Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 11:52

La consommation d’électricité est un excellent indicateur de l’impact sur l’activité industrielle et humaine que pourrait avoir une grève nationale.

 

Au-delà de la guerre des chiffres qui ne manquera pas ce soir au journal de 20h00, il y a des éléments incontestables. Tellement incontestable car la consommation d'électricité en France n’est pas sous l’influence majeure de la météo en septembre et qu'il n'y a peu de correction météo… comme il pourrait y avoir une "correction du ministère de l’intérieur" sur les chiffres de participation…

 

Que peut-on constater à cette heure ?

 

A météo nationale quasiment identique, la consommation entre le 7 et le 23 septembre est à peu près du même niveau, soit  54 440 MW aujourd’hui à 11h00 (heure stable pour l'activité), pour 54 580 MW le jour de grève précédent. Donc même niveau d’activité en France pour ces deux jours là.

 

Mais le plus intéressant, c’est de comparer par rapport au même jour (électriquement parlant, mardi = jeudi) de la même semaine, pour s’affranchir des écarts d’activités constatés entre début septembre et la fin…

 

Ainsi, nous observons :

 

55 835 pour le jeudi 9 septembre, soit un différentiel de 1200 MW pour la grève du 7 septembre. 

56 650 pour le mardi 21 septembre soit un différentiel de 2 200 MW pour la grève du 23 septembre…

 

Ici, on ne dira pas qu’il y aura deux fois plus de manifestants que le 7 septembre. Mais on constate simplement que l’influence de la grève pèse presque deux fois plus aujourd'hui…

 

Il sera donc bien malhonnête d'affirmer que la mobilisation des Français pour leur retraite est en recul...  au contraire !!!!

 

ajout de 17h00 :

 

Après analyse de cet après midi, nous constatons la baisse de consommation sur l'ensemble du territoire, proportionnellement plus fortement en province qu'à Paris.

 

Il est donc clair que la baisse d'activité constatée par la baisse de consommation d'électricité en France a été plus forte aujourd'hui que le 7 septembre dernier ...

 

 

 

Sources : courbe de la conso d’électricité sur le site RTE

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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 08:00

D’après les Echos de ce matin, GDF-Suez vient de faire part au Gouvernement de son retrait du projet EPR de Penly. Un beau pavé dans la mare...

Effet du projet de loi NOME qui pousse les concurrents d’EDF à plutôt se servir du dispositif de l’Arenh au lieu d’investir (démonstration faite !), retard sur Flamanville 3 avec envolé des coûts du premier prototype français, prédominance d’EDF dans l’équipe française du nucléaire issue du rapport de François Roussely renvoyant GDF-Suez à ses tuyaux... ou tout à la fois, le deuxième EPR français annoncé en grande pompe par Nicolas Sarkozy en janvier 2009 vient de voir un de ses principaux contributeurs (33%-8 pour Total) prendre le large.

Il faut sans doute y voir aussi une analyse politique du groupe de Gérard Mestrallet sur les chances de reconduite à la frontière de l’Elysée en 2012 de notre champion des sondages, date à laquelle le 1ER béton de Penly devrait couler…. En effet, il est fort probable que cette tranche nucléaire sera l’objet d’une attention soutenue des partenaires écologistes dans le cadre d’un accord de gouvernement. Et compte tenu qu’il n’y a pas que les éoliennes qui ont le vent en poupe… Gérard a tranché… sur la tranche…  au dernier moment où il pouvait le faire… Habile mais pas chevaleresque… Bienvenue dans la vraie vie !!!

Vous vous souvenez de la position que j’avais exprimé à l’époque sur la décision du président de la République qu’il avait pris, seul, sans débat :  « Nous n'avons pas besoin d'un deuxième EPR pour arriver à l'équilibre entre l'offre et la demande d'ici à 2020 en France ».Cette position, elle aussi tranchée,  prenait en compte le pire des scénarii du Grenelle et rappelait que le nucléaire n’a pas la vocation de répondre aux pointes de consommation électrique dont les niveaux restent la principale préoccupation … Avec le sabordage du Grenelle sur le volet « incitation fiscale aux économies d’énergie », je reste persuadé qu’il reste pas mal de grain à moudre sur la maitrise des pointes et qu’Erdf, (associé à RTE), doit se concentrer sur ce projet industriel motivant et efficace pour la collectivité plutôt que de mobiliser de l’énergie et de l’argent sur d’autres prétentions à vocations purement financières…

Mais il est fort probable que dans les heures qui vont venir, notre Président va confirmer la construction de Penly 3, malgré le bras d’honneur de Gérard. Charge à EDF à trouver un nouveau tour de table dans des conditions déplorables pour négocier ou… à renforcer son endettement futur. Il y a, sans doute là, de quoi alimenter le débat parlementaire qui va s’ouvrir sur NOME au Sénat lundi prochain, pour proposer une alternative industrielle à l’Arenh… Dans de telles conditions, je ne vois pas pourquoi les gestionnaires de réseau n’étudieraient pas cette opportunité nouvelle pour faire leurs emplettes de kWh en vue de compenser les pertes réseau de 2017 à 2077 en signant un contrat d’approvisionnement long terme gagnant/gagnant, dit "contrat à participation"… Vous voyez, le cynisme vient jusqu’ici...

