Comme toute entreprise, RTE, s'est doté d'une nouvelle politique de financement qui fait appel aux marchés financiers. Cette politique a fait l'objet d'un examen au dernier Conseil de surveillance.
RTE a besoin de financement pour assurer son développement et sa trésorerie mais aussi pour gérer au mieux sa dette qui pèse près de 6 milliards d'euros
Des éléments viennent d'être publiés, en particulier l'utilisation éventuelle d'un crédit syndiqué ( et non syndical...). Un crédit syndiqué est une ligne de crédit financé par un pool bancaire (ici une dizaine de banques). Pour faire simple RTE s'assure de moyens de financement rapides auprès de ce pool en cas de besoin. C'est un peu assimilable à un crédit permanent mais à des conditions intéressantes. Cela coûte, mais cela est rentable si la trésorerie est bien gérée. La ligne de crédit ainsi ouverte à RTE est de 1.5 milliards à une échéance de moins d'un an et de 1 milliard à une échéance de 7 ans.
De plus, afin d'obtenir les meilleurs taux possibles et un accès consolidé à ces marchés financiers, RTE souhaitait être noté par les agences de notation.
Chose Faite par Standard & Poor's (S&P) , une agence de notation reconnue, qui attribue à RTE la note "AA-" pour sa dette à long terme et la note "A-1+" pour sa dette à court terme, assorties d'une perspective stable.
Pour faire simple, les marchés financiers peuvent faire confiance à RTE :
pour sa dette à long terme dont la notation est dans la fourchette supérieure
pour sa dette à court terme dont la notation est l'une des meilleures.
Ces notes sont attribuées par un examen approfondi des capacités financières et économiques de l'entreprise, de son environnement économique mais aussi sur sa politique de gestion.
A titre de comparaison, la notation d'EDF par cette agence était la même avant son introduction en Bourse mais elle était assortie d'une perspective négative.
EON (groupe allemand), ayant quelques difficultés avec son OPA sur ENDESA (producteur espagnol), envisage très sérieusement de prendre le contrôle de National Grid, notre collègue britannique, et ce pour le même prix (30 milliards d'euros).
A la lueur d’une telle opération, les réactions en Angleterre mais aussi à Bruxelles vont être particulièrement intéressantes à suivre…
En effet, jusqu’ici la GB avait laissé les producteurs allemands (EON et RWE) et Français (EDF) acquérir certains opérateurs électriciens et gaziers britanniques (TXU et Powergen pour EON, National Power pour RWE, London electricity pour EDF).
Mais les activités régulées (en particulier celles du transport) commencent à intéresser fortement les opérateurs. National Grid, qui venait d’acquérir des réseaux aux USA, est une proie intéressante. Car on sent bien que la logique de nos prochains oligopoles européens s’appuie sur la complémentarité électricité/gaz mais aussi activités concurrentielles/régulées…
La conception « harvardienne » du marché de l’énergie affichée par la Commission européenne est donc en train d’en prendre un coup ! Les chicago’s boys ont encore de beaux jours devant eux… (pour mieux comprendre)
Dans cette financiarisation néo-libérale du secteur, seul RTE est protégé par la Constitution française ! Mais jusqu’à quand ????
Derniers Commentaires