Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 23:22

Dans une interview à paraitre dans le Figaro, le nouveau PDG d’EDF déflore plusieurs éléments qui nous intéressent directement.

 

Outre le fait qu’il souhaite investir dans la principale richesse de l’entreprise « son Personnel » en relançant la formation, Henri Proglio développe un discours particulièrement séduisant sur bon nombre de sujets en reprenant la main sur les grands enjeux.

 

A la question « Avez l’intention de vous séparer des réseaux ? »

Réponse : « RTE et ERDF font partie de notre cœur de métier et ont vocation à le rester. »

Le tout est de savoir dans quelles conditions…

 

Plus loin, à l’occasion de sa vision sur les acquisitions à l’étranger, il précise :

« Notre équation industrielle ne doit pas seulement reposer sur des ratios financiers. »

Voilà une phrase que je ne manquerai pas d’employer dans les prochains conseils…

 

Enfin, sur le projet de loi Nome, que nous pourfendons à longueur de colonne depuis qu’il est sorti et auprès de nos interlocuteurs que nous tentons de mobiliser pour faire reculer le projet de François Fillon, il avance une vision claire : « Cela suscite chez moi un certain malaise. Imaginez n’importe quel chef d’entreprise face à ce type de situation : il ne pourrait l’admettre. Peut-on raisonnablement demander à EDF, qui a investi pendant des années pour constituer son parc nucléaire, de faire profiter tous ses concurrents des efforts consentis en amont. Je suis bien décidé à m’opposer à une telle perspective qui conditionnerait toute la politique tarifaire future d’EDF. »

 

Ira t –il jusqu’à rejoindre les positions que nous avions avancées devant la Commission Champsaur pour répondre à la véritable obsession de beaucoup d’entre-eux sur le sourcing nucléaire ?

 

Nous avions aussi avancé, à l’occasion de notre audition devant Champsaur, que les participations, à l’instar de celles qui existent depuis toujours (Fessenheim, Bugey, Tricastin, Cattenom, etc….), offrent sans doute une piste moins inique que les engagements imprudents de notre 1er ministre devant Bruxelles…

 

Tout cela me semble, à priori, très séduisant, car cela ressemble à un discours d’entrepreneur qui n'y va pas de main morte...

 Mais, comme toujours, le diable se loge toujours dans les détails. Comptez sur nous pour les examiner à la loupe…
 manu, milit Henri !!!

 

 

Par Patrick Larradet - Ecrire un commentaire - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 22:38
Cette nuit, à 22h14 heure locale, le Brésil a connu un black out partiel. La perte de plusieurs ouvrages de transport (750 kV et en continu) qui évacuaient la production de l'usine hydraulique de Itaipu ( une des plus puissante au monde avec 14000 MW installés) , a visiblement provoqué une rupture de synchronisme sur le réseau adjacent (en alternatif) et chute de fréquence.

Les protections installées sur le réseau (débouclages et délestages) ont limité la "casse" et ce sont près de 30 000 MW qui ont été coupés. Cette coupure partielle, qui a touché plus de la moitié de la demande du pays, a permis aussi de repartir rapidement (3 à 4 heures) par le réseau sauvegardé et par les centrales hydrauliques instantanément disponibles.

En effet, il est plus simple de réalimenter
un tel réseau car le Brésil bénéficie d'un parc hydraulique important. l'Hydro c'est près de 80% dans le mix énergétique national.

Enfin, l'incident a affecté l'ensemble du Paraguay (alimenté en grande partie par Itaipu) mais les 1400 MW coupés ont été repris en moins de 30 minutes.

Cet incident sur un réseau de transport équivalent au nôtre avec ses 100 000 km de lignes, nous rappelle que l'humilité est de mise en matière de sécurité des réseaux. Enfin, il est toujours intéressant de noter qu'un réseau est statistiquement sujet à incident majeur tous les 10 ans...


Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 07:05

Il est toujours étonnant de constater la constance des gouvernements successifs dans ses relations avec la Commission européenne sur le volet « libéralisation de l’énergie ». La clairvoyance est rarement au rendez-vous.

A la recherche de l’image du bon élève de la classe européenne, la France avale constamment les couleuvres, en espérant que ce sont les dernières. A chaque fois, elle oublie que l’action des ayatollahs de la concurrence est une course de fond.

Les derniers échanges entre M. Fillon, Kroes et Piebalgs sont édifiants pour illustrer cette cécité; Fillon, posant la tête de l’entreprise publique sur le billot, propose ni plus, ni moins de diluer la rente nucléaire française au profit de la sainte concurrence, sur le dos de l’ensemble des consommateurs.

Avec son projet de loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l’électricité), dont les objectifs sont issus de la Commission Champsaur (voir notre article pagnolesque) et qui n'ont pas bénéficié, à un seul instant, du moindre débat,
notre schpountz de Matignon massacre 63 ans d’histoire pour répondre aux PV de nos deux commissaires en partance…

Bref, vous avez aimé 46 ; vous allez assurément détester 2010…

Car NOME, ici décrypté comme le Nouvel outil du massacre électrique, propose de livrer la rente nucléaire, revenant légitimement aux français par les tarifs réglementés et jusqu’ici en dépôt dans l’entreprise publique EDF, au grès de la concurrence. Bruxelles ne l’a même pas rêvé… Notre épicier de circonstance le fait ! Pas sûr que cette histoire se terminera comme dans le film !


Cerise sur ce gâteau indigeste, les deux principaux consommateurs d’électricité que sont RTE et ERDF, n’ont même pas accès à la rente pour limiter les couts des pertes qui rappelons le justifient la quasi-totalité de la hausse du Turpe.

Ainsi ce projet de loi inique propose la double peine à tous les consommateurs :

 - Un affaiblissement de la base financière des tarifs réglementés qui pousseront les prix à la hausse, pour les uns,
 - aucune assurance que l’avantage concurrentiel ainsi artificiellement organisé se répercute dans les factures présentées par les fournisseurs, pour les autres,
  - un niveau élevé du Turpe pour tous.

Il y a des jours où il faut dire stop à la bêtise ! Il y a des jours où il faut agir !



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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 15:38

Il est toujours désagréable de ne pas être pris au sérieux par les « grands » de ce monde. C’était pourtant le sentiment que nous pouvions avoir après les résultats de la Commission Champsaur qui vient de déboucher sur un pré-projet de loi surnommé « NOME », nouvelle organisation du marché de l’électricité. Ce texte qui circule sous le manteau valide la feuille de route proposée par cette Commission. Nous vous en dirons un peu plus, une fois que le funeste texte sera consolidé, car tant de versions circulent…

 

Champsaur & Co avaient gentiment reçu nos propositions. Ils leur manquaient sans doute quelques données financières pour susciter un peu plus leur attention.  A leur décharge, ils étaient sans doute englués dans un schéma dépassé bien ancré par tant de certitudes acquises sur les bancs des mêmes écoles…

 

Pourtant, nous ne sommes plus les seuls à porter l’innovation tarifaire en matière d’électricité. Outre le fait que les propositions de l’UFE rejoignent les nôtres, une étude intéressante vient de sortir qui prouve que le « signal prix » associé aux compteurs intelligents pourrait générer la bagatelle de 53 milliards d’euros d’économie complémentaires au sein de l’UE… De quoi sans doute donner de l’air au pouvoir d’achat des ménages et à nos banquises par la réduction des émissions de CO2 associée…et d’assurer le financement des « smart grid » comme la CFDT l’avait démontré.

 

Oui, les tarifs réglementés devenant des tarifs régulés pour le développement durable est une idée qui mérite une attention bien plus soutenue que l’ingénierie concurrentielle en faveur de la dilution de la rente nucléaire française !!! Armés de ce rapport, nous allons donc redoubler d’efforts pour qu’enfin, les bonnes décisions soient prises...

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