L'absurde libéralisation

Mardi 29 mai 2007 2 29 /05 /Mai /2007 09:35

Selon une étude de Nus Consulting publiée aujourd’hui,  les prix de l'électricité pour les entreprises ont eu tendance à baisser cette année après plusieurs années de hausse. 

L'étude, réalisée d'avril 2006 à avril 2007 sur quatorze pays industrialisés, relève ainsi que la moitié des pays ont vu leurs tarifs baisser.

La France enregistre la plus forte baisse (-26%), après une hausse record de plus de 48% en 2005 qui avait porté le record à près de 80% en 5 ans sur son marché dérégulé (+1.5% sur le marché régulé…) 

Parmi les pays enregistrant une hausse
( Espagne, Italie, Pays-Bas, USA, Australie, Canada etc), l'Australie accuse la plus forte augmentation, de près de 20%, imputable en partie à l'impact d'une sécheresse prolongée et pour les autres à la hausse des prix du pétrole et du gaz associé à une hausse de leur demande.

Parmi les pays enregistrant une baisse, il faut sans doute y intégrer la diminution de la tension sur l’équilibre offre/demande générée par une meilleure disponibilité de la production et une réduction de la demande.


Tout ceci prouve, une fois de plus, que les prix de l’électricité sont très volatiles sur les marchés ouverts. Et que ce n’est pas la multiplicité des offres par la concurrence qui fait la baisse des prix mais bien l’offre de production supérieure à la demande. Il faut donc des investissements à long terme en production comme en maîtrise de la conso, terme incompatible avec la demande des marchés financiers…


                                                                                 Extrait du rapport NUS


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Vendredi 30 mars 2007 5 30 /03 /Mars /2007 14:07

Rappeler que l’accès à l’énergie reste vital pour le développement économique, social mais aussi sanitaire n’est plus à faire. Affirmer aujourd’hui, que sa rareté deviendra peu à peu la première source de conflits dans le Monde n’est plus à démontrer. Désormais, il n’y a plus de débat sur la réalité du réchauffement climatique. L’avenir de notre civilisation sera donc dicté sur notre capacité à maîtriser l’approvisionnement énergétique pour tous et la protection de notre bien commun qui est la planète. Avec ses atouts, la France peut être le pays de référence pouvant entraîner l’Europe sur cette ambition, comme elle a pu le faire en son temps en matière des droits de l’Homme. Aujourd’hui, les outils sont là et ce n’est plus qu’une question de volonté !

 

 

Car l’enjeu est de taille. Alors qu’une partie de l’humanité n’a toujours pas accès à l’énergie et que l’autre partie la gaspille joyeusement, il est désormais de la responsabilité politique des pays les plus avancés de bousculer enfin les schémas énergétiques établis. L’Europe ne doit pas rater ce rendez-vous qui lui permettrait de donner un nouveau sens d’une Union en perte de repère commun. Les objectifs affichés dernièrement par la Commission européenne semblent encourageants en matière de mix énergétique européen. Mais la Commission reste arqueboutée sur son obsession libérale à vouloir faire réguler l’énergie par le marché. C’est non-seulement une hérésie, mais c’est aussi une faute lourde de l’exécutif européen. Car non-contente d’avoir fait grimper les prix de l’énergie par une libéralisation qui n’a jamais démontré son efficacité, elle se propose d’affaiblir les énergéticiens européens par un morcellement de ses actifs, et par la même, les outils nécessaires aux investissements que nous devrons réaliser prochainement.

 

 

En effet, l’ouverture des marchés a ouvert le bal des acquisitions en tout genre dans le domaine de l’énergie. Les OPA siphonnent les milliards portant nécessaires à la recherche et aux investissements. En 2007, nous sommes pourtant à des échéances identiques qu’a connu la France en 46 et dans les années 70. En 46, la France a fait le choix de la nationalisation de l’électricité et du gaz car les centaines d’entreprises privées étaient incapables de répondre aux objectifs d’électrification du pays. Dans les années 70, la France a fait le choix de l’électronucléaire afin de répondre à la grave crise énergétique qui a mis un terme aux années glorieuses. Sans sortir un seul franc de ses caisses et malheureusement sans débat démocratique préalable, l’Etat a donné cette mission à EDF qui a pu trouver le financement de son outil industriel grâce à son statut d’entreprise publique dont le débouché était assuré par son monopole.

