Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 19:04

L’embarras du gouvernement autour du salaire du nouveau PDG d’EDF est palpable. Il est étonnant de constater que cette affaire n’avait pas fait l’objet d’un minimum de réflexions quand ils ont supplié Henri Proglio de prendre les rênes d’EDF... sauf à penser que le mépris ou le mensonge allait être le fil conducteur de la communication gouvernementale.

Si se payer un capitaine d’industrie à un coût, il sera assurément politique !

 

En effet, le tollé soulevé par cette affaire dans l’opinion publique traumatisée par la crise n’a pas fini de faire des vagues. Certes, cette même opinion admet les revenus astronomiques des stars en tous genres en leur concédant parfois, la larme à l’œil, une bienveillance étonnante quand elles menacent de partir de France. Sans doute que pour les Français, c’est le prix acceptable du rêve.

 

Mais le monde de l’entreprise est différent car il touche à la réalité quotidienne de ceux-ci. Ces dirigeants qui licencient quand les dividendes ne sont pas à la hauteur des espérances décomplexées des actionnaires; Ces dirigeants qui refusent les augmentations aux salariés malgré de confortables résultats : c’est la relation quotidienne que la plupart des salariés des grandes entreprises, entretiennent avec ceux qui cumulent généralement les plus hauts salaires.

Ainsi, les salariés n'en peuvent plus et ne croient plus aux vertus de l'entreprise.
 

Cela est d’autant plus choquant dans les Services publics. « A partir du moment où on vient au service d'une entreprise publique, on doit respecter les règles du service public, qui ne sont pas celles du capitalisme le plus exacerbé » vient de rappeler très justement aujourd’hui une députée pourtant proche du 1er ministre.

 

Et oui, si les salariés du Service public ont des droits, ils ont aussi des devoirs.  C’est encore plus vrai pour leurs dirigeants qui se doivent d’être encore plus exemplaires. Car tout ceci se passe dans un contexte où pour la plupart des agents, les droits s’étiolent alors que les devoirs s’accumulent : c’est la réalité du Service public d’aujourd’hui !

 

Comment dans ces conditions accepter les dérives d’une banalisation des entreprises publiques vers le droit commun qui ne profite qu’à un petit cercle ! Pour nous c'est clairement non, et nous sommes de plus en plus nombreux à le penser ...

 

Mais ce que nous pouvons constater c'est que sur le terrain l’incompréhension fait place à une colère qui balait les fondamentaux...

Attention, sans ses valeurs, le Service public ne marche plus...


Par administrateur - Ecrire un commentaire - Recommander
Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 09:35
Face au drame humain que vivent les haïtiens, la solidarité utile doit mobiliser les acteurs de l'énergie.

L'électricité est une ressource indispensable aux médecins, secouristes et ONG qui affluent en urgence vers l'ile. En effet, outre la reconstruction des infrastructures énergétiques qu'il faudra envisager, la remise en état de la production d'eau potable, des télécommunications et des services sanitaires nécessitent la logistique énergétique immédiate.

Je tiens à saluer la décision du Groupe EDF de s'impliquer dans le sauvetage des populations.

 J'invite également mes collègues à soutenir les initiatives d'électriciens sans frontières ou de la Fondation de France.

Car plus que jamais, après un tel chaos, est-il utile de rappeler que l'électricité est vitale ?



Par Patrick Larradet - Ecrire un commentaire - Recommander
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 10:05

Les évènements de ces derniers jours, autour de la tension sur le système électrique français, valident pleinement les propositions que la CFDT avait présentés devant la commission Champsaur, chargée de réfléchir au tarif réglementé début 2009.

 

Ils confirment l’impérieuse nécessité d’envoyer des signaux économiques puissants pour maitriser les pics de consommation d ‘électricité. Ces signaux permettront de susciter de nouveaux comportements des usagers de l’électricité en faveur d’une consommation adaptée à l’offre de production. Ils permettront surtout de générer des investissements individuels comme collectif en faveur de la maitrise énergétique, de permettre l’émergence d’une offre de production d’électricité adaptée à la demande, tous deux sources d’emplois pérennes et équilibrées sur tout le territoire. La planète aurait, de son côté, tout à y gagner par la réduction massive d’émission de CO2 que la production d’électricité de pointe génère.

 

La Commission Champsaur, concentré sur le dogme concurrentiel, a donc bien raté le rendez-vous de l’innovation en faveur d’un mix énergétique efficace pour l’ensemble de la collectivité. Le Premier ministre semble malheureusement l’avoir suivie par un projet de loi que j’estime inadapté. Plus encore, la contribution carbone sur l’électricité pendant les pointes aurait permis de mettre en œuvre rapidement et sans attendre l’arrivée des compteurs intelligents, de préparer l’opinion publique à l’effort collectif. Mais il est encore temps de se ressaisir.

 

A l’heure de Copenhague, la France sortirait grandie en tirant les enseignements de l’impasse du court-termisme d’une politique énergétique basée sur l’illusion de la concurrence. En effet, nous rentrons dans une ère d’électrification majeure des usages qui nécessite des décisions politiques tout aussi majeures. Celles-ci ne peuvent que s’appuyer sur une filière industrielle mature, une recherche en faveur des réacteurs propres et surtout, sur l’accompagnement des usages de l’électricité. L’avènement des réseaux intelligents, s’appuyant sur des comportements collectifs par une tarification adaptée et des offres commerciales innovantes, où se raccorderait l’ensemble des moyens de production centralisés et les Enr, est sans doute une des pistes majeures de la solution à retenir.

 

Ainsi, des nouveaux tarifs réglementés d’électricité français auraient toute la légitimité politique aux yeux de Bruxelles, s’ils étaient au service d’une politique énergétique durable, permettant d’allier efficacité sociale et économique avec la baisse des factures des consommateurs.

 

En outre, ils redonneraient une ambition mobilisatrice dans les entreprises publiques à la hauteur de la nationalisation de 1946 pour l’électrification du pays.

 

2010 doit donc permettre l’émergence de ce nouveau modèle. Espérons que les débats menés à tous niveaux débouchent enfin sur un projet collectif partagé en faveur des générations futures !

Par Patrick Larradet - Ecrire un commentaire - Recommander
Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 15:26
Cette semaine, je soulignais l'engagement sans faille des agents de RTE pour assurer l'approvisionnement des Français en électricité; Engagement qui contraste avec les manoeuvres de salon auxquelles on assiste depuis quelques temps sur la gouvernance de l'entreprise.

Les agents de RTE Nord Est, en particulier les équipes du GET Artois, ont incarné hier vendredi le Service public que l'on aime. Un incident, qui aurait pu avoir de graves conséquences pour le système électrique s'il n'avait pas été résolu le plus vite possible, a mobilisé l'ingéniosité et le courage des agents de terrain. En quelques heures, ils ont résolu ensemble une opération complexe sur le réseau qui permettra d'affronter plus sereinement le grand froid qui touche l'ensemble du pays.

Du Nord au Sud comme de l'Est à l'Ouest, les agents que nous sommes oeuvrent, dans des conditions parfois difficiles pour certains d'entre-nous, à la sécurité d'approvisionnement des Français. Bien sûr, nous sommes payés pour cela. Mais sans cette étincelle des valeurs du Service public qui nous éclaire et qui donne du sens à notre action,  je suis convaincu qu'une entreprise banalisée par la finance ne pourrait pas répondre à l'attente légitimement exigeante de nos concitoyens.

J'invite donc, les décideurs à prendre conscience sur l'impérieuse nécessité de consolider les valeurs du Service public de l'électricité qui appartient à tous les Français !








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