Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 16:22

La vive polémique autour de la rémunération et de la double casquette désormais très provisoire d’Henri Proglio prouve simplement que l’Etat n’a pas, ou plus, de doctrine autour de la gouvernance de ses entreprises publiques. Elle aurait été utile à tous et en particulier au premier intéressé qui n’imaginait assurément pas une telle intronisation..

 

Par ailleurs, elle aurait était tout aussi utile au Gouvernement qui s’est levé ces derniers jours  avec pas mal de crampes suite aux diverses contorsions de ses plus éminents membres. Même le chef de l’Etat était à la peine, lundi soir, devant les 9 millions de téléspectateurs. Il fut sauvé par sa maitrise de la dialectique et sa dernière prise de guerre : un tract intersyndical, qui ne demandait simplement que le respect de l’image de Veolia et de son ex-dirigeant.

 

La mémoire collective n’est pas prête d’oublier l’image du chef de l’Etat brandissant un tract syndical qui dénotait tout de même fortement, avec celle du candidat de 2007 qui fustigeait les syndicalistes « qui associés aux fraudeurs en tout genre, aux voyous, aux technocrates et politiques étaient responsables collectivement d'une partie de la France qui souffre »…

 

C’est pourquoi et pour ne plus se trouver dans de telles situations, il est urgentissime de rappeler les principes de base de la gouvernance publique. Ils s’appuient, bien entendu, sur les fondamentaux du Service public et non pas sur ceux du marché qui ont montré, ces derniers jours et encore une fois, leurs limites aux yeux de tous les Français.

 

Premier principe : la transparence des nominations !

 

Le Parlement est toujours en attente de la loi « ordinaire » promise par le chef de l’Etat suite à la dernière révision constitutionnelle qui impose une audition préalable des candidats. Il faut reconnaître et c’est un progrès certain, qu’Henri Proglio l’a inaugurée. Mais ce fut malheureusement à huis clos et seules quelques personnes averties ont pu avoir accès à l’intégralité des échanges. Ainsi, à l’instar des débats législatifs, une telle audition se doit d’être publique car ces entreprises appartiennent à tous les Français !

 

Par ailleurs et toujours sur le même principe, tout candidat à un poste de dirigeant d’une entreprise publique devrait,  à minima, présenter sa feuille de route. Sa nomination s’appuierait ainsi plus sur son projet industriel que sur sa personnalité, ou les services rendus.

 

A RTE et en 2007, à l’occasion de la désignation de Dominique Maillard, je l’avais demandé préalablement à mon vote. On avait eu sa feuille de route, que quelques semaines plus tard, mais seulement par la démarche personnelle du nouveau président. Je rappelerai, à cet égard, que la loi de démocratisation du Service public l’impose aux candidats administrateurs salariés (profession de foi) …

 

 

Deuxième principe intangible : L’égalité !

 

Faire partie d’une instance de gouvernance publique impose un minimum d’égalité autour de la table ne serait-ce que pour affirmer la collégialité du Conseil (responsabilité collective devant la justice). La différence majeure entre les organes dirigeants du privé et du public est la composition du Conseil. Dans les conseils d’entreprises publiques,  la loi et les règlements imposent aux dirigeants élus (administrateurs salariés) mais aussi aux dirigeants nommés par l’Etat, des conditions strictes. Même si des textes permettent quelques libertés pour le secteur privé, il y a une obligation morale pour les entreprises publiques d’être exemplaires sur le principe d’égalité.

 

Ainsi pour faire la leçon à ceux qui ne veulent toujours pas comprendre ma colère au dernier conseil :


Y a pas de limite d’âge dans le privé pour respecter le principe constitutionnel de propriété ;

Y a une limite d’âge dans le public pour respecter le principe constitutionnel d’égalité !

 

 

Troisième principe, la continuité ! 

 

Jusqu’ici le passage de relais entre les dirigeants, quand il en existe un, relève de la "fast gouvernance". C’est une très mauvaise habitude du secteur public. Faut dire que l’exemple vient d’en haut car les gouvernements sont assez adeptes du passage de relais chronométré entre les ministres, voire le président de la République himself. Finalement, les exigences des actionnaires et salariés de Veolia montrent l‘exemple …

 

Quatrième et dernier principe : La mutabilité !

 

C’est à dire l'adaptabilité du Service public aux évolutions de la société et des besoins de l’intérêt général. Dernièrement, les évolutions sociétales telles que la prise en compte de l’environnement et la diversité dans les lieux de pouvoir, à l’image de la France d’aujourd’hui, ont le vent… en poupe…

 

A titre d'exemple, un projet de loi a été adopté la semaine dernière en première lecture à l’Assemblée, premier pas vers un renouvellement souhaitable de la caste composée par une centaine d’élites masculines à permutations circulaires qui s’arrogent la gouvernance des entreprises françaises.

Mais je tiens à souligner tout de suite que ce n’était pas le cas à RTE. En effet, la majorité du conseil de surveillance (présidente + membres) est féminine par la volonté jusqu’ici exemplaire du groupe EDFet de l'Etat. Il est peu probable que cette exemplarité soit maintenue … C’est bien dommage car « les filles » ont démontré concrètement que les qualités humaines, associées à l’expertise n’est évidemment pas l’apanage exclusif du genre masculin.

 

C’est pourquoi, à RTE, nous nous engageons, à la CFDT, à mettre en œuvre cette démarche de la parité totale, sans attendre la loi,  pour l’élaboration de la future liste pour le Conseil de surveillance de 2010. C’est pas pour faire joli ou de la démagogie, c’est pour démontrer que la CFDT est bien composée de personnel féminin de qualité !!!


