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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 11:34

En mars dernier j’étais venu rencontrer les agents dans les deux unités transport et système de RTE Nord-est. J’avais à cette occasion croisé quelques salariés de l’agence comptable de Lille et leur avais promis de repasser les voir spécifiquement. Il est indispensable, en tant qu’administrateur, de toucher du cœur les réalités de l’entreprise…

 

C’est donc au milieu de la tempête formée par l’éventualité de la fermeture de l’agence qu’ils ont appris, il y a quelques jours, que j’ai rencontré jeudi 22 dernier la quasi-totalité des agents concernés. A RTE, qui dit fermeture, ne dit, heureusement pas, licenciements. Mais faut-il pour autant s’en satisfaire ? Car en ce cas d’espèce, la fermeture est aussi synonyme de bouleversement pour les 32 familles concernées. En effet, la spécificité des métiers de la comptabilité qui n’existent plus dans la région pour le Groupe EDF à la suite « d’adaptations » successives, n’offre que peu de débouchés dans une région déjà traumatisée par la crise. La fermeture de cette agence est donc pour la plupart d’entre eux, synonyme de reconversion et de départ à plusieurs centaines de kilomètres, laissant sur place, maisons, amis, famille, emploi du conjoint, repères pour les enfants, une vie sociale bien remplie, etc….

 

Par ailleurs, même s’il existe une politique d’accompagnement pour faire face à une partie des frais, rares sont ceux qui en tirent épanouissement en tous genres, à part les plus jeunes ou des cadres qui y trouvent parfois des perspectives, et encore... La littérature et les études sur ce sujet sont florilège et confirment cette approche. « Vivre et travailler au pays » n’est pas un concept conservateur. C’est souvent une approche pragmatique des familles en France, en particulier des plus modestes. Car l’inégalité frappe ici encore plus fort dans les statistiques de mobilité interrégionale !

 

C’est donc une trentaine d’agents qui m’ont fait part de leur désarroi et de leur incompréhension face à ce qui leur arrive. Ils ne comprennent pas la dérive d’une entreprise publique performante qui réalise des centaines de millions d’euros de bénéfices au profit d’un actionnaire qui en demande toujours plus et qui impose de surcroit une politique de réduction massive des coûts. Ces agents ne comprennent pas qu’ils soient ainsi récompensés de tant d’efforts qu’ils ont pourtant accompli en faveur d’une productivité dont ils ne perçoivent pas toujours l’intérêt. Ils ne comprennent pas que les nouveaux moyens de communications ne soient pas mis en œuvre pour éviter tant de dégâts humains et leur permettraient de rester dans leur métier et dans la région qu’ils aiment … Mais sont-ils vraiment les seuls ?

 

Victimes de cette course folle à la productivité, ils aiment encore leur entreprise. Ils ont aussi la foi dans le Service public qui reste pour eux l’essence du moteur de leur motivation. Mais bon nombre d’entre-eux sont déjà en souffrance personnelle amplifiée par une vie privée qui les a déjà cabossés. Bon nombre d’entre eux ne croient plus aux discours mais attendent des actes. Mais tous cachent leur rage et leur colère par une dignité qui force le respect !

 

Alors, accompagnés avec leurs représentants syndicaux tel de Fabrizio Morani, Guy Marchetti et la remarquable Fabienne Lecauche qui est en première ligne, nous avons profité de cette rencontre pour faire notre job, et sans doute bien plus !

 

Fournir une explication à ce qui se passe : Une entreprise en mutation qui se doit de répondre aux missions de service public mais aussi aux exigences d’un actionnaire dont la prédominance sur notre destin collectif pèse et pèsera beaucoup plus.

 

Mais l’urgence était avant tout de prendre la mesure de leur détresse et de guider celle-ci vers une issue plus constructrice. La compassion certainement pas !!! Car il reste l’outil infantilisant qui n’est pas l’habitude de la boutique! La main tendue pour les tirer d’une spirale pouvant déboucher sur des séquelles irrémédiables : plus que jamais ! C’est le devoir de chacun d’être solidaire !!!

 

Alors, quelques modestes conseils leur ont été donnés, tels que la solidarité du groupe face aux défaillances des plus touchés, la poursuite de leur expression digne et le rejet d’actes extrêmes, dont ils seraient de toute façon les premiers pénalisés. Leur culture des « gens du Nord » reste leur meilleur atout.

 

Des assurances de leurs représentants syndicaux leur ont été donné pour porter leurs attentes et défendre leurs intérêts à tous les niveaux de l’entreprise. Réaffirmation aussi de l’unité des deux plus importants syndicats de RTE qui s’expriment et agissent ensemble depuis le début : notre priorité c’est l’intérêt des agents, avant tout !!!

 

Un espoir que quelque soit l’issue du dossier que nous espérons favorable, ils trouvent quand même dans cette forte expérience humaine qu’ils n’attendaient pas, une force nouvelle pour construire leur avenir commun.

 

Ainsi, je ne regrette pas ma promesse d’être revenu. J’espère surtout que les deux heures que nous avons passées ensemble ont été utiles à nos collègues. Pour ma modeste part, nos échanges ont renforcé ma conviction sur l’impérieuse nécessité de confirmer la place de l’Homme dans notre fonctionnement d’entreprise. Conviction portée avec François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, venu à Toulouse mercredi dernier pour rencontrer les agents de RTE.

