout de quelques années ;
Que cela ne favorise pas l’attraction ou la fidélité des meilleurs dans une « petite boite » de 8500 personnes dont la respiration était jusqu’ici largement possible dans le groupe EDF;
Que les exigences de notre actionnaire, de la CRE,  etc… poussent aux serrages de ceinture perpétuels ;

Tout cela peut devenir anxiogène : pire donner l’image d’un Service public poussiéreux …avec comme seule perspective : le toujours moins !  Je préfère que l’entreprise s’inscrive dans le toujours mieux en ouvrant son périmètre d’activité !!! De mon point de vue, le Service public est appelé à se développer dans un monde qui a besoin de repères solides !

 

Loin de moi la pensée de faire de RTE le maitre du monde en matière de transport d’électricité avec un  développement anarchique à l’étranger ou sur les plates bandes de PME qui tentent de survivre à la crise ! Cela pourrait nous être reproché, un peu comme on l’a fait à EDF dans sa politique d’expansion.

 

Mais avoir un chiffre d’affaire un peu plus diversifié sur des activités nouvelles permettrait d’ouvrir les fenêtres sur une nouvelle vocation entrepreneuriale de RTE. Rien n’interdit le Service public d’offrir de nouvelles activités, à la condition qu’elles répondent à une demande et surtout qu’elles préparent l’avenir !

 

Le projet propose ces pistes, mais j’ai souhaité que l’ensemble des agents de l’entreprise soit pleinement concerné. Car si j’ai des critiques à formuler autour du projet présenté, je le trouve à ce stade un peu timide et quelque peu élitiste sur certains aspects. Oui, y a du grain à moudre pour les ingénieurs ou le top management et c’est bien. Mais laisser la grande partie des effectifs de RTE sur le bord du chemin risque de fragiliser encore plus le lien entre les Hommes et de ne pas ouvrir les portes de l’ascenseur social aux talents que nous rencontrons tous les jours sur le terrain et qui n’ont pas tous fait de grandes écoles !

 

C’est pourquoi, outre ce qui est déjà proposé dans le projet :  

 

* Je crois fondamentalement à la création de valeur ajoutée dans la maitrise de la demande énergétique : Conseils aux clients de RTE, collectivités territoriales pour un aménagement durable, etc.  On suscite ici l’intelligence sociale avant la haute expertise technique ; Et là, cela touche tous les agents, y compris dans le tertiaire !

 

* Je crois aux déploiements de nos compétences en externe, Travaux sous tension et héliportés, bien sûr mais aussi en maintenance conventionnelle, en ingénierie, en études de réseaux et en conduite au travers de partenariats industriel avec nos fournisseurs, prestataires et autres GRT ;

 

* Je crois aussi, à ce titre, aux partenariats avec les lycées pro, facultés, labo de recherches, et grandes écoles. L’expérience accumulée par de nombreux agents peuvent trouver un débouché dans la formation générale ou technique mais aussi auprès de nos fournisseurs et prestataires qui ont un besoin d’adaptation de leur ressources face aux murs d’investissement dans l’énergie ;

 

* Je crois aux grands projets comme DESERTEC qui peut avoir besoin de l’expertise de RTE, complémentaire à la grande boucle méditerranéenne. Si ce projet pharaonique de 400 milliards vient à se concrétiser (chaque jour de bonnes nouvelles tombent…), RTE pourra avoir toute sa place (de nombreuses liaisons sous-marines à courant continu sont nécessaires). Il est souhaitable de se positionner avant les GRT nordiques qui ont une avance certaine dans l’exploitation le développement et la maintenance de tels ouvrages ;

 

* Je crois à l’émergence du partenariat avec ERDF sur la base d’@RTERIA pour offrir de nouvelles opportunités en lien avec les collectivités concédantes. Notre filiale y trouverait de nouveaux leviers de croissance dans le respect du cadre législatif qui est certes, complexe;

 

* Toujours avec ERDF, je crois aussi au travail en commun sur la MDE, complémentaire à celui des énergéticiens. Si le pilotage de la courbe de charge nous est légitimement dédié, l’avènement des smart-grid passe aussi par une collaboration renforcée avec les industriels (équipement de mesure, voies de communication, raccordement des nouveaux usages de l’électricité tels que les véhicules électriques) ;

 

Ces nouvelles activités demandent des moyens financiers et humains. Tout n’est sans doute pas possible ou ne dégagera pas suffisamment de cash pour assurer leur viabilité. Mais je souhaite que l’innovation soit au service du développement de l’activité de RTE, et non simplement au service de la productivité pour la productivité. Le progrès doit générer plus d’emploi qu’il n’en détruit et doit être source d’épanouissement personnel.

