Vendredi 21 octobre 2005
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A l’heure où est édité cet article, l’acte le plus funeste de notre histoire économique concernant l’ouverture du capital d’EDF n’a pas été encore réalisé.
Faut dire qu’ils ont de quoi se poser des questions. La demande de Gaz de France, d’augmenter les tarifs de 12% au lendemain de son entrée au CAC 40, force la réflexion.
En effet, une augmentation des tarifs de l’énergie a bien plus de répercussion que l’augmentation de la baguette. C’est, bien sûr, une question de pouvoir d’achat, mais surtout une question économique et politique majeure qui percute clairement la compétitivité de l’ensemble de l’outil industriel français. Avec les perspectives d’un pétrole à 100 dollars, la question du rôle des services publiques de l’énergie se pose avec autant d’acuité qu’en 1946 ou 1973. Faut-il un outil industriel énergétique au service de l’emploi et de la compétitivité des entreprises française ou faut-il un outil au service de la Bourse et des rentiers ? Faut-il qu’il soit piloté par ceux en charge de l’intérêt général ou par les fonds de pension américains, très sollicités ces derniers temps ?
De plus, les plus libéraux estiment que la hausse de 12% du tarif de gaz de France est « exorbitante ». C’est ceux-là même qui ont poussé au changement du statut des deux fleurons de l’industrie électrique et gazière française. C’est ceux-là même qui ont transformé ces entreprises en société de droit commun au service des boursicoteurs. Il suffit d’observer le mouvement du titre de Gaz de France :
Quand le gouvernement s’interroge sur cette augmentation : le titre baisse fortement… Le lendemain même, quand le gouvernement déclare qu’une hausse sera bien appliquée, le titre augmente…
Voilà le nouveau pilotage des entreprises, encore publiques :
Arbitrage entre Bourse et intérêt général….
Alors certains ont dit que la transformation des EPIC en SA, y compris pour RTE, était imposée par la législation européenne. Ce mensonge ne résiste pas à la réalité des faits !
Rien n’obligeait une transposition des directives avec de tels bouleversements.
D’autant plus que concernant EDF, l’entreprise avait créé, il y a près de 20 ans une filiale « EDF international SA » qui avait pour objet d’assurer le développement du Groupe à l’étranger.
Si, comme l’affirme, la Direction de l’entreprise, voire la commission « Roullet » qui avait été chargée d’étudier ce dossier, il est nécessaire de dégager des moyens financiers pour assurer le développement du Groupe : ils n’ont qu’à ouvrir le capital de cette filiale.
Les risques seraient ainsi limités. La structure financière du Groupe ne serait pas impactée. Les investissements et leurs risques seraient ainsi clarifiés. Le Gouvernement pourrait ainsi pleinement jouer son rôle de pilote des tarifs à destination de l’intérêt général, etc…
C’est simple, basique… ça marche ! Certes, c’est moins avantageux pour les banques, mais c’est clairement en faveur de l’intérêt général !
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