 

Par Patrick Larradet - Ecrire un commentaire - Recommander
Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 19:04

L’embarras du gouvernement autour du salaire du nouveau PDG d’EDF est palpable. Il est étonnant de constater que cette affaire n’avait pas fait l’objet d’un minimum de réflexions quand ils ont supplié Henri Proglio de prendre les rênes d’EDF... sauf à penser que le mépris ou le mensonge allait être le fil conducteur de la communication gouvernementale.

Si se payer un capitaine d’industrie à un coût, il sera assurément politique !

 

En effet, le tollé soulevé par cette affaire dans l’opinion publique traumatisée par la crise n’a pas fini de faire des vagues. Certes, cette même opinion admet les revenus astronomiques des stars en tous genres en leur concédant parfois, la larme à l’œil, une bienveillance étonnante quand elles menacent de partir de France. Sans doute que pour les Français, c’est le prix acceptable du rêve.

 

Mais le monde de l’entreprise est différent car il touche à la réalité quotidienne de ceux-ci. Ces dirigeants qui licencient quand les dividendes ne sont pas à la hauteur des espérances décomplexées des actionnaires; Ces dirigeants qui refusent les augmentations aux salariés malgré de confortables résultats : c’est la relation quotidienne que la plupart des salariés des grandes entreprises, entretiennent avec ceux qui cumulent généralement les plus hauts salaires.

Ainsi, les salariés n'en peuvent plus et ne croient plus aux vertus de l'entreprise.
 

Cela est d’autant plus choquant dans les Services publics. « A partir du moment où on vient au service d'une entreprise publique, on doit respecter les règles du service public, qui ne sont pas celles du capitalisme le plus exacerbé » vient de rappeler très justement aujourd’hui une députée pourtant proche du 1er ministre.

 

Et oui, si les salariés du Service public ont des droits, ils ont aussi des devoirs.  C’est encore plus vrai pour leurs dirigeants qui se doivent d’être encore plus exemplaires. Car tout ceci se passe dans un contexte où pour la plupart des agents, les droits s’étiolent alors que les devoirs s’accumulent : c’est la réalité du Service public d’aujourd’hui !

 

Comment dans ces conditions accepter les dérives d’une banalisation des entreprises publiques vers le droit commun qui ne profite qu’à un petit cercle ! Pour nous c'est clairement non, et nous sommes de plus en plus nombreux à le penser ...

 

Mais ce que nous pouvons constater c'est que sur le terrain l’incompréhension fait place à une colère qui balait les fondamentaux...

Attention, sans ses valeurs, le Service public ne marche plus...


Par administrateur - Ecrire un commentaire - Recommander
Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 09:35
Face au drame humain que vivent les haïtiens, la solidarité utile doit mobiliser les acteurs de l'énergie.

L'électricité est une ressource indispensable aux médecins, secouristes et ONG qui affluent en urgence vers l'ile. En effet, outre la reconstruction des infrastructures énergétiques qu'il faudra envisager, la remise en état de la production d'eau potable, des télécommunications et des services sanitaires nécessitent la logistique énergétique immédiate.

Je tiens à saluer la décision du Groupe EDF de s'impliquer dans le sauvetage des populations.

 J'invite également mes collègues à soutenir les initiatives d'électriciens sans frontières ou de la Fondation de France.

Car plus que jamais, après un tel chaos, est-il utile de rappeler que l'électricité est vitale ?



Par Patrick Larradet - Ecrire un commentaire - Recommander
Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 15:26
Cette semaine, je soulignais l'engagement sans faille des agents de RTE pour assurer l'approvisionnement des Français en électricité; Engagement qui contraste avec les manoeuvres de salon auxquelles on assiste depuis quelques temps sur la gouvernance de l'entreprise.

Les agents de RTE Nord Est, en particulier les équipes du GET Artois, ont incarné hier vendredi le Service public que l'on aime. Un incident, qui aurait pu avoir de graves conséquences pour le système électrique s'il n'avait pas été résolu le plus vite possible, a mobilisé l'ingéniosité et le courage des agents de terrain. En quelques heures, ils ont résolu ensemble une opération complexe sur le réseau qui permettra d'affronter plus sereinement le grand froid qui touche l'ensemble du pays.

Du Nord au Sud comme de l'Est à l'Ouest, les agents que nous sommes oeuvrent, dans des conditions parfois difficiles pour certains d'entre-nous, à la sécurité d'approvisionnement des Français. Bien sûr, nous sommes payés pour cela. Mais sans cette étincelle des valeurs du Service public qui nous éclaire et qui donne du sens à notre action,  je suis convaincu qu'une entreprise banalisée par la finance ne pourrait pas répondre à l'attente légitimement exigeante de nos concitoyens.

J'invite donc, les décideurs à prendre conscience sur l'impérieuse nécessité de consolider les valeurs du Service public de l'électricité qui appartient à tous les Français !








Par administrateur - Ecrire un commentaire - Recommander

logonew.png

Présentation

  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2010
  • Recommander ce blog

Contactez-nous !

 Cliquez sur la Bal                                

Articles récents

  • Impro...vision !
    La vive polémique autour de la rémunération et de la double casquette désormais très provisoire d’Henri Proglio prouve simplement que l’Etat n’a pas, ou plus, de doctrine autour de la...
  • Sans ses valeurs, le Service public ne marche plus !
    L’embarras du gouvernement autour du salaire du nouveau PDG d’EDF est palpable. Il est étonnant de constater que cette affaire n’avait pas fait l’objet d’un minimum de réflexions quand ils...
  • Solidarité !
    Face au drame humain que vivent les haïtiens, la solidarité utile doit mobiliser les acteurs de l'énergie. L'électricité est une ressource indispensable aux médecins, secouristes et ONG qui...
liste complète

Vos commentaires

Sondage

Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés