Lundi 6 juillet 2009

C’est un méga projet énergétique qui commence à émerger. Le plus troublant, c’est que les Français sont peu moteurs. Et pourtant…

 

Avec ou sans eux, Desertec, sera assurément le projet énergétique de la prochaine décennie. L’objectif est de transformer les déserts de notre globe en vastes champs de production d’électricité par l’application thermique du soleil. Thémis va donc renaître de ses cendres…

 

Mais pour cela, il faut transporter cette électricité. En Afrique pour irriguer les pays en voie de développement qui brûlent de l’énergie fossile pour produire le courant. Vers l’Europe qui trouve ici un moyen de diversifier son mix énergétique.

 

Un véritable Hub euro-africain en courant continu serait chargé de relier les différentes zones de production vers les consommateurs. Courant continu, car seule cette technique peut transporter massivement de l’électricité sur de très longue distance, en aérien comme en souterrain.

 

Le gouvernement allemand y croit tout comme de nombreuses entreprises qui sont en train de monter un consortium. Faut dire que ce projet se chiffre à près de 400 milliards d’euros pour irriguer l’Europe de 15% de sa consommation. Mais outre l ‘argent et la technique, il faut un peu plus de stabilité politique dans la région, et là, c’est l’affaire des politiques…

 

Il y a donc rien d’utopique dans ce projet. Les Etats-Unis ont leurs propres projets comme, pour les plus significatif, à Imperial Valley (750 à 900 MW solaire Thermique) et  Calico ( 850 MW dans le désert de Mojave), tout deux situé en Californie qui affiche près de 5000 MW de projets.

 

Les Enr trouvent donc avec les réseaux des opportunités insoupçonnés..

Pour en savoir plus : la plaquette de présentation en français


 

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Mardi 30 juin 2009

Au dernier Conseil de surveillance de RTE, nous avons assisté à la dernière provocation sur l’indépendance du GRT dont notre actionnaire préféré a le secret. Alors que pas mal de verbes et de sueurs ont perlé sur l’épaisse moquette de la salle du Conseil à l’occasion des débats sur la création d’un comité chargé de proposer les rémunérations des dirigeants de RTE, voilà que le loup, que nous avions réussi à faire sortir par la porte, revient par la fenêtre.

 

En effet, nous avions pourtant réussi à limiter le nombre de représentants d’EDF au sein de ce comité pour que l’organisation française du GRT ne porte pas flanc à la critique. Nous avions fait fort pour y parvenir (courrier à la CRE et diverses interventions ) car notre rébellion était à la hauteur de l’enjeu pour défendre le modèle français.

 

Tout cela vient d’être balayé après quelques mois par un acte « picrocholin » du dernier conseil : le comité des rémunérations sera finalement présidé par EDF…  Image déplorable qui sera rangée, au mieux,  au registre de l’arrogance française par ceux qui ne nous veulent pas forcément du bien….

 

Mais comment cela pouvait être autrement ??? Car les rigidités ne sont pas là où l’on croit…

 

En effet, afin de trouver une solution équilibrée et adaptée aux problèmes, nous avions proposé la participation d’un administrateur salarié à ce comité pour assurer un minimum de transparence sur la formation des salaires des dirigeants et ainsi préserver aux yeux de tous, leur indépendance. Oui, notre proposition avait pour objectif d’offrir un gage pour affirmer l’indépendance du GRT dans une entreprise énergétique verticalement intégrée avec actionnaire unique. Nous nous étions préparés très tôt en donnant des gages pour être considérés comme des administrateurs à part entière dès notre élection. Nous avions même été jusqu’à faire tomber un tabou bien français en étant les seuls mandataires sociaux élus par le  Personnel à faire publier leurs propres revenus. Fait unique en France et en Europe, car aucun texte ne l’impose…

 

Bref, avec notre proposition qui ouvrait les champs du possible, la cohérence était plutôt dans le camp des  4 administrateurs salariés : Cohérence avec la position française défendue à Bruxelles ; Compatibilité avec les législations française et européenne, etc… et surtout proposition en faveur de la modernité dans un contexte délétère alimenté par la crise « morale » du capitalisme. Le Service public confirmait ainsi une de ses vocations : l’exemplarité !

