Avec 2010, RTE enregistre le plus gros chiffre d'affaires de son histoire avec 4,4 milliards d'euros (+6%/2009). Ainsi son bénéfice net passe à près de 370 millions d'euros (+85%/2009).
Avec une telle augmentation du résultat, des questions peuvent légitimement se poser : Tarif sur-calé ? Chute des investissements ou des dépenses ? Augmentation des ventes ?
Le tarif (Turpe 3) est, malgré les apparences, légèrement sous calé de notre point de vue car dans des conditions normales, il pousse à l'endettement. De toute façon, il est hyper régulé et les surplus générés par des conditions favorables que nous allons décrire, seront redistribués aux clients via une compensation tarifaire.
Les dépenses sont à l’étiage car elles « bénéficient » aussi d’une pression constante… sur les prix ; La charte des achats est un premier pas à confirmer pour respecter nos prestataires. Mais les achats d’électricité ont bénéficié d’une évolution des prix favorable. La facture a été ainsi diminuée de 64 millions …d’où notre intérêt de toujours sur ce point…
Les investissements sont de bon niveau (c’est ce qui pousse votre administrateur à voter encore les budgets). Mais l’augmentation de 15% de cette année est un peu en trompe l’œil car impacté par l’achat du réseau SNCF à un prix digne de la place Vendôme… en restant diplomate…
C’est donc avant tout le volume d’électricité transitée sur nos réseaux qui progresse et qui est donc en bonne partie responsable de ce résultat historique. Bref des vents favorables issus du climat…
Le climat économique :
Un peu de reprise économique sur l’industrie par l’image de sa consommation d’électricité qui progresse de 3 à 4% (bien loin de compenser les années noires précédentes). Les interconnections ne progressent, elles, que de 1%.
Le climat version météo :
Ce sont les températures hivernales rigoureuses enregistrées en 2010 qui poussent en grande partie le chiffre d’affaires. Une lecture rapide pourrait laisser à penser que le chauffage électrique est bon pour les caisses de RTE. Mais il faut rappeler que ce chauffage pèse aussi lourdement sur les investissements de réseau car ce dernier est dimensionné pour passer les pointes de quelques heures…
Le climat social :
Malgré une hausse des effectifs (+215), les dépenses du Personnel reculent de 2%. Ceux-ci remercieront encore l’application stricte d’un critère d’intéressement qui les a privé de près de 200 euros par agent et qui pèse à lui seul le tiers de cette évolution (4 pour un recul total de 12 millions d’euros).
Tout cela pour dire que le climat social n’est pas forcément à l’image du climat des affaires, surtout après les décisions constantes de la branche IEG à ne même plus compenser l’évolution des prix sur les salaires ! Et cela ne va pas s’arranger avec le débat plutôt mal emmanché sur le tarif agent, vieille lune de décideurs revanchards en manque d’imagination.
A la lueur de ces résultats financiers exceptionnels, un petit coup de pouce en faveur du Personnel permettrait de le faire participer, lui aussi, à la fête… Ce n’est visiblement pas le choix qui est retenu.
Certes, le Personnel n’est pas responsable du mauvais temps qui pousse les résultats… Mais il est sans doute bien plus engagé que l’actionnaire qui lui va bénéficier pleinement de la hausse du résultat. Faut-il rappeler qu’une partie du Personnel affronte concrètement le climat sur le terrain ? La météo… mais aussi le climat économique car la crise affecte aussi les agents et leurs familles.
Ainsi, je pense qu’il est nécessaire de remercier le Personnel qui est en grande partie responsable des résultats financiers et techniques de 2010, ne serait-ce que par son engagement quotidien en faveur de l’efficacité du Service public.