L'absurde libéralisation

Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /2006 17:59

Généralement, quand un ami teste un produit et qu’il ne convient pas, vous en tirez les conclusions qui s’imposent : vous évitez de faire la même chose !!!

Ce n’est pas le cas de l’énergie ! L’autisme de la Commission européenne est désormais à son paroxysme. Elle persiste à vouloir imposer dans toute l’Europe le modèle britannique pour la libéralisation du secteur énergétique. Vendredi dernier, elle a enfoncé le clou avec sa prochaine directive !

Rappel des faits britanniques, pour voir ce qui nous attend…



Les marchés du gaz et d'électricité aux particuliers ont été ouverts à la concurrence entre 1996 et 1999. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les tarifs du kWh en Grande-Bretagne, taxes incluses, ont baissé de 1996 à 2000 pour le gaz et jusqu'en 2001 pour l'électricité, mais ont augmenté depuis à des niveaux records, curieusement après la disparition des prix régulés.


Mais, nous tenons à préciser que la baisse constatée entre 96 et 2000 est avant tout  le résultat de l’action de l’Etat pour faire baisser les factures, tout en faisant payer le contribuable (voir articles de janvier 2006 en particulier ici ).


Ainsi depuis 2003, la facture annuelle moyenne des foyers a gonflé de 91% pour le gaz et de 58% pour l'électricité, selon Energywatch, organisme de protection des consommateurs indépendants. Elle atteint désormais 907 euros pour le gaz et 551 euros pour l'électricité. Pour les foyers les plus modestes, c'est bien pire, avec le prépaiement...


Les six principaux fournisseurs attribuent cette inflation à la flambée des prix de gros des matières premières. C’est oublier que leurs bénéfices ont largement explosés. Nous l’avons dit ici, mais bon nombre d’experts britanniques sont désormais sur la même ligne.

C’est pourquoi, Energywatch a réclamé une enquête à la Commission de la concurrence, en rappelant que le nombre de foyers consacrant plus de 10% de leurs revenus au paiement de leurs factures est actuellement de 3 millions.

Certains disent que l’énergie n’était pas assez chère...

Pour les riches, sans doute !!!

 

voir rapport 2005/2006

 

Par Patrick Larradet - Publié dans : L'absurde libéralisation
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 18:43

Afin de rejoindre les « standards » de l’Europe, les entreprises gazières de Roumanie viennent d’augmenter encore fortement les prix du gaz pour se coller aux prix constatés en Europe.

 

C’est sous la pression amicale de la Commission européenne, que la Roumanie, pourtant producteur gazier, a fait sauter la régulation de ses tarifs en libéralisant son marché. Le pays, qui doit rejoindre l’Union européenne prochainement, avait privatisé son gazier national en 2004.

 

Ce sont les ménages qui payent le prix fort de cette libéralisation. Concrètement, pour une famille dans un logement de trois pièces d'un quartier populaire de Bucarest, cela conduit à payer plus de 80 euros par mois de chauffage durant l'hiver.

 

Y a pas de quoi fouetter un chat disent certainement nos Commissaires européens, bien au chaud à Bruxelles. Sauf que l’hiver est particulièrement rigoureux dans ce pays, et que le salaire mensuel moyen y est de … 240 euros…

 

Ainsi, nos amis roumains rejoignent par millions, la cohorte des mal-chauffés de l’Union européenne. En France, par pudeur, on n’affiche pas les chiffres des précaires de l’énergie. On les estime à 600 000… pour bénéficier des « tarifs sociaux ». Par contre, la Grande Bretagne n’a pas cette « pudeur ». En moins de deux ans, le nombre de ménage n’ayant plus les moyens d’utiliser le gaz ou l’électricité est passé de 1 à 2 millions…

 

N’y a t-il vraiment pas lieu de poser un moratoire sur l’ouverture totale du marché ???? et une politique énergétique européenne au service de ses concitoyens ???

 

PS : Gazprom, vient de poser, aujourd'hui même, son pied en Italie pour fournir directement du gaz sur le marché. Patience, avec la privatisation de Gaz de France, c’est pour bientôt en France…

Par administrateur - Publié dans : L'absurde libéralisation
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Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /2006 12:19

Une fois la loi promulguée, les foudres de Bruxelles vont s’abattre sur la France. Certains fonctionnaires européens ne cachent plus leur perplexité et leur volonté d’en découdre.

 

En effet, le projet de loi privatisant Gaz de France et ouvrant la totalité du marché à la concurrence ne satisfait pas Bruxelles, comme nous le pensions pendant la discussion parlementaire (voir article précédent).

 

Alors que la France est déjà sous le coup d’une infraction au droit communautaire sur ce sujet, la Commission européenne considère encore plus, que les dispositions de pérennisation du tarif régulé en France ne sont pas eurocompatibles. La seule question est de savoir quand la Commission européenne agira ; sans doute, en fonction des échéances électorales françaises !

 

Le ministre français des finances a sa parade : les tarifs régulés ont vocations à se rapprocher des prix du marché.