 

Et c’est là que le bas blesse. Les comités de rémunération en France sont une chasse gardée d’une élite à permutation circulaire. " Faire rentrer le salariat dans le Saint des Saints : Vous n’y pensez pas, très cher ! Alors l’indépendance de RTE : on s’assoit dessus !"

 

En effet, la nomenklatura installée dans le capitalisme français, qui fait la pluie et le beau temps dans les organes de gouvernance des grandes entreprises avec la réussite que nous connaissons, a fait son œuvre. Alors pour faire bouger : il va falloir imposer !

 

Car qui se souvient encore de l’application concrète de la charte du Medef qui reste le paillasson de cette élite qui s’essuie quotidiennement les pieds sur le dos des vrais entrepreneurs… Après les propositions de certains parlementaires et les promesses du chef de l’Etat, place désormais aux actes !!!

 

Et pour RTE, il sera sans doute nécessaire, à l’occasion de la transposition en droit français du 3eme paquet énergie qui vient d’être définitivement adopté, d’affirmer quelques principes dans la loi. En particulier l’affirmation de l’indépendance des administrateurs salariés avec la protection des individus qui va avec ; l’absence de l’actionnaire dans le comité des rémunérations pour préserver l’indépendance des dirigeants, etc…

 

Mais d’ici là, peut–être que le groupe EDF aura réussie, avec ses multiples provocations à deux bandes, à quitter le navire du Service public incarné en partie par RTE. Nous ici, on ne l’espère pas, malgré le peu d’affection qu’il nous procure ces derniers temps…

 

Quoi qu’il en soit, il ne partira pas avec armes et bagages : nous avons les clés de la soute… et nous avons montré par le passé que nous ne laisserons pas faire pour les donner !

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 19 juin 2009

Ca y est ! Le Gouvernement a accouché du Tarif d'utilisation du réseau public d'électricité dans sa 3eme version.

 

Applicable à partir du 1er août 2009 pour 4 ans, la proposition initiale de la CRE, qui avait fait l'objet de nombreuses turpitudes, a fait place à une autre proposition de l'autorité de régulation qui vient enfin de déboucher après plusieurs mois d'attente... Augmenter les tarifs en été (euro-saisonnalité) reste une stratégie politiquement payante... Pas pour tous !

 

En effet, ce petit retard (le tarif aurait du être en vigueur au 1er janvier), non compensé par un effet rétroactif, va peser sur les comptes de RTE et d'Erdf... Outre un niveau d'augmentation un peu serré, le décalage de 7 mois adouci encore plus l'augmentation pourtant devenue nécessaire par l'augmentation des charges des gestionnaires de réseau (en particulier l'achat des pertes et l'augmentation conséquente des investissements). Alors que celles-ci nécessitaient une augmentation du Turpe de 10 % sur la période pour RTE, et bien plus pour Erdf, voilà que le résultat  à 8% est bien en deçà de nos attentes...

 

Rien qu’à lui seul, le "petit" décalage de la mise en œuvre de cette augmentation retire près de 150 millions d'euros des caisses de RTE. Si on rajoute le reste, et en particulier l'explosion salutaire du niveau des investissements, il est fort probable que cela pèsera lourdement sur le niveau d'endettement des filiales régulées du groupe EDF...

 

Mais il faut quand même saluer l'arrivée de l'horo-saisonnalité sur une partie des tarifs d'acheminement. Espérons que ce soient les prémices de la prise de conscience nécessaire que nous avons défendue dès notre première contribution au Turpe en mars 2008,  jusqu'à notre dernière sur le tarif réglementé à l'occasion de notre audition à la Commission Champsaur en janvier dernier...

 

Le dérapage, assurément contrôlé de Pierre Gadonneix, lors de la promotion de l'emprunt obligataire, n'y fera rien.

En effet, il avait affirmé à la France entière, traumatisée par Klaus, que cet emprunt allait participer aux investissements des réseaux. Le petit monde averti de l'énergie sait que les investissements sont financés par le Turpe et rien d'autre. Sauf à augmenter les fonds propres de RTE et d'Erdf par une augmentation de capital, on ne voit pas bien comment il peut le faire. Par ailleurs, c'est une absurdité financière d'augmenter les fonds propres d'une de ses filiales alors que le retour sur investissement est en deçà et que l'inflation se contracte pendant cette période...

