Pour mieux comprendre

Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 15:16

ERDF présentait hier très discrètement ses comptes en affichant un déficit de 45 Millions d’euros. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, son résultat financier est fortement impacté par la crise, la hausse des prix de l’électricité qui plombe l’achat des pertes (+ 240 M€), le retard sur l’application du Turpe 3, son niveau qui n’est visiblement pas à la hauteur de la demande d’investissement et les charges liées aux tempêtes (+160 M€).

 

ERDF est donc dans le rouge par accumulation de ces difficultés en tous genres et dont les conséquences ont été visiblement plus lourdes que pour RTE. Et encore, ERDF a bénéficié, tout comme RTE, du remboursement de l’Etat et aussi d’une reprise de provision de plus de 300 millions d’euros. Bref, une année bien difficile pour ERDF.

 

De son côté, le Personnel n’a pas été, c’est le moins qu’on puisse dire, à la fête en 2009…Ils ont bossé comme des fous ( et continuent encore) sans en tirer quelques retours appréciables… Productivité, productivité chérie…

 

Malgré une hausse significatives de 14%, les investissements  (2.3 milliards) restent bien en dessous de ce que souhaiteraient les autorités concédantes telle que la FNCCR. Elles veulent qu'ERDF se dote d’un plan se sécurisation du réseau à l’instar de celui de RTE qui doublerait les moyens mis en œuvre à ce jour.  Pour aller vers leurs exigences, ERDF aurait besoin d’un TURPE plus musclé et la possibilité de puiser dans les provisions pour renouvellement.
Pas sûr que cela fasse les affaires de l’actionnaire d’ERDF. Rappelons que le TURPE représente aussi près de la moitié des factures payées par le consommateur final (37% pour ERDF, 10-11% pour RTE) mais dont le niveau reste plus qu’acceptable par rapport à nos homologues européens.

 

Tout cela pour dire, qu’au delà des critères financiers, l’acheminement de l’électricité reste un métier difficile soumis à de nombreux aléas malgré son cadre de régulation. C’est le cœur du Service public qui n’a pas pour vocation première de dégager du cash, mais bien de répondre à l’attente de millions d’usagers qui ont, par ailleurs, observé un doublement de la durée de coupure en 2009. En effet les tempêtes ont, en bonne partie, propulsé cette durée moyenne par foyer de 94 à 198 minutes ! Rappel de l’objectif du contrat de Service public : 60 minutes

 

L’Etat doit donc faire son job en cessant sa schizophrénie: donner les moyens suffisant pour atteindre les objectifs qu’il assigne lui-même à ces entreprises. Le Président de la République ayant repris* à son compte une partie de ce que nous avions dit dans notre dernière tribune, sur le rôle des administrateurs représentant l’Etat dans les CA des entreprises publiques, cela devrait vite s’arranger…

 

Mais au delà de la Gouvernance, cela passera forcément, soit par une hausse tarifaire,  soit par une baisse des prélèvements sur dividendes. D’un côté ce sont les usagers qui paient. De l’autre, les contribuables et actionnaires ! 

C’est donc un choix politique, sachant in fine,
que l’option retenue ne touche pas la même catégorie sociale…



(*) : Discours du Président Sarkozy à Marignane le 4 mars 2010 :

... "Il y a des administrateurs (de l'Etat) aux conseils d'administration. Ils ne sont pas là seulement pour les jetons de présence ou pour voir combien on fait de bénéfice à la fin de l'année mais pour poser une véritable politique industrielle"...



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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 15:11

Après avoir été prévenu par différents canaux, quelle ne fut pas ma surprise hier en découvrant sur le site internet du ministère du travail, que mon entreprise, RTE, faisait partie de la liste rouge des moutons noirs en matière de traitement des risques psycho-sociaux !

 

Alors que des actes clairs avaient pourtant été mis en œuvre par RTE tels que le recrutement d’une personne de haut niveau en charge de cette problématique ; Alors que des discussions approfondies en vue de déboucher sur un accord pertinent, sont toujours en cours avec les organisations syndicales de RTE ; Cet éclairage jettait l’opprobre sur une entreprise qui a certes des progrès à faire mais qui se saisit concrètement de ce sujet depuis quelques temps.

 

L’explication était, bien entendu, ailleurs…

 

En effet, le fait que l’entreprise n’aie pas renvoyé à temps un questionnaire du ministère… qu’il n’a jamais reçu… catalogue RTE « administrativement » dans la liste rouge. Sauf que l’entreprise bénéficie désormais d’un accord de branche (IEG) signé le 12 février sur ce sujet … ce qui prouve que les négociations étaient largement entamées...