C’est ce que l’on peut lire également entre les lignes dans la communication d’Eurelectric, association des producteurs européens, publiée le 9 novembre dernier.. (lire ici) qui dénonce les conséquences des tarifs régulés inférieurs au marché.

 

La machine à faire sauter ce tarif, qui a vocation de protéger les consommateurs, est donc en marche, et comme d’habitude, tout ce qu’on ne peut pas faire en France, on le fait faire par l’Europe…

 

Le seul vrai courage était donc bien de demander un moratoire sur l’ouverture totale du marché pour réaliser un bilan de la libéralisation avant de définir une nouvelle politique énergétique commune. A faire des demi-mesures, on ne satisfait personne, surtout pas l’intérêt général…

Par administrateur - Publié dans : L'absurde libéralisation
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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /2006 13:46

Alors que l’Europe a été secouée ce week-end par un incident historique qui aurait pu avoir des conséquences bien plus grave sans la maîtrise du Service public incarné ici par RTE ;Alors que la Commission européenne doit rendre ses conclusions dans quelques jours sur le projet de fusion entre Suez et Gaz de France ;Alors que bon nombre de commentateurs et d’experts viennent d’affirmer encore cette semaine l’impérieuse nécessité de mener un véritable plan Marshall pour assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Europe pour les prochaines décennies;

 

 

 

La majorité des parlementaires français vient de signer un chèque en blanc pour la privatisation de Gaz de France :

 

  • - Sans avoir tous les éléments des cessions d’actifs du futur ensemble demandés par les autorités de la Concurrence;
  • - Sans avoir tous les éléments financiers de l’opération qui n’est pas sûre d’aboutir tant les actionnaires de Suez demandent des contreparties qui siphonneront les caisses de l’entreprise jusqu’ici publique;
  • - Sans avoir la moindre assurance de la pérennité du distributeur, incarnation du Service public de l’énergie de proximité tant il sera tiraillé par les intérêts des deux entreprises dont la concurrence est désormais érigée en symbole;
  • - Sans avoir la moindre assurance sur la pérennité du futur ensemble tant les appétits s’expriment;
  • - Sans avoir la moindre assurance sur les engagements nécessaires aux investissements à long terme pourtant nécessaire à la sécurité d’approvisionnement;
  •  
  •  

et sans avoir la moindre assurance sur la protection des intérêts vitaux pour la nation jusqu’ici porté par la maîtrise publique autre que cette  éphémère golden share dont les contours restent volontairement des plus flous et portée par un représentant de l’Etat assis en CA sur un strapontin… Gazprom et sa filiale financière Gazprombank sont déjà à l’affût…

 

 

 

Par ailleurs, cette même majorité, vient de livrer au jugement du marché, l’accès financier à l’énergie pour l’ensemble de nos concitoyens et de notre économie. Les dispositifs retenus pour rendre acceptable l’ouverture totale du marché au 1er juillet 2007 sont pernicieux :

 

 

  • - Préserver le concept des tarifs régulés d’un côté pour les ménages en ayant l’objectif inavoué qu’ils rejoignent les prix du marché;
  • - Inventer une nouvelle tarification pour un retour à ces tarifs pour les professionnels principalement sur le dos de la seule entreprise publique qui reste et dont le coût sera bien entendu reporté soit sur le tarif des ménages, soit sur le programme d’investissement, soit sur le plan altitude 8000 qui nous pend au nez;
  • - Faire croire qu’étendre le tarif social au gaz pour les plus démunis est une avancée sociale majeure, alors que les moyens mis en œuvre pour en faire profiter aux bénéficiaires restent tortueux.
  •  

Alors que d’autres schémas industriels respectueux du droit communautaire sont possibles; Alors que le courage politique devait conduire à s’opposer à l’ouverture totale du marché au regard de l’expérience acquise;Alors qu’une prudence minimale devait aussi conduire à une réflexion plus large de ces « réformes » qui coûteront fort cher à la collectivité ;Et enfin, alors que des engagements fermes, clairs et précis avaient été pris auprès du peuple et de ses représentants et qu’ils ont été bafoués pour des raisons bassement politiciennes;

 

 

 

 

Tout cela m’inspire à agir encore plus fermement pour la défense de notre bien commun!

 

 

 

Après le noir total évité ce week-end, c’est une journée noire pour le service public de l’énergie mais aussi, sans doute, une journée noire pour l’avenir de notre pays, tant sur le plan économique et social que sur le plan démocratique !

Par Patrick Larradet - Publié dans : L'absurde libéralisation
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C'est le fruit d'un travail collectif qui associe les talents des femmes et des hommes de la CFDT de RTE. Mais c'est aussi le résultat d'une écoute attentive des salariés que nous avons rencontrés pendant plusieurs semaines pour construire nos propositions.


Maintenant, il va falloir peser pour orienter la gestion de l'entreprise vers le mieux vivre pour être plus efficace : car le Service public est au coeur de nos préoccupations !

 

Et nous avons encore besoin de vous pour y parvenir !

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