 

C’est le sens que je souhaite pour le projet de RTE. Il nous reste donc collectivement encore du chemin à parcourir !

 

   

 

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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /2010 15:53

Le Groupe de Travail mis en place par la CRE en avril 2009 sur le dossier de l’achat des pertes techniques des réseaux vient de rendre ses conclusions. Dossier important car avec cette problématique, les deux plus gros consommateurs d’électricité en France sont RTE et Erdf. A elle seule, la croissance constante des prix de l’électricité justifiait les demandes d’augmentation conséquente du Turpe 3 formulées par des deux gestionnaires. Nous avions donc souhaité ce débat dans un contexte  de demandes récurrentes de productivité sur les gestionnaires de réseaux. En effet, aux yeux de nos interlocuteurs, la baisse du coût de l’acheminement doit se construire sur la pression continue des effectifs de ces entreprises et un effort conséquent et tout aussi continu sur les charges d’exploitation.

 

Arbre qui cachait la forêt… En effet, en faisant les comptes, on acceptait d’un côté l’augmentation de plusieurs centaines de millions d’euros sur un poste pour imposer, dans la douleur sur les salariés et prestataires, le gain de quelques dizaines de millions…

 

Ainsi, l’augmentation constante des prix de l’électricité depuis de nombreuses années plaidait pour lancer une réflexion urgente en vue de réduire les coûts d’acheminement qui pèsent pour près de la moitié des factures des ménages.

 

C’est pourquoi, nous avions proposé (question 12) dès la première consultation sur le Turpe 3 en mars 2008, la possibilité aux gestionnaires de réseaux de conclure des contrats long terme sur la base de prise de participation à l’instar des celles existantes depuis des décennies sur des groupes nucléaires comme Tricastin, Bugey, Fessenheim, Cattenom, Chooz, etc…. L’objectif était de se fournir directement à la base, en prenant les risques industriels (limités…) qui allaient avec. Cette option, qui couvrait uniquement les pertes en base,  permettait de s’affranchir d’une volatilité des prix déconcertante, toujours à la hausse (sauf en temps de crise) et qui grève encore et toujours le pouvoir d’achat des Français et la compétitivité de l’industrie de notre territoire. Dans une démarche en faveur de la collectivité, nous avions précisé que cette possibilité était seulement ouverte aux gestionnaires de réseaux de par leurs caractères publics. Nous avions des alliés : consommateurs de tous ordres, parlementaires français éclairés de tous bancs… Mais nous avions aussi en face quelques dogmes à faire tomber…

 

Car jusqu’ici, l’achat des pertes passe obligatoirement par le marché. Le volume des 33 milliards de kWh alimente donc la « fluidité » de celui-ci. Ainsi, en retirant une partie des pertes, on écroule cette « fluidité » et donc le principe même de son opportunité. Les défenseurs du dogme se sont vite empressés d’élever les barricades. En effet, on a pu observer à l’occasion du débat du 3eme paquet énergie au Parlement européen, une proposition qui a été adoptée dans la directive en son article 18 qui dispose que le GRT : « n’a pas de participation directe ou indirecte dans une filiale de l’entreprise verticalement intégrée assurant des fonctions de production ou de fourniture ». Ainsi cela interdit expressément RTE d’avoir des participations capitalistiques dans des groupes de production nucléaire exploités par EDF, sa maison mère… Un peu comme si on interdisait un constructeur automobile d’utiliser ses propres véhicules, le boulanger de manger son propre pain, … etc….

 

Mais la cerise sur le gâteau est venue avec les premiers projets de la loi Nome. Ce qu’on interdit aux entreprises publiques en faveur de l’intérêt général, on l’oblige à le faire à des entreprises publiques en faveur de ses concurrents, sans le risque industriel qui va avec… au nom de la concurrence !!!

 

 

Le rapport présenté par le groupe de travail initié part la CRE débouche donc naturellement vers une réponse de circonstance en première lecture de la conclusion du rapport: « j’vous voudrais bien, mais j’peux point …» Mais en creusant bien les pages 24 et 25 du dit rapport, le GT dit finalement et très honnêtement que c’est possible mais avec un luxe de précautions … Luxe qui était pleinement dans notre proposition…

 

Participation minoritaire et sans contrôle sur une centrale: cette exigence était remplie dans notre proposition (question 12 + propositions à Champsaur, parag 6) car dans notre esprit, chacun son métier ! Le modèle était bien les contrats de participation actuels… qui ne sont finalement que des contrats long terme… de nature industrielle et non capitalistique…

 

Volumes limités aux besoins : Dans notre proposition , l’objectif des gestionnaires de réseau était de couvrir ses pertes de base et non pas de commercialiser les surplus… La semi-base et les pointes peuvent se faire par le marché… ou par des prises de participation sur des groupes de production saisonniers ( centrale hydraulique tête de lac), ou par la construction de centrales favorablement implantées pour lever des contraintes de réseau structurelles en pointe ou en semi-base….