Il faut sans doute y voir un « traitement industriel » par le ministère du travail dont l’origine est assurément le manque de moyens dédiés !
Ici nous espèrons que d’autres « listes » établies par l’Administration, ne « profitent » pas d’un tel traitement (Compagnies aériennes, paradis fiscaux, etc…)

 

Alors, histoire d’enfoncer le clou, nous rappellerons aux dubitatifs que RTE bénéficie d’organisations syndicales très attentives (dont ma préférée qui est à la pointe) à cette problématique qui a, par ailleurs, été abordée à plusieurs reprises dans l’entreprise, y compris au Conseil de surveillance. Qu’à la limite, si une liste « de dénonciation » doit être élaborée, elle se doit de refléter la réalité de l’entreprise et en cas de problème, validée par les organisations syndicales elles-mêmes quand elles existent.

 

Sûr qu’une correction ne manquera pas d’être faite pour rétablir les faits. Cela n'a pas tardé, déjà, ce matin même, n’apparaissaient uniquement les entreprises cataloguées en vert… Mieux, RTE a disparu totalement des listes… Faut dire que celles-ci ont été consultées par plus de 1.2 millions de connections, et qu’elles ont suscité pas mal de réactions

 

Mais le plus important, et ce que je souhaite avant tout, c’est que cette mise sous tension par une liste administrativement établie, ne se fasse pas au détriment de la qualité du diagnostic ou des actions à mettre en œuvre au sein de RTE. Car je suis de ceux, nombreux à RTE, qui privilégient le fond et l’efficacité, à la forme !


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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 08:00
Beaucoup doutaient de notre vision sur l'avenir énergétique . Il est vrai que se projeter sur 30 ans n'est pas chose aisée alors que les opérateurs énergéticiens attendent encore une visibilité, y compris à court terme...

Car il y a environ un an nous plaidions, encore,  pour un effort conséquent en faveur de la recherche pour redynamiser la filière nucléaire française en s'appuyant sur la génération IV des réacteurs. Le CEA, vient de confirmer un scénario que nous envisagions, sur la mise en oeuvre industrielle de cette nouvelle filière en 2040, date à laquelle la grande partie des REP actuels, qui auront bénéficié d'une prolongation par l'autorité de sûreté nucléaire, auront atteint l'âge légal actuel de la retraite, 60 ans !

En effet, par une multiplication conséquente du budget, le CEA nous promet la mise en service d'un prototype industriel en 2020, surnommé ASTRID (Advanced sodium Test Reactor for Industrial Development) ! Après quelques années de validation du programme et pour absorber les décalages, on peut raisonnablement penser que la filière pourrait être mature dans les années 30, pour une construction massive en fin de décennie.

La génération IV, plus économe en Uranium en multipliant par 10 le rendement, "brûlant" une bonne partie des déchets à vie longue produits aujourd'hui par des réacteurs classiques, est assurément le réacteur qui permettra de faire la transition vers d'autres réacteurs... à fusion, ( 0 déchet, combustible infini), dont nous n'aurons, vraisemblablement pas, la chance de voir tourner...


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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 16:22

La vive polémique autour de la rémunération et de la double casquette désormais très provisoire d’Henri Proglio prouve simplement que l’Etat n’a pas, ou plus, de doctrine autour de la gouvernance de ses entreprises publiques. Elle aurait été utile à tous et en particulier au premier intéressé qui n’imaginait assurément pas une telle intronisation..

 

Par ailleurs, elle aurait était tout aussi utile au Gouvernement qui s’est levé ces derniers jours  avec pas mal de crampes suite aux diverses contorsions de ses plus éminents membres. Même le chef de l’Etat était à la peine, lundi soir, devant les 9 millions de téléspectateurs. Il fut sauvé par sa maitrise de la dialectique et sa dernière prise de guerre : un tract intersyndical, qui ne demandait simplement que le respect de l’image de Veolia et de son ex-dirigeant.

 

La mémoire collective n’est pas prête d’oublier l’image du chef de l’Etat brandissant un tract syndical qui dénotait tout de même fortement, avec celle du candidat de 2007 qui fustigeait les syndicalistes « qui associés aux fraudeurs en tout genre, aux voyous, aux technocrates et politiques étaient responsables collectivement d'une partie de la France qui souffre »…

 

C’est pourquoi et pour ne plus se trouver dans de telles situations, il est urgentissime de rappeler les principes de base de la gouvernance publique. Ils s’appuient, bien entendu, sur les fondamentaux du Service public et non pas sur ceux du marché qui ont montré, ces derniers jours et encore une fois, leurs limites aux yeux de tous les Français.