Enfin et pour terminer sur l’ironie de l’Histoire, l’annonce de la construction de Penly 3 en partenariat avec GDF-Suez, avait été faite le 29 janvier 2009, jour d’une manifestation qui avait mobilisé 2,5 millions de personnes dans les rues en faveur du pouvoir d’achat…

Il est indispensable qu’en ce jour du 23 septembre 2010 où GDF-Suez bat en retraite sur Penly, que des millions de personnes battent le pavé en faveur d’une retraite plus juste, pour confirmer que l'Histoire repasse toujours les plats !!!

 

 

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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 17:58

L’association des traders d’énergie (EFET) est à la manœuvre sur NOME. Pour certains d’entre eux, c’est bien entendu une question de survie ; ils s’inquiètent sur la disposition phare du projet de loi qui conduit un transfert de volume conséquent du marché vers l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) proposé par NOME. A leurs yeux, cela réduirait la liquidité du marché et pousserait de fait les prix du marché à la hausse.

 

Leur réquisitoire peut se résumer en une phrase : Un dispositif complexe, voire illégal, pour les clients qui peuvent éventuellement gagner d’un côté, mais qui risquent certainement de perdre, de l’autre… 

 

Ce n’est effectivement pas dénué de fondement. Mais rassurez-vous, l’EFET a plus d’un tour dans son sac et plante ses banderilles.

 

En effet, pour réduire ce risque, ils proposent au contraire que les volumes de l’Arenh (au max 140 TWh) passe par le marché, avec la mise en œuvre de couvertures financières en faveur des éligibles au dispositif. Ainsi les écarts entre prix du marché et prix régulés seraient compensés par des assurances… Le mécanisme est astucieux mais devinez qui proposerait de tels contrats (voir ici les membres de l’association) avec, certainement à la clé, la création d’un marché dérivé sur les couvertures… Cela ne vous dit rien ?

 

Par ailleurs, dans leur missive adressée cet été à la Commission européenne, ils tirent à boulets rouges sur le reste des tarifs règlementés (cela fait toujours du bien de lui rappeler) et la possibilité donnée aux gestionnaires de réseaux, d’accéder pour une part non négligeable de l’achat de leurs pertes aux conditions de l’Arenh. Sans le démontrer, ils tentent de faire croire que cette disposition ne sera pas avantageuse pour le consommateur final… et rappellent « gentiment » à la Commission que cette disposition n’est pas conforme aux directives qui imposent l’achat des pertes sur le marché…

 

Effectivement le projet de loi, tel qu’il est écrit pose deux problèmes majeurs de compatibilité aux textes européens. Celui souligné par nos traders et un qui ne résistera pas aux foudres bruxelloises sur une clause de destination introduite dans le texte (Nome donne l'accès à la production nucléaire pour la revente d’énergie sur le territoire français), interdit par le traité de l'Union européenne dans son article 81 ; Le texte proposé jusqu’ici est donc pernicieux sur ce plan là car personne n’imagine que cette impasse soit faite inconsciemment par le gouvernement français… Eon et GDF-Suez ont été condamnés lourdement par la Commission européenne sur des clauses de destination quelque peu similaires en juillet 2009… Bref, cette restriction législative sautera d’une façon ou d’une autre... sous l'applaudissement des aficionados.

 

Nos traders viennent donc ici grossir les rangs des dubitatifs de la bien « Nomée » qui sera en discussion au Sénat à la fin du mois. Mais ils comptent bien participer à la corrida.

 

C’est pourquoi, ici nous espérons, sans trop d’illusions, que la sagesse légendaire de nos sénateurs sera éclairée par ce qui existe déjà en terme d’accès au « sourcing nucléaire » depuis des décennies avec les contrats long terme (centrales à participation qui n’a rien à voir avec l’ouverture du capital des centrales) et qui a le triple mérite :

 

 * de favoriser la « liquidité » des investissements, en gardant un exploitant unique des centrales,

 * de limiter les hausses tarifaires (Turpe) par la participation des gestionnaires de réseau au dispositif,

 

tout en étant aisément euro-compatible…

 

Bref, une vision industrielle de la problématique.

 

Malheureusement, histoire de ne pas se fâcher avec le Gouvernement, les sénateurs de la majorité se proposent de renvoyer cette option quand l’heure de payer les prolongations des centrales nucléaires viendra... sans doute d’ici 5 ans…

 

 

Encore une occasion ratée… Olé !

 

 

 

 

 

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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 09:40

Ce matin au Journal officiel, l’Etat a … enfin… procédé à la nomination de deux de ses représentants au Conseil de surveillance de RTE.

 

Cet acte va désormais permettre de réunir le nouveau Conseil de surveillance dans les tous prochains jours, afin de procéder à l’élection de son nouveau président et de l’ensemble du directoire de RTE; EDF ayant de son côté procédé à la désignation de ses nouveaux administrateurs.

 

L’Etat a donc vraisemblablement choisi de différer la procédure permettant la déconsolidation financière de RTE dans le groupe EDF. En effet, si l’Etat avait nommé plus de deux personnes, faisant basculer de fait la majorité du Conseil, EDF se serait retrouvée minoritaire, premier acte nécessaire à cette opération. 

 

Rien de surprenant à cela, autant que cela se fasse en début  (ou fin) d’année, histoire de simplifier l’élaboration des comptes annuels et de procéder tranquillement à la modification d’un décret offrant la possibilité de placer RTE dans les fonds dédiés au démantèlement des centrales nucléaires  (voir article précédent)…

 

 

 

 

 

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