EDF promet un doublement du profit net en 2005
PARIS (Reuters 26sep - 15h10) - Electricité de France (EDF), qui prépare activement son introduction en Bourse prévue pour cet automne, promet un doublement du résultat net en 2005 assorti d'une hausse du taux de distribution du dividende.
Dans le document de base actualisé diffusé lundi par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), le groupe explique qu'avec la croissance anticipée de son activité et la mise en oeuvre d'un programme de productivité, il vise "une progression régulière de sa performance et de sa flexibilité financière".
"S'agissant de 2005, est attendu un résultat net, part du groupe, d'au moins 2,6 milliards d'euros", indique-t-il en précisant que "cette prévision repose sur une approche globale fondée sur une observation historique et non pas sur une prévision actualisée détaillée".
Il ajoute qu'il table sur un taux de distribution de dividendes de 50% du résultat net, hors éléments non récurrents, dès le dividende à verser au titre des résultats de 2005. Pour 2004, le taux a été de 37,5%.
En 2004, le résultat net, part du groupe, avait atteint 1,34 milliard d'euros - intégrant une charge exceptionnelle de 1,88 milliard pour dépréciation de la valeur de ses actifs en Amérique latine et en Italie - contre 857 millions en 2003. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) s'était élevé à 12,13 milliards contre 11,03 milliards, le cash flow opérationnel ressortant à 8,99 milliards contre 8,1 milliards.
EDF estime que l'Ebitda consolidé 2005 devrait être "en légère croissance par rapport à 2004 pro forma", avec une contribution des filiales en France et à l'international "du même ordre de grandeur, en valeur, au second semestre 2005 qu'au second semestre 2004". Il ajoute attendre globalement un profil d'Ebitda "dans la moyenne des deux années précédentes", avec 60% au premier semestre et 40% au second, hors charges liées à l'ouverture du capital dont la plus grande part devraient être constatées au second semestre 2005.
Au-delà de l'exercice en cours, EDF indique qu'il attend sur la période 2005-2008 une croissance moyenne annuelle à deux chiffres de son résultat net consolidé, part du groupe, hors événement non récurrent.
STABILISATION DE LA DETTE A L'HORIZON 2008
Cette prévision pose sur plusieurs hypothèses : dont une croissance des volumes vendus de l'ordre de 1,5% par an ; une évolution des tarifs intégrés en France proche de la hausse des prix à la consommation ; une croissance annuelle moyenne de l'Ebitda au moins égale à l'inflation de la zone euro ; la réalisation du programme de productivité, baptisé Altitude, produisant progressivement un impact net l'ordre de 1 milliard d'euros sur l'Ebitda à l'horizon 2007 ; une croissance organique de l'Ebitda de 3% à 6% par an en fonction de l'évolution des tarifs régulés.
Dans le document de base, EDF donne aussi des indications visant à rassurer sur sa structure financière. Il prévoit une stabilisation de la dette financière nette à l'horizon 2008 à un niveau ne dépassant pas celui atteint fin 2005 après augmentation de capital et acquisition du contrôle conjoint d'Edison, en Italie. Le groupe envisage aussi des cessions d'actifs avec un objectif d'impact sur la dette financière nette d'environ 5 milliards fin 2007, "dont 1 milliard devant être réalisés à fin 2005".
Au 30 juin, le groupe portait une dette nette de 10,06 milliards d'euros pour des capitaux propres de 11,3 milliards. La prise de contrôle d'Edison, avec AEM, doit avoir un impact total de 7 milliards d'euros, dont 3,5 milliards en numéraire et 3,5 milliards par reprise de dette.
L'introduction en Bourse, par le biais d'une augmentation de capital, doit permettre de lever entre 5 et 9 milliards, a déclaré au début du mois le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, en indiquant que le capital serait ouvert à 15% au maximum, bien en deçà de la limite de 30% fixée par la loi ayant modifié le statut l'an dernier.
Lever 9 milliards d'euros permettrait de ramener le ratio d'endettement en dessous de 100% (contre 172%) en gonflant les fonds propres, qui dépasseraient alors les 20 milliards.
Cela suppose une valorisation d'environ 60 milliards d'euros (hors dettes). C'est le chiffre communément retenu par les analystes financiers ayant travaillé sur le dossier. Ceux-ci font remarquer que pour séduire les investisseurs, il faudra accepter une décote de 10% à 20%, ce qui réduirait la valorisation entre 48 milliards et 54 milliards. Sur cette base, l'opération rapporterait entre 7,2 milliards et 8,1 milliards.
Commentaires :
Belle opération de communication financière qui conforte, une fois de plus, ce que la CFDT dit depuis des lustres : EDF n’a pas besoin d’ouvrir son capital pour assurer son développement !
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