 

Par ailleurs et pour finir, il n’y a pas que la production nucléaire qui est de base… Le fil de l’eau peut aussi participer à limiter le coût des pertes sur nos fils….Y a pas dans l’air un dossier sur l’ouverture des concessions hydrauliques ???  

 


lire aussi nos articles précédents :

Pertes et fracas
Pertes et profits

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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 16:01

Dans le dossier des risques psychosociaux, RTE est passé du rouge au vert depuis une semaine sur le site du ministère du travail !  Les diverses réactions, dont la nôtre, ont visiblement porté pour rétablir la vérité ! Mieux que cela, le Ministère a visiblement mangé son chapeau en acceptant la publication des actions prises par RTE en la matière… depuis 2008… donc, bien, bien avant la publication de la fameuse liste !

 

Mais au-delà des négociations et du travail menés conjointement par l’entreprise et les organisations syndicales, il convient d’être particulièrement vigilant en la matière. C’est ainsi le rôle de chacun, quelles que soient nos responsabilités, d’identifier les zones à risques, les collègues en souffrance, et de ne pas accepter l’inacceptable. Parfois le mal se fait par ignorance des mécanismes débouchant sur le mal au travail, ou par négligence renforcée par le déni d’une réalité pourtant éclatante.  RTE, comme n’importe quelle entreprise, n’est pas à l’abri de cela, loin s’en faut…

 

Il n’est pas ici question de promouvoir le « maternalisme » dans l’entreprise ; il est ici question d’identifier les signaux faibles ou pas d’une souffrance avérée et d’y apporter une réponse adaptée pour éviter les catastrophes à la France-télécom ! Prévenir avant de guérir.
 

Bref, de l’humain dans nos actes, bordel !!! Et cela vaut pour tout le monde…

 

A titre d’exemple concret à RTE, les vagues de « réformes » dans de nombreux services, impulsées par le dogme du productivisme, génèrent des risques de cet ordre par l’incompréhension de l’objectif poursuivi par ceux-là mêmes qui doivent en subir les conséquences. Mais expliquer un changement est une chose; Encore faut-il que cela veuille la peine face aux bouleversements que cela comporte !!! Et ce n’est pas toujours le cas…

 

Ainsi, même si le Vert est désormais mis à RTE, le rouge peut s'y déguster jusqu’à l’hallali…

 

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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 12:10

Michèle Bellon, ex n°2 de Dalkia (filiale commune EDF/Véolia), a été nommée hier présidente du directoire d'ERDF. Elle succède à Michel Francony, démissionnaire, qui occupait cette fonction depuis sa création, le 1er janvier 2008.


Le changement s’est donc fait hors caméra alors que la Presse évoquait, il y a encore un mois, un bras de fer sur cette succession. Faut dire que Michel Francony, fin connaisseur de la "Distrib", n’a pas été aidé dans son éventuel souhait de rester.  Les résultats financiersde son entreprise en 2009 et les conflits, tant avec le Personnel dont la grève a laissé des traces, qu’avec les autorités concédantes qui réclament une reprise massive des investissements, ont sans doute pesé pour la poursuite de son mandat jusqu'à son terme.

 

 C’est donc une partie compliquée qu’aura à jouer Michèle Bellon à la tête d’ERDF car les fondamentaux restent les mêmes, en particulier un Turpe visiblement sous calé par rapport aux aspirations des parties prenantes… Turpe, qui, finalement, a eu raison de son prédécesseur !


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Notre liste sort renforcée de ce suffrage pourtant semé d'embûches...


C'est le fruit d'un travail collectif qui associe les talents des femmes et des hommes de la CFDT de RTE. Mais c'est aussi le résultat d'une écoute attentive des salariés que nous avons rencontrés pendant plusieurs semaines pour construire nos propositions.


Maintenant, il va falloir peser pour orienter la gestion de l'entreprise vers le mieux vivre pour être plus efficace : car le Service public est au coeur de nos préoccupations !

 

Et nous avons encore besoin de vous pour y parvenir !

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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2010
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