 

 


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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 17:18

Le rapport Poignant/Sido sur la gestion des pointes électriques, qui a été rendu public jeudi dernier, révèle une prise de conscience désormais largement partagée en faveur d’une nouvelle vision sur l'efficience énergétique.

 

L’énergie a un prix qui est malheureusement appelé à croitre, y compris pour l’environnement. Il l’est d’autant plus aux pointes électriques qui explosent depuis peu sous les coups conjugués, d’une évolution sociétale qui augmente le nombre de ménages, le placement majoritaire de l’électricité en mode de chauffage dans le résidentiel neuf et des usages nouveaux tirés par l’introduction de l’informatique dans les foyers.

 

On ne pouvait pas continuer ainsi sans avoir une démarche moderne et efficace de la maitrise de la demande électrique! Ce sont les cinquante prochaines années dont il s’agit. Il est illusoire de croire que l’efficience qui doit faire partie de notre mix énergétique pourra être industriellement mise en œuvre en France par de la simple pédagogie portée par de grandes campagnes d’information. Car à ce jour, la décorrélation entre usage de l’électricité et sa facturation ne peut pas générer de comportement vertueux. Il faut accompagner les usagers dans leurs usages ! Et ce serait à l’honneur du Service public de relever le gant…

 

Le tarif réglementé peut en être l’outil ! D’autant plus que ces tarifs, qui ont une forte valeur sociale et symbolique, manquent cruellement d’une légitimité politique aux yeux de la Commission européenne. Donner du sens aux tarifs en faveur du développement durable est désormais une nécessité vitale pour ceux-ci. L’horo-saisonnalité doit devenir le moyen pour y parvenir. Cela s’inscrit pleinement dans la politique énergétique européenne sur les 3 fois 20 !

 

C’est pourquoi, nous avions apporté, à l’occasion des auditions Champsaur il y a déjà un an, notre vision sur le « signal prix » pour générer massivement de nouveaux comportements. Bien loin de nous de vouloir faire grimper les factures par une augmentation des prix. Notre vision est claire et tout autre :

 

Avoir un signal prix efficace pour réduire les factures de nos concitoyens

par une consommation maitrisée.

 

Avoir un comportement énergétique vertueux sans toucher au confort permet effectivement d’alléger les factures. Tout le monde y trouverait son intérêt : consommateurs, producteurs et … la planète !

 

Cela passait préalablement  par une rupture culturelle de nos industriels qui semble aujourd’hui acquise sur l’appréhension de l’efficience énergétique. Il y a un modèle économique qui existe mais qui doit être consolidé : *

 

Les coûts évités pour les uns ; Une facture allégée pour les autres.

 

Ce n’est bien sûr pas avec un coup de baguette magique que les choses vont bouger. Augmenter les tarifs de pointe sans aider le changement de comportement relève de l’escroquerie pure et simple sur le dos des consommateurs. Ce n’est, bien sûr, pas le sens de nos propositions faites devant Champsaur.

 

Accompagner le consommateur, c’est proposer de nouvelles offres en faveur d’une consommation maitrisée avec les outils des compteurs intelligents. C’est faire disparaître la double peine de la facture impossible à honorer par des usagers les moins bien lotis qui vivent dans de véritables passoires thermiques. C’est l’avènement du conseil et de l’équipement en efficience énergétique qui génèrent de l’emploi de proximité.

 

 Bref, nos propositions qui s’appuient sur un Grenelle élargie ne doit pas faire l’objet d’un vœu pieu. L’Etat, le législateur et le Service public doivent agir le plus efficacement possible avec l’ensemble des acteurs du secteur tout comme les consommateurs. Le rapport des deux parlementaires participe à ouvrir des perspectives : Il faut les saisir.

 

 

1946 : l’électrification du Pays – 2010 : la consommation maitrisée.

 

N’est-ce pas là une nouvelle mission pour le Service public ?

 

 

 


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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 22:04
Nous vous invitons à lire le rapport d’étape du groupe de travail sur la qualité de la distribution d’électricité initié par la CRE. Il condamne sans détour le modèle d'ERDF actuel issu de l'ouverture des marchés.

Ce document est disponible sur le site internet de la Gazette des Communes avec un article de décryptage que nous vous invitons à lire :

Deux commissaires de la CRE dénoncent les défaillances d’EDF et de l’Etat

 

 

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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 12:10

Michèle Bellon, ex n°2 de Dalkia (filiale commune EDF/Véolia), a été nommée hier présidente du directoire d'ERDF. Elle succède à Michel Francony, démissionnaire, qui occupait cette fonction depuis sa création, le 1er janvier 2008.


Le changement s’est donc fait hors caméra alors que la Presse évoquait, il y a encore un mois, un bras de fer sur cette succession. Faut dire que Michel Francony, fin connaisseur de la "Distrib", n’a pas été aidé dans son éventuel souhait de rester.  Les résultats financiersde son entreprise en 2009 et les conflits, tant avec le Personnel dont la grève a laissé des traces, qu’avec les autorités concédantes qui réclament une reprise massive des investissements, ont sans doute pesé pour la poursuite de son mandat jusqu'à son terme.

 

 C’est donc une partie compliquée qu’aura à jouer Michèle Bellon à la tête d’ERDF car les fondamentaux restent les mêmes, en particulier un Turpe visiblement sous calé par rapport aux aspirations des parties prenantes… Turpe, qui, finalement, a eu raison de son prédécesseur !



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