 

 

Nous voilà donc en 2007 avec un challenge tout aussi important et sans doute exaltant. Il ne faut pas tromper les citoyens. L’objectif ambitieux que nous avons l’obligation d’atteindre a besoin d’investissements lourds et d’une mobilisation de la recherche à la hauteur de ce qui a été fait jusqu’ici. Développer une nouvelle filière nucléaire, réduire les émissions carbonées,  et développer une vraie filière industrielle d’énergies renouvelables réclamera des milliards d’euros d’investissements, mais surtout aura besoin d’une rupture culturelle des décideurs …

 

 

En Europe, les milliards existent. Mais ils sont aujourd’hui dilapidés dans les OPA et les dividendes distribués. En France, on ne peut ici que remercier ceux qui ont imprudemment accepté l’ouverture du marché de l’énergie ou réduit la maîtrise publique des entreprises tels qu’EDF ou Gaz de France. Ils ont fait part d’un manque de vision évident. Et la collectivité française a ainsi perdu quelques moyens précieux. Un sursaut reste encore possible…

 

 

Mais ce que l’on a vraiment besoin le plus, c’est une rupture culturelle autour de l’énergie. En effet, avant de parler ou de construire de nouveaux moyens de production, nous devons faire place à la rationalisation industrielle de l’usage de l’énergie.

 

 

Economiser l’énergie a toujours été une préoccupation en France, du moins, au moment des crises… Nous connaissons encore le slogan des années 70: «  En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées… ». Fin 90, a été créée l’ADEME,  qui a eu cette noble mission de la promotion des économies mais dont certains se sont acharnés à réduire son budget…

 

 

Heureusement des initiatives locales ici ou là émergent et prouvent à ceux qui resteraient encore incrédules, que les économies d’énergie cela marche sans pour autant renoncer au confort ou à l’efficacité. Car faut-il encore rappeler que l’énergie la moins chère et la moins polluante reste celle qui n’est pas consommée ? Ce gisement est encore important en France malgré une relative efficacité énergétique qui progresse chaque année. Dans les logements, dans les bureaux et dans les commerces ou encore, dans les équipements publics, tout comme dans l’industrie, l’efficacité énergétique doit désormais s’imposer. La semaine du développement durable organisée prochainement va nous le démontrer.

 

 

A titre d’exemple, s’éclairer majoritairement  en 2007 par la combustion d’un filament dans une ampoule relève d’un autre âge !!! Outre le fait que cela représente 80% de gaspillage inutile, il est grand temps de passer à d’autres technologies qui sont, pour certaines, parfaitement maîtrisées aujourd’hui. Seul le développement industriel « grand public » de ce type d’équipement permettra de faire baisser les prix et rendre ainsi cette technologie attrayante. A l’instar de l’Australie, éliminer définitivement de nos rayons les ampoules à incandescence en 2010, reste un objectif salutaire qui est parfaitement atteignable en France.

 

 

Mais pour autant lumineuses qu’elles soient dans l’éclairage, les économies d’énergie doivent être conçues sur l’ensemble des spectres des usages. L’électroménager et l’électronique grand public doivent redoubler d’effort en terme d’efficacité et d’offre. Le chauffage, la production d’eau chaude ou la climatisation ont aussi de grandes marges de progression. L’isolation, bien entendu, mais l’efficacité même des équipements ainsi que le mode de production posent questions. Pour de tels usages, un vrai plan soleil, pour la production d’eau chaude sanitaire et un apport au chauffage individuel comme collectif, doit être mis en œuvre à l’échelle la plus large possible. Encore des investissements à faire…

 

 

Au-delà des incantations, « y a qu’à, faut qu’on » ; Au-delà de la mobilisation citoyenne assurée par une vaste promotion des solutions par l’ADEME qui devra être au cœur du dispositif, il est impérieux de mobiliser la filière énergétique tout entière. C’est ici, que les entreprises publiques, dont la notre, trouveront de nouvelles missions mobilisatrices, pour la collectivité, pour l’industrie à la recherche de débouchés, comme pour ses propres agents. Assurer l’approvisionnement énergétique du pays et protéger l’environnement deviennent ainsi de vrais missions régaliennes. Comme en 46 et comme en 70, l’impulsion industrielle doit provenir de la maîtrise publique de l’énergie et de ses outils que sont en particulier, AREVA, et les groupes EDF et Gaz de France.