 

Mais sauf à le prendre pour le dernier des imbéciles, la provocation du Pdg a deux objectifs. Le premier c'est de faire croire à Mme Michu que sa participation à l'emprunt a pour vocation l'intérêt général et non le financement des opérations (parfois surpayées) à l'étranger. Comme quoi le vocable "Service public" peut aussi servir les finances...

 

Mais notre joueur avait aussi pour cible l'indépendance de gestion des deux filiales en suscitant la réaction du gendarme régulateur; ne serait-ce que pour faire la promotion auprès des décideurs de ses prochaines opérations de largage en mer des activités régulées. Car détenir RTE voire Erdf dans son portefeuille n'est plus aussi profitable que cela. Le poids de leurs endettements et les perspectives d'un Turpe sous calé n'offrent pas le traitement dermatologique souhaité pour l'adolescent désormais au CAC 40.

 

Si vous ajoutez à cela l'impossibilité de pilotage sur celles-ci due à la législation qui lui donne quotidiennement de l'urticaire purulent, il est quand même mieux que cette évidence soit rappelée par d'autres... car Borloo à l'Assemblée, a rappelé à l'occasion du débat sur l'énergie du 3 juin (voir en fin de débat) que ce n'était pas à EDF à décider de la "propriété des réseaux" : message reçu 5/5 à la Présidence du Groupe EDF à la veille du renouvellement du Pdg !

 

Quoi qu'il en soit, l'emprunt obligataire reste une opération intéressante qui devrait susciter l'imagination des deux filiales. Je ne trouverai pas absurde que RTE fasse de son côté la même opération. Outre qu'elle permettrait de trouver des moyens supplémentaires pour assurer le financement de nos futurs investissements à bon compte, la vertu pédagogique auprès du grand public serait assurément profitable...


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Mardi 26 mai 2009

Aujourd’hui, l’UFE, l’Union française de l’électricité qui regroupe la plupart des  producteurs, fournisseurs et autres gestionnaires de réseau, a organisé un colloque : « défis climatique – nouveaux enjeux électriques »

 

Elle a présenté ses propositions pour « mettre l’électricité au service de la croissance verte ».

 

Hormis Greenpeace qui profitant de l’opération, a arboré Pierre Gadonneix d’un calicot anti-nucléaire pendant sa brève intervention, l’essentiel était dans les têtes : La rupture en faveur de la MDE industrielle est désormais en marche !

 

A longueur d’interventions en tous genres, la plupart ont plaidé pour l’étêtement des pics de conso, fortement carbonés….

 

Dans son scénario pour 2020, l’UFE y présente ses objectifs et appelle à « une transformation profonde dans la tarification de l’électricité pour permettre une interaction dynamique entre les fournisseurs et leurs clients » L’avènement des compteurs intelligents associés à des politiques publiques en faveur de l’efficacité énergétique s’appuyant sur une tarification adaptée… bref, l’UFE appuie la démarche que la CFDT avait présentée à la Commission Champsaur !

 

Avec sa forte de frappe intellectuelle et financière pour réaliser des études, l’UFE avance un chiffre impressionnant : on pourrait ainsi réduire de 50% les émissions de CO2 du parc électrique français… et gagner des milliers de MW précieux.

 

Tout cela prouve encore que les conclusions de la Commission Champsaur ont conduit à une occasion manquée, puisque même l’UFE se soustrait de la Commission pour faire la promotion du développement durable !!!

Le Discours de Jean-Louis Borloo, l'un de ses derniers en tant que ministre de l'environnement (au dire des mauvaises langues), est attendu en fin d'après midi: saura t-il relever les défis ?

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Mardi 19 mai 2009
 


Le scrutin est marqué par une explosion de l'abstention
(assurément liée au mode de scrutin électronique).


FO perd son siège au profit de la CGT. Progression de la CFDT.

Analyses  par Philippe Pesteil, administrateur EDF


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  • : Patrick Larradet, administrateur salarié parrainé par la CFDT au Conseil de surveillance de RTE. Copyright Patrick Larradet 2005-2009
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