Mardi 6 avril 2010
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Le rapport Poignant/Sido sur la
gestion des pointes électriques, qui a été rendu public jeudi dernier, révèle une prise de conscience
désormais largement partagée en faveur d’une nouvelle vision sur l'efficience énergétique.
L’énergie a un prix qui est malheureusement appelé à croitre, y compris pour l’environnement. Il l’est d’autant plus aux
pointes électriques qui explosent depuis peu sous les coups conjugués, d’une évolution sociétale qui augmente le nombre de ménages, le placement majoritaire de l’électricité en mode de chauffage
dans le résidentiel neuf et des usages nouveaux tirés par l’introduction de l’informatique dans les foyers.
On ne pouvait pas continuer ainsi sans avoir une démarche moderne et efficace de la maitrise de la demande électrique! Ce
sont les cinquante prochaines années dont il s’agit. Il est illusoire de croire que l’efficience qui doit faire partie de notre mix énergétique pourra être industriellement mise en œuvre en
France par de la simple pédagogie portée par de grandes campagnes d’information. Car à ce jour, la décorrélation entre usage de l’électricité et sa facturation ne peut pas générer de
comportement vertueux. Il faut accompagner les usagers dans leurs usages ! Et ce serait à l’honneur du Service public
de relever le gant…
Le tarif réglementé peut en être l’outil ! D’autant plus que ces tarifs, qui ont une forte valeur sociale et
symbolique, manquent cruellement d’une légitimité politique aux yeux de la Commission européenne. Donner du sens aux tarifs en faveur du
développement durable est désormais une nécessité vitale pour ceux-ci. L’horo-saisonnalité doit devenir le moyen pour y parvenir. Cela s’inscrit pleinement dans la politique
énergétique européenne sur les 3 fois 20 !
C’est pourquoi, nous avions apporté, à l’occasion des
auditions Champsaur il y a déjà un an, notre vision sur le « signal prix » pour générer massivement de nouveaux comportements. Bien loin de nous de vouloir faire grimper les factures par une augmentation des prix. Notre vision est claire et tout autre :
Avoir un signal prix efficace pour réduire les factures de nos concitoyens
par une consommation maitrisée.
Avoir un comportement énergétique vertueux sans toucher au confort permet effectivement d’alléger les factures. Tout le
monde y trouverait son intérêt : consommateurs, producteurs et … la planète !
Cela passait préalablement par une rupture culturelle de nos industriels
qui semble aujourd’hui acquise sur l’appréhension de l’efficience énergétique. Il y a un modèle économique qui existe mais qui doit être consolidé : *
Les coûts évités pour les uns ; Une facture allégée pour les autres.
Ce n’est bien sûr pas avec un coup de baguette magique que les choses vont bouger. Augmenter les tarifs de pointe sans
aider le changement de comportement relève de l’escroquerie pure et simple sur le dos des consommateurs. Ce n’est, bien sûr, pas le sens de nos propositions faites devant Champsaur.
Accompagner le consommateur, c’est proposer de nouvelles offres en faveur d’une consommation maitrisée avec les outils
des compteurs intelligents. C’est faire disparaître la double peine de la facture impossible à honorer par des usagers les moins bien lotis qui vivent dans de véritables passoires thermiques.
C’est l’avènement du conseil et de l’équipement en efficience énergétique qui génèrent de l’emploi de proximité.
Bref, nos propositions qui s’appuient sur un Grenelle élargie ne doit pas
faire l’objet d’un vœu pieu. L’Etat, le législateur et le Service public doivent agir le plus efficacement possible avec l’ensemble des acteurs du secteur tout comme les consommateurs. Le
rapport des deux parlementaires participe à ouvrir des perspectives : Il faut les saisir.
1946 : l’électrification du Pays – 2010 : la consommation maitrisée.
N’est-ce pas là une nouvelle mission pour le Service public ?