 

 

Enfin, les économies d’énergies doivent désormais être considérées comme des sources de production à part entière dans le bilan énergétique national, à la même place que le nucléaire ou le pétrole. Côté process industriel, elles peuvent désormais être gérées nationalement par une valeur économique d’usage à l’instar de l'hydraulique. Les outils existent tels que les certificats blancs.  Ils ne demandent qu’à être valorisés. Ils ne demandent donc qu’un petit effort culturel de nos décideurs et une volonté politique.

 

Un électrochoc, somme toute…

 

 


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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 18:02

Comme on pouvait s’y attendre, l’Anode, l’Association Nationale des Opérateurs Détaillants en Electricité, a porté plainte auprès de la Commission européenne après la promulgation de la loi sur l'énergie.

 

Très négative…, l’Anode s’attaque à la persistance des tarifs régulés en France dont l’application est réservée aux opérateurs historiques. Selon l’association, composée entre autre de Poweo, Direct énergie, et autres concurrents d’EDF et de Gaz de France, cette plainte "va appuyer l'avis motivé" que la Commission européenne devrait adresser à la France.

 

En effet, comme on vous l’avait dit ici, la Commission avait ouvert contre la France une procédure d'infraction en avril, estimant que les prix régulés bloquent l'arrivée de nouveaux opérateurs…

 

La seule solution était donc bien un acte politique que devait faire le gouvernement : un moratoire pour évaluer la libéralisation, avant de passer à la totale!


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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 20:19

La valorisation boursière du groupe EDF a grimpé de 11% en trois jours (et de 70% depuis son introduction en bourse) pour atteindre les 100 milliards d’euros.

 

Tout le monde pourrait s’accorder sur la réussite sans précédent de l’ouverture du capital d’EDF. Mais ce serait oublier que cette valorisation est purement spéculative.

Car aux dernières nouvelles, EDF n’a pas remporté des parts de marchés supplémentaires ou encore trouvé un nouveau gisement pétrolier.

 

Non, ce mouvement purement spéculatif se fait sur le dos des clients de l’entreprise. Entre la fin programmée des tarifs régulés qui booste le titre depuis trois jours, le reste est dû aux fabuleux résultats financiers du groupe dont la majeure partie est engendrée par l’augmentation des prix de l’électricité sur le marché libre.

 

En privatisant un service public, le gouvernement a donc inventé la redistribution à l’envers. Par ailleurs, l’argumentaire développé pour expliquer cette valorisation est des plus surprenants. Alors que pendant le débat de la Commission Roulet, les arguments avancés pour prouver que l’ouverture du capital n’était pas nécessaire, ont été rejetés, tel que l’importance du cash flow généré par le parc nucléaire. Mais voilà que les partisans de la privatisation nous expliquent aujourd’hui, que l’augmentation de la valorisation d’EDF est directement engendrée par ce même cash… Décidément, les analystes financiers ne manquent pas de cynisme… mais, de mémoire, sans doute !

 

Tout cela prouve donc bien que l’ouverture du capital était complètement inutile pour assurer le développement du groupe.

 

Enfin, avec une telle valorisation, certains osent déjà avancer que la « renationalisation » envisagée par d’autres sera impossible. C’est oublier l’histoire de l’électricité en France, qui rappelons-le, a déjà observé des mouvements équivalents avant la nationalisation de 1946…

 

Tout comme JP Raffarin, n’oublions jamais, qu’en matière d’énergie, la route est longue mais sinueuse… et qu’en matière de spéculation, la pente peut être rude… mais à la baisse !!!

 


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