 

Premier principe : la transparence des nominations !

 

Le Parlement est toujours en attente de la loi « ordinaire » promise par le chef de l’Etat suite à la dernière révision constitutionnelle qui impose une audition préalable des candidats. Il faut reconnaître et c’est un progrès certain, qu’Henri Proglio l’a inaugurée. Mais ce fut malheureusement à huis clos et seules quelques personnes averties ont pu avoir accès à l’intégralité des échanges. Ainsi, à l’instar des débats législatifs, une telle audition se doit d’être publique car ces entreprises appartiennent à tous les Français !

 

Par ailleurs et toujours sur le même principe, tout candidat à un poste de dirigeant d’une entreprise publique devrait,  à minima, présenter sa feuille de route. Sa nomination s’appuierait ainsi plus sur son projet industriel que sur sa personnalité, ou les services rendus.

 

A RTE et en 2007, à l’occasion de la désignation de Dominique Maillard, je l’avais demandé préalablement à mon vote. On avait eu sa feuille de route, que quelques semaines plus tard, mais seulement par la démarche personnelle du nouveau président. Je rappelerai, à cet égard, que la loi de démocratisation du Service public l’impose aux candidats administrateurs salariés (profession de foi) …

 

 

Deuxième principe intangible : L’égalité !

 

Faire partie d’une instance de gouvernance publique impose un minimum d’égalité autour de la table ne serait-ce que pour affirmer la collégialité du Conseil (responsabilité collective devant la justice). La différence majeure entre les organes dirigeants du privé et du public est la composition du Conseil. Dans les conseils d’entreprises publiques,  la loi et les règlements imposent aux dirigeants élus (administrateurs salariés) mais aussi aux dirigeants nommés par l’Etat, des conditions strictes. Même si des textes permettent quelques libertés pour le secteur privé, il y a une obligation morale pour les entreprises publiques d’être exemplaires sur le principe d’égalité.

 

Ainsi pour faire la leçon à ceux qui ne veulent toujours pas comprendre ma colère au dernier conseil :


Y a pas de limite d’âge dans le privé pour respecter le principe constitutionnel de propriété ;

Y a une limite d’âge dans le public pour respecter le principe constitutionnel d’égalité !

 

 

Troisième principe, la continuité ! 

 

Jusqu’ici le passage de relais entre les dirigeants, quand il en existe un, relève de la "fast gouvernance". C’est une très mauvaise habitude du secteur public. Faut dire que l’exemple vient d’en haut car les gouvernements sont assez adeptes du passage de relais chronométré entre les ministres, voire le président de la République himself. Finalement, les exigences des actionnaires et salariés de Veolia montrent l‘exemple …

 

Quatrième et dernier principe : La mutabilité !

 

C’est à dire l'adaptabilité du Service public aux évolutions de la société et des besoins de l’intérêt général. Dernièrement, les évolutions sociétales telles que la prise en compte de l’environnement et la diversité dans les lieux de pouvoir, à l’image de la France d’aujourd’hui, ont le vent… en poupe…

 

A titre d'exemple, un projet de loi a été adopté la semaine dernière en première lecture à l’Assemblée, premier pas vers un renouvellement souhaitable de la caste composée par une centaine d’élites masculines à permutations circulaires qui s’arrogent la gouvernance des entreprises françaises.

Mais je tiens à souligner tout de suite que ce n’était pas le cas à RTE. En effet, la majorité du conseil de surveillance (présidente + membres) est féminine par la volonté jusqu’ici exemplaire du groupe EDFet de l'Etat. Il est peu probable que cette exemplarité soit maintenue … C’est bien dommage car « les filles » ont démontré concrètement que les qualités humaines, associées à l’expertise n’est évidemment pas l’apanage exclusif du genre masculin.

 

C’est pourquoi, à RTE, nous nous engageons, à la CFDT, à mettre en œuvre cette démarche de la parité totale, sans attendre la loi,  pour l’élaboration de la future liste pour le Conseil de surveillance de 2010. C’est pas pour faire joli ou de la démagogie, c’est pour démontrer que la CFDT est bien composée de personnel féminin de qualité !!!


 


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