Jeudi 9 juillet 2009
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Le Président d’EDF a une constante qui est aussi un mérite : c’est un serviteur indéfectible de l’Etat. Comment peut-on
imaginer un seul instant qu’il se soit levé un matin en proposant de son propre chef une augmentation de 20% et de faire un battage médiatique à la hauteur de l’enjeu en courant les rédactions,
sans avertir Bercy qui connaît particulièrement bien les comptes de l’entreprise ?
Le cours de l’action d’EDF est très sensible aux augmentations tarifaires. Proposer une augmentation de ce niveau rentre dans la
stratégie de l’assassinat des tarifs réglementés pour qu’ils s’approchent des prix du marché, objectif commandité par Bercy et qui n’est pas d’hier !
Par ailleurs, les cours de l’action qui se sont écroulés à l’occasion de la crise, ont freiné durablement les velléités de
privatisation du groupe énergétique. Y a pas 36 solutions pour que les finances publiques trouvent leur compte à une nouvelle ouverture du capital : Faut agiter le landerneau pour pousser le
cours à monter aux arbres !
Le chantage aux investissements de notre ‘serial public owner’ (si pas de hausse : pas d’investissement) ne tient pas une
seconde. Le financement des investissements réseau est assuré par le Turpe. Quant aux investissements productifs, outre la réussite de l’emprunt qui dégage 3.2 milliards, il ne faut pas être
clerc de notaire pour rappeler le montant astronomique des bénéfices distribués ces dernières années.
Eh oui ! En cinq ans, EDF a dégagé près de 20 milliards de bénéfice net : soit, avec son autofinancement, de quoi
tenir tranquillement son programme d’investissement. Pire, ces 20 milliards distribués aux actionnaires ( dont l’Etat en grande partie) représentent
la hausse du CA France étalée et souhaitée aujourd’hui par Pierre Gadonneix… Bref, il est ici demandé aux Français de payer la privatisation partielle d’EDF, car, il faut
bien rémunérer le capital…
Il faut ajouter à cela le coût pour l’industrie française de l’ouverture des marchés qui grève sa compétitivité. En effet, les
bénéfices dégagées proviennent en partie de la hausse des prix de l’énergie sur le marché. C’est vrai pour EDF comme pour l’ensemble des compagnies d’électricité en Europe où les bénéfices ont
explosés. On proposant la hausse du tarif réglementé, cela ne va pas faire baisser les prix du Marché. C’est, par contre, tout bénef pour
l’actionnaire (principal…), car c’est faire payer aussi aux Français « protégés par le tarif », le coût de la libéralisation
!
La logique est donc implacable : on n’augmente pas les impôts, voire on les baisse par un bouclier fiscal pour les plus
aisés ; mais on fait payer l’usager ! Malgré les discours, le bon vieux principe libéral tourne à fond : Privatisation des profits – nationalisation des pertes. Mais un peu de
décence dans le timing des annonces (réussite de l’emprunt + demande d’augmentation en même temps) aurait, sans doute, évité à votre rédacteur d’écrire : "on prend vraiment les Français pour
des cons !!! "
Et pour revenir à notre sérial provocateur, je ne suis pas persuadé qu’il en tire un bénéfice personnel (lui, le croit peut-être en
exécutant cette basse besogne). En effet, c’est lui qui va concentrer les attaques – Le Gvt, scandalisé par son initiative va rassurer les Français
en étant le gardien du pouvoir d’achat des ménages en limitant cette hausse. Peut-être entendrons-nous même le président de la République intervenir la main sur le cœur aux questions des
journalistes afin de rassurer Mme Ferrari au journal de 20h. Ira t-il jusqu’à demander la démission de Pierre pour avoir énervé les Français au cœur
de l’été, en lui proposant un poste d’ambassadeur ? Un seul conseil : observez ce qu'il va se passer …
Bref, la technique bien huilée de l’enfumage, ne nous trompe plus depuis pas mal de temps. Les annonces de 2 pas en avant qui
précèdent les reculs d’1, font partie de l’arsenal. Sur chaque dossier un peu chaud, cette stratégie est désormais employée…
Et RTE dans tout cela ? Un dégât collatéral mais la chose est entendue : pour limiter une telle augmentation,
Bercy va suggérer à Borloo, l’ouverture du capital de RTE pour réduire l’endettement de l’entreprise jusqu’à hier soir, préférée des français :
Comment Jean-Louis pourrait-il refuser de ravaler sa salive, après ce brouhaha ?
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