L’embarras du gouvernement autour du salaire du nouveau PDG d’EDF est palpable. Il est étonnant de constater que cette
affaire n’avait pas fait l’objet d’un minimum de réflexions quand ils ont supplié Henri Proglio de prendre les rênes d’EDF... sauf à penser que le mépris ou le mensonge allait être le fil
conducteur de la communication gouvernementale.
Si se payer un capitaine d’industrie à un coût, il sera assurément politique !
En effet, le tollé soulevé par cette affaire dans l’opinion publique traumatisée par la crise n’a pas fini de faire des vagues. Certes, cette même opinion admet les revenus astronomiques des stars en tous genres en leur concédant parfois, la larme à l’œil, une bienveillance étonnante quand elles menacent de partir de France. Sans doute que pour les Français, c’est le prix acceptable du rêve.
Mais le monde de l’entreprise est différent car il touche à la réalité quotidienne de ceux-ci. Ces dirigeants qui
licencient quand les dividendes ne sont pas à la hauteur des espérances décomplexées des actionnaires; Ces dirigeants qui refusent les augmentations aux salariés malgré de confortables
résultats : c’est la relation quotidienne que la plupart des salariés des grandes entreprises, entretiennent avec ceux qui cumulent généralement les plus hauts salaires.
Ainsi, les salariés n'en peuvent plus et ne croient plus aux vertus de l'entreprise.
Cela est d’autant plus choquant dans les Services publics. « A partir du moment où on vient au service d'une entreprise publique, on doit respecter les règles du service public, qui ne sont pas celles du capitalisme le plus exacerbé » vient de rappeler très justement aujourd’hui une députée pourtant proche du 1er ministre.
Et oui, si les salariés du Service public ont des droits, ils ont aussi des devoirs. C’est encore plus vrai pour leurs dirigeants qui se doivent d’être encore plus exemplaires. Car tout ceci se passe dans un contexte où pour la plupart des agents, les droits s’étiolent alors que les devoirs s’accumulent : c’est la réalité du Service public d’aujourd’hui !
Comment dans ces conditions accepter les dérives d’une banalisation des entreprises publiques vers le droit commun qui ne profite qu’à un petit cercle ! Pour nous c'est clairement non, et nous sommes de plus en plus nombreux à le penser ...
Mais ce que nous pouvons constater c'est que sur le terrain l’incompréhension fait place à une colère qui balait les fondamentaux...
Attention, sans ses valeurs, le Service public ne marche plus...

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